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La presse du 15 au 21 mai 2005

puce_little_metal_01Total "gèle" le lundi de Pentecôte, fin de conflit en vue

Reuters - Sat May 21, 2005 1:51 PM CEST

PARIS (Reuters) - La direction générale de Total annonce le gel de l'application pour 2005 de la loi instituant la journée de solidarité, laissant présager une issue au conflit qui dure depuis plusieurs jours dans cinq des six raffineries du groupe pétrolier.

Des réunions étaient prévues samedi dans chaque établissement pour décider de la suite des événements. Si l'intersyndicale accepte les propositions de la direction, le mouvement de grève sera levé.

Selon la CGT, syndicat majoritaire chez Total, les salariés de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) "envisageaient" samedi de reprendre le travail. Vers 13h00 des négociations étaient en cours sur les sites de Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône) et La Mède (Bouches-du-Rhône).

Au terme de plus de six heures de négociations avec les syndicats CFDT, CGT et Force ouvrière, la direction de Total a accepté le principe du gel de la journée de solidarité, répondant ainsi favorablement à la principale revendications des grévistes.

"Dans l'attente des modifications attendues pour 2006, il a été décidé le gel de l'application de la journée de solidarité pour 2005", explique-t-elle dans un communiqué diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.

"Cette décision a pour conséquence principale l'attribution d'une journée de congé bénévole à prendre au cours de l'année 2005", précise-on.

La direction annonce en outre une réunion, ce samedi matin, pour fixer le calendrier des négociations sur les questions propres à chaque raffinerie sur différents thèmes comme le travail des handicapés, la formation, l'égalité professionnelle, la prévoyance, la sous-traitance et la création d'emplois ou le soutien dans les bassins industriels.

"RIEN NE S'OPPOSE AU REDÉMARRAGE DES RAFFINERIES"

"Pour la première fois, nous venons de faire reculer le groupe Total", s'est félicité samedi Charles Foulard, délégué CGT. "C'est une victoire historique. D'autant qu'il ne faut pas oublier que derrière le groupe Total, il y a le gouvernement".

Pour la direction de Total, "rien ne s'oppose désormais au redémarrage des raffineries en grève".

"Après un arrêt de quelques jours, comme c'est le cas ici, une reprise peut prendre entre un et quatre jours, en fonction de la taille de la raffinerie et de la complexité des installations", a expliqué Patricia Marie, porte-parole de la direction de Total. "En tout état de cause, cela ne posera pas de problème d'approvisionnement".

Le mouvement de grève avait été lancé quelques jours après l'assemblée générale des actionnaires de Total, qui a approuvé les comptes 2004 marqués par un bénéfice net record de 9,61 milliards d'euros, contre 7,03 milliards en 2003. Au cours de cette réunion, Thierry Desmarest, P-DG du groupe, avait réaffirmé son attachement au dialogue social.

Après celle de Donges, d'une capacité de raffinage de 231.000 barils par jour, Total a annoncé que sa raffinerie de Feyzin (119.000 barils/jour) avait été arrêtée vendredi.

Trois autres - celles de Gonfreville (Seine-Maritime, 328.000 barils/jour), de La Mède (155.000 barils/jour) et de Grandpuits (99.000 barils/jour) - étaient en phase d'arrêt. Seule la raffinerie de Mardyck (Nord), d'une capacité de 160.000 barils par jour, fonctionnait normalement.

 

 

puce_little_metal_01Total: les raffineries redémarrent progressivement après six jours de grève

AFP 21/05/2005 à 19:02

PARIS (AFP) Trois des cinq raffineries de Total en grève depuis le 16 mai ont commencé samedi à redémarrer progressivement, les salariés ayant voté la reprise du travail après le recul de la direction sur le lundi de Pentecôte travaillé, salué par les syndicats comme une "victoire historique".

"Trois raffineries, celles de Normandie (Gonfreville l'Orcher près du Havre), de Grandpuits (Seine-et-Marne) et de Feyzin (Rhône), sont en cours de redémarrage. Cela va se faire progressivement et peut prendre plusieurs jours", a déclaré à l'AFP une porte-parole du groupe samedi en début d'après-midi.
Le temps nécessaire à la reprise de l'activité "dépend de la taille des raffineries", a expliqué la direction, sans plus de précisions.
Après une longue soirée de négociation vendredi, qui a débouché sur un accord rétablissant pour 2005 le lundi de Pentecôte férié, les salariés de Feyzin et Gonfreville ont voté à l'unanimité la reprise du travail en assemblées générales.
Le personnel de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) a également décidé de reprendre le travail mais à partir de lundi 05h00, a précisé Charles Foulard, coordinateur CGT de Total.
Les salariés de La Mède (Bouches-du-Rhône) doivent de leur côté se déterminer lundi.
"Toutes les raffineries ne seront quoiqu'il en soit pas en état de produire immédiatement après la reprise du travail", a souligné M. Foulard.
"Il n'y aura pas de production effective avant lundi, mais de toute façon, on a des stocks et la distribution pourra reprendre dès lundi matin 05H00", a affirmé pour sa part Michel Lavastron, délégué CGT à Feyzin.
La reprise du travail est intervenue après six jours de grève paralysant les sites et menaçant, à plus ou moins long terme, d'une pénurie de carburant, Total possédant six des douze raffineries du pays.
Après quatre jours de conflit, la direction a fini par ouvrir des négociations vendredi. La veille, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait incité le groupe à engager des discussions, se disant "confiant que l'on puisse par le dialogue social éviter la pénurie".
"Il est clair que le gouvernement, à une semaine du référendum sur la Constitution européenne, n'est pas étranger à la reprise du dialogue", a commenté M. Foulard.
Dans le relevé de conclusion signé par l'intersyndicale CGT, CFDT et FO, la direction a accepté de geler pour 2005 le lundi de Pentecôte, dont la suppression avait déclenché le conflit.
"Cette décision a pour conséquence l'attribution d'une journée de congé bénévole à prendre au cours de 2005", a expliqué Jean-Jacques Guilbaud, directeur des ressources humaines.
Les syndicats, déplorant la "dégradation du climat social" dans le groupe, estimaient que Total avait les moyens de payer cette journée de solidarité sans augmenter la durée du travail, au vu des profits records affichés (9 milliards d'euros de bénéfices en 2004).
L'entreprise va ainsi restituer le jour férié de Pentecôte, ou une journée de RTT, et payer quatre jours de grèves sur cinq.
"C'est une victoire historique", s'est félicité M. Foulard, ses collègues de Gonfreville se réjouissant d'avoir fait "capituler" l'un des principaux groupes français.
Outre la Pentecôte, les syndicats ont obtenu un calendrier de négociations sur l'emploi, notamment au niveau local, la formation, la politique de sous-traitance et la prévoyance.
 

 

puce_little_metal_01Total rend le lundi de Pentecôte aux salariés

Libération, 21 mai 2005 -Par Cédric MATHIOT

Vendredi soir, le groupe pétrolier a accepté une compensation pour le jour férié travaillé.
Total rend la Pentecôte aux salariés des raffineries

Total, cocu de la Pentecôte... Pour avoir appliqué la loi raffarinienne, le groupe est englué depuis lundi dans une grève de cinq de ses six raffineries françaises. Vendredi soir, le groupe pétrolier a finalement accepté de restituer une journée de salaire aux employés qui ont travaillé ou pris une RTT le lundi de Pentecôte. Les négociations ont toutefois repris à 21 h 45 sur d'autres points, notamment sur les effectifs. Pour la CFDT, elles étaient «en bonne voie». La CGT indiquait néanmoins que le conflit «continuait» pour l'instant. Les salariés des raffineries en grève devaient décider ce samedi de prolonger ou non le mouvement.

Depuis lundi et le début de la crise, l'entreprise résistait mordicus au courroux des syndicats, qui demandaient que soit compensé le jour travaillé, comme cela a été le cas chez TF1, Sanofi-Aventis ou encore chez le concurrent pétrolier Shell. «La Pentecôte travaillée est une mesure injuste, affirmait François Pelegrina, coordinateur de la CFDT du groupe. Elle a pris de l'ampleur chez nous parce qu'elle est vraiment la goutte qui fait déborder le vase : Total, c'est des bénéfices record (9 milliards d'euros en 2004, ndlr), l'augmentation de 15 % des dividendes versés aux actionnaires, les emplois supprimés. Lors de la dernière assemblée générale, Total a provisionné 138 millions d'euros pour les stock-options d'une poignée de dirigeants... Et on nous parle de solidarité ? Par comparaison, notre revendication (compensation du jour travaillé, ndlr) pèse à l'échelle du groupe environ 9 millions d'euros.»

Pressions. D'où une position claire des syndicats : la solidarité de Raffarin, c'est Total et ses milliards de bénéfices qui doivent la payer. Quitte à mettre les grands moyens. Depuis lundi, les raffineries se sont progressivement arrêtées. Vendredi, deux raffineries, à Donges (Loire-Atlantique) et à Feyzin (Rhône), étaient «totalement à l'arrêt» alors que des «manoeuvres d'arrêt» conduisant à une cessation d'activité étaient enclenchées dans trois autres, aux dires de la direction.

Vendredi, les syndicats ont multiplié les commentaires alarmistes sur les risques d'assèchement des pompes pour augmenter la pression. Informations démenties par des experts affirmant qu'une pénurie était une question de semaines, ainsi que par Bercy. Toutefois, la direction générale de l'Aviation civile a invité les compagnies aériennes à «prendre leurs dispositions en matière d'approvisionnement».

«Confiant». Il y a fort à parier que le gouvernement n'a guère envie de voir les suites de la Pentecôte mordre sur la dernière semaine avant le référendum. Jeudi soir, Jean-Pierre Raffarin avait d'ailleurs suggéré, sur France 3, la tenue de discussions pour sortir de la crise : «Je suis confiant que l'on puisse par le dialogue social éviter la pénurie.» Dès le lendemain, Total annonçait qu'il était prêt au dialogue social et recevait les syndicats au siège parisien du groupe.
 
 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte travaillé : c’est raté

Lutte Ouvrière, 20 mai 2005 L.P.

Mardi soir 17 mai, Raffarin est apparu sur les petits écrans, pour nous expliquer une fois de plus qu’un non au référendum serait une catastrophe, dans le style: c’est au pays que je pense, je ne me préoccupe pas de mon avenir personnel. C’est tout juste s’il n’a pas ajouté: j’ai fait don de ma vésicule biliaire à la France.

Raffarin est sans doute un adepte de la méthode Coué, car il continue d’affirmer, face aux chiffres, y compris les plus officiels, qui montrent obstinément le contraire, que, croix de bois, croix de fer, le chômage va diminuer en 2005.

C’est avec le même air patelin et madré (mais tellement surjoué, comme disent les acteurs, que tant d’hypocrisie devenait de la sincérité) qu’il venait, au lendemain du lundi de Pentecôte, se féliciter de la prétendue réussite de son initiative, en ajoutant qu’il faudrait faire un bilan plus tard, mais qu’il ne fallait surtout pas de polémique à ce sujet. On comprend ce souhait, car le moins que l’on puisse dire c’est que tout ne s’est pas passé aussi bien pour le gouvernement que Raffarin le laissait entendre.

Anticipant sur l’attitude des salariés, nombre de patrons avaient décidé soit de fermer leur entreprise, soit d’accorder largement des jours de RTT. À la SNCF, la direction avait pris les devants en déclarant que la journée resterait fériée et que les 100000 cheminots devraient récupérer 1 minute 52 par jour, ce qui apparaissait pour ce que c’était: un recul devant la menace d’une grève dans tout le réseau. Dans de nombreuses villes, les services de transport en commun ont en effet été touchés par des grèves de protestation. Et de nombreux travailleurs, du secteur public comme du secteur privé, qui n’entendaient pas se laisser voler ainsi une journée de travail, ont fait grève ce jour-là.

Que n’a-t-on pas entendu sur le «devoir de solidarité» et sur la nécessité de «financer la solidarité»! Tous les ministres se sont confondus en leçons de morale à l’adresse des salariés, et d’eux seuls d’ailleurs. Mais il ne faudrait quand même pas inverser les rôles! Car en fait d’incompétence, d’absence de générosité et de sens de la solidarité, le gouvernement et ses ministres sont aux premières loges. Depuis la canicule de l’été 2003, qu’est-ce qui a été fait pour qu’un tel drame ne puisse pas se renouveler? Quasiment rien. Si la solidarité avait un sens pour ces gouvernants, elle ne consisterait pas à tenter de faire travailler gratuitement les salariés, sous prétexte d’alimenter une caisse dont chacun sait pertinemment qu’une bonne partie des fonds ne parviendra jamais aux personnes âgées. Elle consisterait à prendre sur les profits des entreprises, qui ont encore crevé les plafonds cette année, et à mettre immédiatement en œuvre les mesures nécessaires.

Ce lundi de Pentecôte, les travailleurs ont été très loin d’obtempérer aux ordres de Raffarin. Cela signifie un échec pour le gouvernement et l’incitera peut-être à tenter autre chose pour financer ce qu’il ose appeler la «solidarité» envers les personnes âgées.

 

 

puce_little_metal_01La grève pour la préservation du lundi de Pentecôte se poursuit chez Total

Infocéane.com - Le Havre,Normandie,France - Vendredi 20 mai 2005

Le lundi de Pentecôte travaillé ne passe toujours pas chez Total. La raffinerie de Gonfreville l'Orcher comme quatre autres en France est toujours paralysée par une grève destinée à réclamer que cette journée reste fériée. "Nous voulons comme cela s'est fait dans d'autres boîtes que la journée reste fériée et que la contribution soit payée par Total", précise Philippe Saunier délégué CGT. Selon lui, le mouvement est suivi par 80 % des salariés postés qui reconduisent le mouvement à chaque relève de quart.

Toutes les unités de cette raffinerie qui est la plus importante de France sont arrêtées ou en voie de l'être en fonction des protocoles de mise en sécurité prévus en pareil cas. Le conflit a des répercussions sur le chantier de construction sur ce site d'unités de conversion profonde qui est lui aussi interrompu. D'un coût de 530 millions d'euros elles visent à transformer dès le premier trimestre 2006 les produits lourds en légers comme le naphta, le carburéacteur et le gazole. Philippe Saunier prévient qu'il existe des risques de pénurie de carburant "à brève échéance" si le conflit n'est pas résolu. De son côté, la direction confirme la matérialité de ce conflit mais précise qu'elle ne communique par sur le sujet "qui reste interne".

 

 

puce_little_metal_01St Gobain Desjonquères : Une journée de grève après la journée de solidarité

L'Informateur d’Eu 19 mai 2005

De nombreuses personnes se sont mises en grève le jour de la journée gouvernementale dite de solidarité. Chez St Gobain Desjonquères, c’est le lendemain que la CGT a décidé de bloquer l’usine par le biais d’un piquet de grève. La raison, la décision de la direction de demander aux employés postés de travailler un jour de plus sur leurs jours de congés. Explication : chez SGD, les salariés à la journée ont été invités à prendre une journée de RTT le lundi de Pentecôte mais les employés postés n’ont pas de RTT. La direction estimant qu’ils sont payés le lundi de Pentecôte a donc souhaité que ces salariés fassent également œuvre de solidarité et viennent travailler à l’occasion d’une journée de congé. la CGT qui n’appréciait déjà pas beaucoup la décision gouvernementale goûte encore moins cette décision et mardi matin, un piquet de grève a été installé à l’entrée de l’usine pour une durée de 24 heures. Dans un tract, la centrale syndicale exige de la direction que “l’entreprise s’acquitte de sa contribution de 0,3% au titre de la solidarité avec les personnes dépendantes sans que pour autant il soit exigé par l’employeur, que les salariés aient à devoir travailler une journée de plus par an et cela de surcroît sans rémunération des heures ainsi effectuées”. “Non à l’esclavage à travers le travail gratuit” stipulait en titre le tract de la CGT. Michel Malot, secrétaire du CE ajoutant pour sa part que la solidarité doit se faire par l’impôt “de manière à ce que chacun y contribue en fonction de ses revenus et de sa fortune personnels”.

Dans un communiqué, la CFTC tout en remettant en cause la suppression du lundi de Pentecôte férié, s’élève également contre le blocage de l’usine mardi : “nous glissons insidieusement dans les systèmes totalitaires : obligation de travailler gratuitement un jour férié imposé par le gouvernement ; obligation de prendre un jour de RTT imposé par notre direction (accord que la CFTC n’avait pas signé) ; Obligation de faire grève puisque l’accès au poste de travail est empêché par la CGT. Totalitarisme gouvernemental, patronal et syndical sont un constat lamentable d’échec pour une démocratie” explique Eric Vaudet, secrétaire de la section CFTC SGD dans ce communiqué.

La direction de St Gobain a fait dresser un constat d’huissier mardi matin et explique dans un communiqué sa position : “S’il ne nous appartient pas de formuler un avis sur le bien fondé de la loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées, l’entreprise depuis juillet 2004 apporte sa contribution à cette solidarité en versant une contribution supplémentaire de 0,3% de la masse salariale. Avec une politique salariale volontariste et dont la progression est supérieure à l’indice des prix, il n’est donc pas envisageable actuellement d’alourdir encore les charges supportées par notre établissement en offrant cette journée de solidarité surtout dans un contexte où nous sommes soumis de manière quotidienne à une pression économique, monétaire et concurrentielle de dimension internationale”. Et le communiqué de conclure sur ces mots: “Enfin, nous ne pouvons nous empêcher de penser à nos concurrents verriers qui dans le monde sont en train de produire”.

Au-delà de cette petite passe d’arme il semble bien que salariés et direction soient au moins d’accord pour penser que la mise en application de cette idée était de toute manière tout sauf simple.

 

 

puce_little_metal_01La foire aux moules subit la perte du lundi de Pentecôte férié

L'Informateur d’Eu- 19 mai 2005

La suppression du lundi de Pentecôte férié a touché directement les associations qui participent à la foire aux moules. Les bénéfices ne sont pas à la hauteur des espérances, mais cela ne remet nullement en cause l’organisation de cette fête populaire.

La foire aux moules a subi cette année de plein fouet la suppression du lundi de Pentecôte férié. D’ordinaire les petits coquillages noirs qui, associés à une portion de frites, font la réputation de la ville portuaire, sont servis le dimanche midi, le dimanche soir et le lundi à l’heure du déjeuner. Cette fois la ville, qui a organisé la fête en collaboration avec quatre associations, a dû se résoudre à modifier les dates, ne proposant plus que deux services, l’un le samedi soir et l’autre le lendemain midi.

En perdant un service sur trois, les associations participantes étaient assurées de se priver d’autant de bénéfices. Et lorsqu’ils ont constaté que la météo se montrait pour le moins capricieuse samedi en fin de journée, les responsables d’associations avaient le moral en berne. “Le manque à gagner est énorme, d’autant plus que l’an dernier nous avions très bien travaillé”, indique Laurent Jacques, président de l’AST Cyclisme. Pour éviter de se retrouver avec un trou en caisse à la fin de la saison, le responsable du club avait anticipé le problème : “nous avons organisé un loto il y a quelques semaines. Cela a bien marché, heureusement, car les recettes permettent de financer les engagements des coureurs et les licences”.

Le constat est le même du côté de l’amicale des sapeurs-pompiers, des fidèles de cette foire aux moules. “Nous n’avons prévu que 800 litres de moules, contre 1400 l’an dernier”, explique Jean-Pierre Boimare dont l’association a d’autant plus besoins de subsides cette année que le camion dont elle est propriétaire vient de tomber en panne. “Les bénéfices vont servir à réparer le bahut, alors j’espère qu’il y en aura assez”, explique-t-il. Au centre Némo l’ambiance est un peu différente. La foire aux moules, c’est aussi l’occasion pour les salariés du centre comme pour ceux qui le fréquentent de se retrouver dans un cadre qui sort un peu de l’ordinaire, mais on aurait aimé accueillir plus de monde et engranger quelques subsides supplémentaires. Enfin, chez les Éclaireurs Jean-Claude Minel se félicite de voir les parents répondre présent à l’appel pour la tenue du stand et ne pâtit pas trop du service supprimé. “Pour des raisons pratiques nous ne participions que le dimanche. Pour nous il s’agit donc toujours d’assurer deux repas afin de gagner un peu d’argent pour financer le camp d’été auquel les jeunes vont participer”, explique M. Minel.

Plus tard dans la saison ?

Fort heureusement, le soleil revenu dimanche, les flonflons joyeux distillés par la fanfare de Oye-Plage puis par celle de l’harmonie du Tréport ont remis un peu de baume au coeur de tous les organisateurs et même si cette édition 2005 n’est pas la meilleure qui soit, cela ne remet nullement en cause l’organisation de la foire aux moules. La tradition liée à cette fête a débuté il y a plus de 25 ans. “A l’époque un décret venait d’interdire la cueillette des moules partant du principe qu’elle n’étaient pas propres à la consommation. Nous avons été quelques uns à vouloir prouver que cela n’était pas vrai. Nous sommes partis à la cueillette et avons organisé une grande dégustation”, se souvient Jean-Claude Minel qui n’a pas manqué une seule foire aux moules depuis cette époque même si, réglementation oblige, comme les autres associations participantes il a dû se résoudre à acheter les moules auprès de professionnels pour recevoir l’indispensable étiquette sanitaire de fraîcheur.

Toutefois la foire aux moules 2006 pourrait être appelée à évoluer. Certaines associations verraient d’un bon oeil une organisation repoussée à la fin du mois de juin pour bénéficier de conditions météorologiques meilleures. D’autres envisagent de proposer un repas dès le samedi midi. Marguerite Pasin, adjointe au maire chargée des affaires culturelles et coordinatrice de cette fête s déclare ouverte à toute discussion sur le sujet.
 

 

puce_little_metal_01Lundi de pentecôte : Désobéissance politique

20 mai 2005 - LCR 94 (Communiqués de presse) - Dominique Mezzi (article paru dans Rouge n°2112 du 19 mai 2005)

L’affaire Raffarin-Pentecôte va probablement marquer les réflexes sociaux et collectifs pour l’avenir : ce n’est pas parce qu’une loi est votée qu’elle sera appliquée, si elle est injuste !

Tous les moyens ont été bons ce 16 mai : jour férié payé par le patron, grèves massives, jours de vacances arrangés dans les plannings, jours de RTT, etc. Le gouvernement s’est félicité du peu de perturbation à la SNCF. Et pour cause ! Les cheminots ont gagné le maintien du jour férié. Dans le privé, des patrons ont parfois cédé, pour calmer une colère sur les salaires. Dans l’entreprise d’ascenseurs Schindler, le jour férié est maintenu. Chez Brochot, qui construit des machines pour l’aluminium (Seine-Saint-Denis), le patron avait cédé mais il est revenu en arrière (pressions ?) et l’usine s’est mise en grève. À Saint-Nazaire, la journée apparaît comme le point de départ de luttes dans des secteurs industriels clefs, comme par exemple la raffinerie Total de Donges, en grève, avec des élargissements possibles dans d’autres sites en France (Feyzin). Un peu partout, les salariés du commerce contraints au travail ont crié leur ras-le-bol et démarré des mouvements à tonalité durable. Chez Carrefour à Nantes, les cadres ont été obligés de faire les caissiers ! Les salariés grévistes ont animé un chœur de chants en direction des clients, assis par terre autour des caisses, pour fêter le départ à la retraite - dorée - de l’ex-PDG du groupe... À Saint-Nazaire toujours, 400 militants et militantes de la CGT ont bloqué la zone commerciale de Tignac (Auchan). Près de 3 000 personnes ont manifesté à Rouen, où l’on notait la présence significative de salariés de Tati, du Printemps, de Conforama, et même des employés d’avocats contraints au travail. À Paris, le magasin Franck et fils (propriété LMVH) s’est mis en grève à l’appel de la CGT avec toute une liste d’exigences, dont celle sur les salaires. Le patron ne négocie jamais autrement qu’à la tête du client.

C’est dans les transports que la grève du 16 mai a été la plus spectaculaire, avec une trentaine de villes paralysées. Dans les secteurs publics, la grève de La Poste a été beaucoup plus suivie que les précédentes, avec 50 % de grévistes selon SUD-PTT. Certains secteurs étaient très mobilisés, comme la distribution du courrier, les centres de tri. Dans les hôpitaux, SUD-Santé a organisé un pique-nique devant l’hôtel de ville de Paris, auquel ont participé 150 personnes travaillant dans une quinzaine d’hôpitaux. Marie-Christine Fararik (SUD) dénonce la suppression programmée de 800 lits de gériatrie à l’Assistance publique (AP). Or, les lits de gériatrie sont souvent fortement médicalisés, nécessitant un encadrement médical et paramédical. D’un côté, on a un discours de charité sur les deux milliards du 16 mai pour « médicaliser » les maisons de retraites, de l’autre on a le discours de la rentabilité qui supprime des lits pour les personnes âgées !

Dans les écoles, l’appel au boycott des parents d’élèves et l’appel à la grève ont débouché sur des collèges et lycées « tournant à moins de 10 % », selon le Snes. Les manifestations et les pique-niques festifs ont été significatifs en régions : 1 000 à Rennes, 5 000 à Bordeaux, 3 000 à Clermont, là où des initiatives ont été préparées par les syndicats. En revanche, les confédérations ont soigneusement protégé Paris de toute action visible. L’union départementale de la CGT a finalement organisé un rassemblement devant la Bourse du commerce (200 personnes), sous la pression notamment de la branche commerce.

 

 

puce_little_metal_01Total: négociations entre syndicats et direction

AP | 20.05.05 | 18:30

PARIS (AP) -- Cinq jours après le début du conflit, des négociations étaient prévues ce vendredi en fin d'après-midi entre les organisations syndicales de Total et la direction pour mettre un terme au mouvement de grève qui touche les raffineries du groupe.

Le mouvement a été lancé lundi par FO, la CGT, la CFDT et Sud pour exiger des compensations pour le travail du lundi de Pentecôte. Il concerne les raffineries de Gonfreville (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône), Grandpuit (Seine-et-Marne) et La Mède (Bouches-du-Rhône). Le groupe Total possède six des douze raffineries de l'Hexagone. De source syndicale, cinq d'entre elles étaient à l'arrêt vendredi.
Les négociations, organisées au siège du groupe à la Défense, doivent permettre de «discuter des modalités de sortie de grève», a-t-on appris auprès de la direction. Faute d'accord, les syndicats ont menacé de poursuivre leur mouvement, laissant planer la menace d'une pénurie de carburant dans ses stations.
Mais le ministère de l'Industrie s'est voulue rassurant. «Nous surveillons la situation. Il n'y a pas d'urgence», a affirmé une porte-parole.
«Chez Total, des actions sont menées depuis plusieurs mois. Il y a eu des actions avec un jour de grève par mois. Et le lundi de Pentecôte a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase», a déclaré à l'Associated Press Carlos Morera, secrétaire fédéral de la CGT-Chimie.
Selon lui, «face à l'arrogance de ce groupe qui déclare des milliards de profits, fait des grand-messes avec les actionnaires, et laisse ses salariés dans la précarité, nous ne pouvions pas faire autrement que de passer à la vitesse supérieure».
Alors que Total a affiché un résultat net ajusté de 2,92 milliards d'euros au premier trimestre, il a jugé que l'ouverture des négociations étaient un «bon signe», sans exclure la poursuite du mouvement. Dans un communiqué, la CGT précise que le mouvement a d'ores et déjà été reconduit «au-delà du week-end».
A Donges notamment, la raffinerie était totalement paralysée par le mouvement vendredi. La CGT recensait entre 95 et 100% du personnel gréviste, selon les services. Une mobilisation extrêmement forte pour Jacques Le Guennec, délégué CGT, qui a affirmé n'avoir «jamais vu cela en 33 ans de maison».
Si le mouvement national porte sur la question du lundi de Pentecôte, une autre préoccupation des salariés de Donges, sur le nombre de postes, a resurgi à l'occasion de ce conflit. La raffinerie emploie 600 personnes à l'heure actuelle. Les syndicats estiment qu'il faudrait créer 15 à 20 postes supplémentaires.
Concernant l'approvisionnement en carburant, les annonces rassurantes de la direction de Total ne sont que du bluff, selon Jacques le Guennec. «Nous savons que le ministère prévoit des difficultés pour le milieu de la semaine prochaine et les collègues des dépôts de l'Ouest nous ont déjà dit qu'ils étaient bientôt à sec», a-t-il prévenu.
Ce mouvement de grève entraîne déjà des conséquences sur le trafic maritime des pétroliers. Une dizaine de bateaux, dont un chargé de brut, sont actuellement bloqués au large de Saint-Nazaire car ils ne peuvent ni débarquer ni embarquer de carburant. Le blocus de la raffinerie doit se poursuivre tout le week-end à Donges. Les salariés se disent prêts à poursuivre le mouvement la semaine prochaine.
Dans le Rhône, où la raffinerie de Feyzin est concernée par le conflit, la préfecture a exclu toute réquisition de carburant. «Il n'y a aucun risque de pénurie pour l'instant pour les services de sécurité et d'urgences», a-t-on précisé. AP

 

 

puce_little_metal_01Référendum: un débat qui passionne

France 2 - 20/05/2005

Selon une étude parue dans le quotidien La Croix de vendredi , le thème de l'Europe est présent chez 84% des Français.

82% des personnes interrogées ont parlé du référendum à leurs proches, sur leur lien de travail, au cours de la première semaine de mai. 

Hormis le lundi de Pentecôte travaillé qui a mobilisé un peu plus les débats (84% des sondés), les questions liées à l'Europe ont alimenté les conversations de 83% d'entre elles, devant le problème des textiles chinois.

L'intérêt pour le débat sur l'Europe est supérieur à ce qu'il avait été lors des deux dernières consultations électorales. A trois semaines de l'échéance, seuls 40% des sondés disaient parler des élections régionales, en mars 2004. Ils étaient 26% trois mois plus tard pour les élections européennes.

Les femmes sont légèrement moins intéressées que les hommes par le débat européen (82% contre 85%

 

 

 

puce_little_metal_01Cinq des six raffirneries Total en grève

France 2, 19/05/2005

Total a annoncé jeudi que sa raffinerie de Donges, en Loire-Atlantique, était toujours fermée en raison d'une grève

Il s'agit de la deuxième plus importante raffinerie française du groupe. Seule la raffinerie de Mardyck, dans le Nord, fonctionne normalement.

Le mouvement, lancé lundi par la CGT et la CFDT pour dénoncer la suppression du lundi de Pentecôte, touche cinq des six raffineries que le groupe pétrolier, premier raffineur européen, exploite en France.


Les organisations syndicales protestent également contre les suppressions de postes qui vont toucher certains sites du pôle chimie du groupe, tout en réclamant l'ouverture de négociations salariales.

Les autres raffineries se situent à Gonfreville, en Seine-Maritime, La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, Feyzin, dans le Rhône, et Grandpuits, en Seine-et-Marne. Un des six sites a cessé de fonctionner et quatre autres vont "progressivement vers l'arrêt", a indiqué jeudi midi la direction à l'AFP.

Cité par "La Tribune", Charles Foulard, délégué central à la CGT, assure que l'essence va commencer à manquer "dans les heures à venir" dans les 5.626 (dont environ 2.000 sous la marque Elan) stations-service que compte Total en France.

La direction a de son côté assuré qu'elle prenait toutes les mesures possibles pour éviter une rupture d'approvisionnement.

 

 

puce_little_metal_01Des raffineries Total toujours en grève

NOUVELOBS.COM | 19.05.05 | 13:01

Le mouvement contre la Pentecôte travaillée se poursuivait jeudi sur 5 sites. Possibles problèmes d'approvisionnement en pétrole.

La grève dans les raffineries Total, entamée lundi dans le cadre du mouvement contre la Pentecôte travaillée, se poursuivait jeudi 19 mai, un des six sites ayant cessé de fonctionner et quatre autres allant "progressivement vers l'arrêt", a indiqué jeudi midi la direction.
La raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) était déjà complètement bloquée depuis lundi, tandis que dans les quatre autres raffineries en grève (Gonfreville en Seine-Maritime, Grandpuits en Seine-et-Marne, La Mède dans les Bouches-du-Rhône et Feyzin dans le Rhône) des "manoeuvres d'arrêt" ont commencé jeudi pour "arrêter les sites progressivement", a précisé la direction.
"Le groupe s'organise pour qu'il n'y ait pas de problèmes d'approvisionnement", a-t-elle ajouté.

Journée cadeau

La CGT, rejointe dans certains sites par la CFDT et FO, a appelé à la grève pour dénoncer la "décision unilatérale de la direction" d'appliquer la loi instaurant la journée de solidarité, en supprimant le lundi de Pentecôte pour certains salariés ou en supprimant une journée de RTT pour les travailleurs postés qui font les 3X8.
"Nous demandons que Total, comme l'ont fait Aventis et Shell, prenne intégralement en charge la journée de solidarité, sans aucune déduction de temps de travail aux salariés, vu les bénéfices du groupe", a expliqué Charles Foulard, délégué syndical central CGT.
L'annonce mardi par le PDG Thierry Desmarest lors de l'assemblée générale des actionnaires "de la hausse de 15% de leurs dividendes et des résultats mirifiques du groupe est vécue comme une provocation et l'expression d'un profond mépris pour les salariés en lutte", dénoncent par ailleurs la coordination CGT-Total et la CGT-Chimie dans un communiqué commun.
 

 

puce_little_metal_01«Je crois à la force continentale»

Libération - mercredi 18 mai 2005 (Liberation - 06:00) Par Eric AESCHIMANN

Tartare de saumon, pintade farcie, brochette de ministres, tablées de notables qui huent les grévistes du lundi de Pentecôte... Hier, pour son premier meeting postopératoire, Jean-Pierre Raffarin avait choisi le style «pépère» du dîner-débat. Pas de quoi bousculer un convalescent convaincu que sa politique n'est pas en cause dans le scrutin du 29 mai. A commencer par le lundi de Pentecôte férié-travaillé : «Le résultat est là : les Français ont donné deux milliards d'euros» pour les handicapés et les retraités, a-t-il déclaré sur France 2 tout en se disant, pour l'année prochaine, ouvert sur les modalités de cette journée.

Accueilli par une ovation, heureux de retrouver une tribune, le Premier ministre a repris l'idée chiraquienne de la Constitution comme défense du modèle social français. «Les grandes forces économiques, les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, sont organisées en forces continentales. Croyez-vous que la France seule peut résister à la Chine ? L'Europe est une protection.» «Je crois à la force continentale», a-t-il répété sur France 2, dans un style un peu «Star Wars». Moins disert sur la politique du gouvernement postréférendum, il a répété que «2005 sera une année de baisse du chômage». Raffarin a annoncé des rendez-vous avec les partenaires sociaux en juin. Et promis de s'attaquer au dossier des indemnités trop élevées versées aux PDG évincés. Comme toujours, il a remis son avenir entre les mains de Chirac : «Je suis au travail, mais pas accroché au pouvoir.» Avec ou sans vésicule, Raffarin n'est toujours pas Dark Vador.

 

 

puce_little_metal_01SOLIDARITÉ Comment répondre à des besoins grandissants

Le Figaro [18 mai 2005]

PAR MARCEL ROYEZ, Secrétaire général de la Fnath, association des accidentés de la vie.
La Pentecôte de la discorde

Comment un désastre sanitaire aussi grave que la canicule de 2003 peut-il aboutir à la cacophonie nationale actuelle autour d'un lundi de Pentecôte littéralement «totemisé» ? Assez clairement la maladresse du gouvernement dans la gestion de cette affaire explique les incompréhensions et les mécontentements d'aujourd'hui, comme la propension à focaliser sur la question du jour férié un débat qui devrait porter plus noblement sur la solidarité nationale à l'égard des personnes handicapées et des personnes âgées.


Au-delà des effets de la canicule qui ont légitimement suscité l'indignation et l'émotion qu'on sait, la question de l'autonomie de ces personnes interroge notre système social depuis belle lurette. C'est une véritable question de société éthique et politique au meilleur sens du terme que de savoir comment répondre aux besoins grandissants liés à la perte d'autonomie d'une population de plus en plus nombreuse et dont la croissance est inéluctable pour les années à venir. Le système de Sécurité sociale mis en oeuvre il y a soixante ans cette année n'avait pas à répondre à une telle question, à l'époque. Son adaptation à cette nouvelle donne s'impose depuis des années. Elle n'a que trop tardé, laissant place à des dispositifs lacunaires et approximatifs, allocation compensatrice pour tierce personne et prestation spécifique dépendance, notamment, n'assurant pas une couverture universelle et solidaire d'un risque social qui nous concerne tous comme la maladie, l'invalidité et la vieillesse, assurées dans le cadre de notre Sécurité sociale.


Elément essentiel du contrat social, la couverture du risque de perte d'autonomie de nos concitoyens doit trouver sa réponse dans un système de protection sociale universel basé sur la solidarité nationale. La création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale, adaptée à la gestion de ce risque spécifique, est apparue assez vite comme la meilleure solution. L'annonce par le gouvernement d'une nouvelle branche de la protection sociale a donc suscité des espoirs, bien qu'il ait choisi une voie différente à celle de la Sécurité sociale. La création et la mise en place récente de la toute nouvelle Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) répond à ce choix d'un système national articulé en proximité avec les départements.


Un système séduisant sur le papier, qui a le mérite d'associer les représentants des usagers personnes handicapées et personnes âgées, mais qui suscite de légitimes interrogations quant à l'égalité de traitement sur le territoire, du fait d'une gestion assurée par les conseils généraux. Les personnes concernées et leurs associations attendent beaucoup de ce nouveau dispositif chargé notamment d'assurer la future prestation de compensation du handicap et l'allocation personnalisée à l'autonomie (APA).


Là où le bât blesse, indiscutablement, c'est le mode de financement adopté pour ce dispositif. La suppression d'un jour férié présenté comme un acte de fraternité recueillait au lendemain de la canicule, émotion oblige, une majorité de suffrages dans les sondages ; nous n'étions pas très nombreux, iconoclastes, à l'époque à trouver l'opération incongrue. Aujourd'hui, 68% de nos concitoyens se déclarent hostiles à la suppression du jour férié, preuve s'il en était besoin qu'on ne gère pas un grand problème de société sous le coup de l'émotion et avec des solutions qui relèvent davantage de la compassion que de la solidarité nationale.


Le choix qui a été fait à cet égard est critiquable à plus d'un titre. Passons sur le fait qu'on augmente artificiellement la durée du travail, ce n'est pas le plus important... Tout d'abord, ce mode de financement est stigmatisant pour les personnes concernées ; un jour pour les handicapés et pour les vieux ! Pourquoi pas un jour pour les enfants maltraités, un autre pour les femmes battues... Plus grave encore, alors qu'il eût été normal de mettre toute la population et tous les revenus à contribution, seuls les revenus salariaux et financiers y contribueront. On comprend que les salariés ne soient pas très enclins à financer la perte d'autonomie des professions libérales ou celles des exploitants agricoles ! C'est une rupture d'égalité inacceptable devant le prélèvement socio-fiscal.


De la même manière, les entreprises ne contribuent pas à ce financement puisque l'augmentation de 0,3% de cotisations patronales ne correspond en fait qu'à la valeur de la journée de travail «donnée» par leurs salariés. Enfin ce mode de financement ne suffira pas aux besoins générés par la prise en charge de la perte d'autonomie, c'est une évidence reconnue par Philippe Douste-Blazy lui-même. Faudra-t-il supprimer un autre jour férié ou la cinquième semaine de congés, ce qui rendra forcément très populaire la cause des personnes handicapées ou âgées dans notre pays ?


La crispation actuelle sur ce sujet et la cristallisation du mécontentement social autour du lundi de Pentecôte appellent rapidement une remise en cause du mode de financement choisi. La contribution sociale généralisée qui constitue l'assiette socio-fiscale la plus large – et donc la plus juste – s'impose de fait comme la réponse alternative à un mode de financement injuste et inefficace. Le gouvernement s'honorerait à clarifier la situation au plus vite pour calmer le jeu.
 

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte : le premier ministre «ouvert» sur les modalités en 2006

Le Figaro - [18 mai 2005] - Claire Bommelaer et Guillaume Perrault

Il s'en remettra aux conclusions du comité d'évaluation

Et maintenant ? Au lendemain du premier lundi de Pentecôte travaillé, Jean-Pierre Raffarin a tiré, hier, le bilan de l'opération. Pour le premier ministre, «les résultats concrets sont là». La mesure, même si un enfant sur deux n'était pas en classe, s'est révélée efficace. Elle a permis, grâce aux Français, de «donner deux milliards supplémentaires pour les personnes âgées et les handicapés, soit une maison de retraite en plus par département, et 30 000 créations d'emplois».


Ainsi, pour le premier ministre, le mouvement est lancé et semble irrévocable, tant les besoins de financement pour la prise en charge des personnes âgées sont criants. «Il n'y a pas de polémique», a-t-il déclaré, tout en ajoutant : «Je suis déterminé pour la solidarité et ouvert sur les modalités pour l'année prochaine.» Dans cet esprit, il a rappelé qu'il avait installé, dès le 12 mai, une mission d'évaluation sur la journée de solidarité, dont il attend une information «honnête et transparente, d'ici à la mi-juin».


Un peu plus tôt dans la journée, Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, avait soulevé la question de l'organisation de la journée de solidarité de l'an prochain : «C'était une bonne idée, mais à l'avenir, il faudrait l'organiser de façon plus souple, plus libre et plus équitable», a-t-il lancé sur Europe 1. «Sur la forme, on peut avoir le sentiment que l'effort n'est pas partagé exactement de la même manière par tous», a-t-il ajouté, se faisant l'écho du principal grief syndical. Jean-Claude Mailly (FO), François Chérèque (CFDT), Bernard Thibault (CGT) et Gérard Aschieri (FSU) n'ont en effet cessé de dénoncer une loi «profondément inéquitable».


La balle est donc désormais dans le camp du comité d'évaluation. Présidé par le député UMP Jean Leonetti, composé de 13 membres dont Jacques Pelissard, le président de l'association des maires de France, deux recteurs d'académie ou encore un préfet, il doit remettre un rapport de préconisations fin juin.


Sans préjuger du résultat des travaux, Jean Leonetti a exposé dès hier les termes du problème. «La loi adoptée en juin 2004, qui institue la journée de solidarité, laisse aux partenaires sociaux le libre choix de la date, a-t-il rappelé. Le lundi de Pentecôte n'est prévu qu'à défaut d'accord.» Jusqu'ici, les accords de branche ou d'entreprise choisissant un autre jour sont restés très rares. D'autant que l'Education nationale «a joué un rôle d'entraînement en choisissant le lundi de Pentecôte», à l'exception des académies de Montpellier et de Belfort. Résultat : «La date censée être l'exception est devenue la règle. Il faut réfléchir sur cette expérience pour proposer plus de souplesse et plus de liberté.»


Première hypothèse : la suppression d'un jour des vacances de la Toussaint viendrait remplacer le lundi de Pentecôte comme jour de solidarité, si les partenaires sociaux n'ont pas déterminé d'autre date. C'est le «plan B» préconisé par Yves Lachaud, député UDF du Gard et ardent défenseur de la feria de Nîmes. Jean-Luc Christ, député UMP du Haut-Rhin, très attaché au lundi de Pentecôte férié, suggère pour sa part une journée de solidarité «à la carte», que chaque salarié choisirait librement. Seule certitude : la date fixée pour la remise du rapport laisse au gouvernement le temps nécessaire pour changer le calendrier scolaire dès la rentrée prochaine. Et devrait lui permettre de clore le sujet, au moins jusqu'au référendum. «Rien ne serait pire que de se prononcer le 29 mai sur autre chose que la Constitution européenne», a répété hier le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé.

 

 

puce_little_metal_01Saint Sébastien Raffarin

LE MONDE | 18.05.05 Dominique Dhombres

Pauvre Jean-Pierre Raffarin ! Le premier ministre voulait faire savoir aux Français qu'il était de retour aux affaires après son opération de la vésicule biliaire. Pour leur annoncer cette bonne nouvelle, il participait à l'émission"Question ouverte" , mardi soir sur France 2, juste après le journal télévisé. 
 
Et patatras ! Gilles Leclerc lui demandait surtout ce qu'il pensait de cette rumeur selon laquelle chaque fois qu'il s'exprime il fait monter le non. L'hypothèse est effroyable, le soupçon tout simplement épouvantable. De quoi gâcher une convalescence. De quoi vous dégoûter à tout jamais de Matignon.

Et pourtant, la question était bel et bien posée. N'est-il pas celui qui plombe le camp du oui ? On remarquera que, pendant la brève absence du premier ministre, le oui était donné vainqueur dans les sondages, et que le non l'emporte de nouveau...

C'était bien la peine d'avoir préparé quelques belles formules qui rappelaient les raffarinades de jadis. Le lundi de Pentecôte ? "Je suis déterminé pour la solidarité et ouvert sur les modalités" , disait Jean-Pierre Raffarin. En clair, le principe du lundi de Pentecôte travaillé est maintenu, avec quelques aménagements possibles.

Et surtout, il y avait la "force continentale" ! Si vous avez manqué la "force continentale" , vous avez raté un grand moment de télévision. Le regard fixe, comme halluciné, le premier ministre expliquait que"les grandes forces économiques mondiales sont organisées de façon continentale : la force continentale américaine. La force continentale chinoise. La force continentale indienne". Il faut donc, à l'évidence, que la force continentale européenne s'affirme à son tour."Regardez Airbus, force continentale !", s'exclamait Jean-Pierre Raffarin, emporté et même quasiment transporté par son sujet.

Et voilà qu'au lieu de fêter son retour, et de se laisser bercer par sa force continentale presque hypnotique, on laissait entendre qu'il était devenu, pour son propre camp, une sorte de fardeau. Décourageant, non ? Jean-Pierre Raffarin répondait dans le registre sacrificiel."Je m'efface personnellement par rapport à ma mission", disait-il.

Il allait même plus loin avec une phrase encore plus mystérieuse."Mon avenir personnel ne me concerne pas", proclamait-il d'un air solennel.

Traduction : si le président de la République le lui demande, il est prêt à souffrir autant de temps qu'il le faudra.

 

 

puce_little_metal_01Un jour férié pas vraiment chômé

Le Petit Journal, Aurélie Marcillac (LPJ) 17 mai 2005

Plus calme que ce qu’on aurait pu prévoir, la journée de solidarité instaurée par le gouvernement n’a cependant pas réussi à convaincre les Français. Peu de manifestations, mais de nombreuses grèves et beaucoup de salariés en vacances

Les salariés ne semblent pas avoir été convaincus par les arguments du gouvernement en faveur du lundi de Pentecote travaillé. (Photo AFP)

Ce premier lundi de Pentecôte travaillé aura été caractérisé par des situations disparates. Si la pagaille annoncée n’a pas eu lieu, la journée de solidarité imposée a été loin de faire l’unanimité. Tous les moyens ont été mis en œuvre pour contourner, dans le calme, la réforme : entre les grévistes et personnel en congé ou en RTT, plus de la moitié des Français n’était pas au travail.
Dans le secteur des transports, bien que Gilles de Robien ait jugé "la situation globalement très bonne", le trafic était paralysé dans plus de 30 villes de province. Très peu de perturbations ont été constatées à la RATP, où la plupart des travailleurs présents recevaient une prime de presque 100 euros.
Dans l’enseignement, selon le ministère, 22% des professeurs étaient absents. L’école buissonnière, quant à elle a connu un certain succès avec moins d’un quart des élèves du primaire et secondaire présents.
Différents secteurs ont été touchés par les mouvements de grève. C’est le cas des Hôpitaux de Paris, où 22% du personnel s’est porté gréviste, ou encore de la Poste, avec 35% de protestataires.
Une mesure impopulaire
Les manifestations organisées par les syndicats ont été peu suivies, particulièrement à Paris : à peine 200 manifestants dans la capitale, quelques milliers en province. Les Français ont par contre profité de ce jour pour prolonger leur week-end. Ainsi hier matin, aux abords des grandes villes, le trafic routier était anormalement calme. De plus, de nombreuses entreprises telles Airbus, TF1, la Société Générale, ou Ikea ont accordé à leurs salariés une journée de congé ou de RTT.
Conséquence du lundi de Pentecôte travaillé, les professionnels du tourisme grognent. Des évènements comme la traditionnelle feria de Nîmes ou celle de Vic-Fezensac ont pâti de ce jour férié en moins.
Le gouvernement s’est félicité de l’absence de "pagaille", mais les syndicats, jugeant injuste une mesure qui pénalise seulement les salariés, ont qualifié de "fiasco" l’innovation de Jean-Pierre Raffarin. François Hollande a en outre assuré que si le PS accédait au pouvoir en 2007, il restaurerait le jour férié.
Il semblerait toutefois que le gouvernement accepte de réviser sa décision. Le jour férié supprimé devra être le fruit d’une négociation collective au sein des entreprises.

 

 

puce_little_metal_01Quand Hervé Mariton (UMP) va contrôler le coût de la journée...

LE MONDE | 17.05.05 | 12h54 Gaëlle Dupont

Le député (UMP) de la Drôme, Hervé Mariton, est un scrupuleux gardien des fonds publics. Rapporteur général du budget des transports à l'Assemblée nationale, il a passé l'après-midi du lundi de Pentecôte en "tournée d'inspection" dans les gares parisiennes. Histoire de démontrer que les députés étaient au travail, malgré la fronde d'une partie de la majorité contre la journée de solidarité. Mais surtout de contrôler le service offert et le coût de l'opéra-tion dans les transports publics. "L'idée de la journée de solidarité est intéressante et stimulante, sa mise en oeuvre mérite d'être regardée de plus près" , affirme l'élu.
 
Première halte à la gare Saint-Lazare, où les personnels de la SNCF, tous à leur poste, tentent d'expliquer à l'élu le casse-tête de ce 16 mai "atypique" . Un dimanche ou un jour férié "normal" , un peu moins de 600 TGV roulent. Un lundi "normal" , 700 rames sont en service. Combien ont été mises sur les rails ce lundi 16 mai, qui combine les caractéristiques de l'un et de l'autre ? La SNCF a préféré voir grand : 711 TGV prévus. Mais les voyageurs n'étaient pas au rendez-vous : la fréquentation est "mitigée" , estime la SNCF.

De plus, 50 000 à 60 000 agents de la SNCF étaient mobilisés le 16 mai, contre 30 000 agents un jour férié "normal" . Et la société des chemins de fer a attribué aux 30 000 agents supplémentaires une prime de travail pour jour férié de 32 euros en moyenne. Sur un coin de papier, Hervé Mariton fait les comptes : en personnel, la journée a coûté 1,2 million d'euros supplémentaires à la SNCF. "Un enjeu modeste par rapport à la perte qu'aurait représentée une grève, estimée entre 15 millions et 25 millions d'euros" , affirme le député. La SNCF versera 15 millions d'euros pour financer la dépendance. Et la journée de solidarité sera effectuée, non pas à raison d'une minute et 52 secondes supplémentaires par jour comme l'avait annoncé la direction de la SNCF, mais de 3 h 30 par semestre, explique-t-on au député. "Il s'agira de vérifier que les 3 h 30 y seront effectivement" , affirme M. Mariton. Il faudra, pour ce faire, vérifier 175 000 emplois du temps, le prévient-on.


PRIME DE 92 EUROS À LA RATP

Gare de Lyon, au poste de contrôle de la ligne D du RER, les écrans montrent des quais clairsemés. Les rames sont pleines aux trois quarts pour la partie nord, et à moitié pour la partie sud. "La sociologie n'est pas la même, les populations du nord de Paris sont plus laborieuses et préfèrent garder leurs jours de vacances pour rentrer au pays l'été, au sud les classes moyennes et supérieures ont pris un jour de RTT" , avance Bernard Gardin, directeur de la ligne.

Retour à l'Assemblée nationale. Hervé Mariton, téléphone rivé à l'oreille, attend le bilan de la RATP. Le trafic est quasi normal. A quel prix ? interroge-t-il. Les personnels mobilisés ont perçu une prime "d'événement exceptionnel" de 92 euros. Nouveau calcul. Pour 13 500 agents mobilisés, on arrive à environ 1,2 million d'euros. Au total, la dépense supplémentaire d'argent public est justifiée, selon M. Mariton. "Au moins, les gens ont eu des trains pour aller au travail, soupire l'élu. Cela valait la peine de payer cette assurance." Et la pagaille annoncée n'a pas eu lieu.

 

 

puce_little_metal_01L'opposition parle d'un "lundi d'échec" au sujet de la Pentecôte

Reuters -Tue May 17, 2005 12:46 PM CEST

PARIS (Reuters) - Au lendemain du premier lundi de Pentecôte travaillé, le gouvernement a salué mardi le "civisme" des Français alors que l'opposition socialiste a dénoncé un "lundi d'échec".

Pour le porte-parole du gouvernement, "l'esprit de responsabilité a prévalu" le 16 mai.

"Les choses se sont passées sans enthousiasme excessif, naturellement, car ce n'est jamais très drôle de devoir renoncer à un jour férié, mais certainement pas dans le désordre que certains avaient prédit ou annoncé", a déclaré Jean-François Copé sur LCI.

"Globalement, les choses se sont plutôt bien passées", a-t-il estimé. Comme Matignon la veille, il a comparé l'activité de la journée de lundi "à ce qu'aurait été un vendredi de pont".

Interrogé sur Europe 1, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a salué le civisme des Français, notant que la plupart des salariés avaient accepté de travailler davantage au nom de la solidarité avec les personnes âgées et handicapées.

Pour le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, cette journée travaillée sonne au contraire comme "un lundi d'échec".

"Le gouvernement n'a pas été capable de faire comprendre aux Français que la suppression d'un jour férié correspondait à un principe de justice sociale, dès lors que seule une partie des actifs a été sollicitée", déclare-t-il dans France Soir.

Le premier secrétaire du PS note en outre que "de nombreuses entreprises et administrations se sont organisées pour ne pas faire travailler leurs salariés".

François Hollande a annoncé dès lundi soir que la gauche rétablirait le caractère férié du lundi de Pentecôte si elle revenait aux affaires en 2007, tout en instaurant une contribution pour financer l'aide aux personnes âgées et handicapées.

"TOUT CE QUI EST IMPOSÉ EST MAL VÉCU"

"Il va falloir travailler autrement sur cette question", a estimé sur LCI le porte-parole du PS, Julien Dray. "Tout ce qui est imposé est mal vécu par nos concitoyens".

A la question de savoir si l'an prochain le lundi de Pentecôte serait aussi travaillé, Jean-François Copé s'en est remis aux conclusions de la commission d'évaluation mise en place par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dont la copie est attendue fin juin.

Jean-Louis Borloo a souhaité pour sa part que le principe de cette journée de solidarité soit appliqué avec "liberté" et "souplesse".

"Ce qu'on demande aux gens, c'est sept heures", a rappelé le ministre, "regardons que ça soit mieux réparti, que tout le monde y contribue".

"Un effort est toujours supportable si vous savez qu'il est largement partagé", a-t-il ajouté.

Mise en place après la canicule de l'été 2003 qui a provoqué la mort de plus de 15.000 personnes âgées, la journée de solidarité avec les personnes âgées et handicapées dépendantes doit rapporter deux milliards d'euros par an, versés à la nouvelle Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

Les multiples appels à la grève lancés par les syndicats et les actions de "désobéissance civile" se sont accompagnés lundi de situations très contrastées selon les secteurs et les régions. Les perturbations ont été le plus visible dans les transports en commun de province et dans l'Education nationale.

"Les services publics ont bien et, pour certains d'entre eux, très bien fonctionné", a dit Jean-François Copé sur BFM, preuve, selon lui, que "le travail d'explication" et "les appels à la responsabilité" du gouvernement "ont été entendus".

 

 

puce_little_metal_01Lundi férié, comme d'habitude

Maximini.com, 17/05/2005

La journée de solidarité décrétée par le gouvernement Raffarin n'a pas fait recette en Martinique. L'activité économique n'a pas fonctionné plus qu'à l'habitude.

Si le Lundi de Pentecôte n'est plus férié, il restera chômé en Martinique. Des routes désertes, 90% des commerces fermés, des écoles sans élèves, des administrations vidées par les mots d'ordre de grève: la journée est restée morte, comme les années précédentes. Le mauvais temps a fait renonçer beaucoup de martiniquais à aller à la plage, mais ils sont restés en famille, chez eux pour déguster leur traditionnel matoutou de crabes. Dans l'éducation nationale, le rectorat annonçait 75% de grévistes, et la FSU plus de 80%. Au collège Perrinon, le taux atteignait même les 100%. Pour Yvon Joseph Henri, secrétaire général de la FSU, c'est un succès, qui montrent bien que les "salariés sont décidés à ne pas plier sous les attaques patronales". Les directeurs d'établissements étaient tenus d'être là, et certains enseignants se sont présentés, notament pour faire passer des examens blancs au lycée de la Pointe des Nègres. Mais les cours n'ont pas été assurés dans leur grande majorité. De toute façon les élèves étaient rares, faute de transport scolaire et de cantines. Dans le commerce, où il était encore difficile de se faire une idée, le Lundi de Pentecôte a également été massivement chômé. Seules quelques grandes surfaces sont restées ouvertes en matinée, comme les jours fériés habituels. Dans les admnistrations, les appels à la grève des syndicats ont été bien suivi: 80% de grévistes à la Poste, 90% à EDF, 50% d'absents à la préfecture. Certains guichets ont dû fermer faute de personel. Louis Maugée, secrétaire de la CGTM, y voit lui aussi un succès, mais il continue à dénoncer la "maneouvre du patronat, qui a contraint de nombreux employés à monnayer leur Lundi de Pentecôte contre une journée de RTT ou de congés".

 

 

puce_little_metal_01Jour de Pentecôte et de confusion

La Libre Belgique (AP, avec AFP) 17/05/2005

Des grèves ont perturbé fortement lundi les transports dans de nombreuses villes. La vie a tourné au ralenti, mais ce n'était pas la pagaille, selon le gouvernement.

Des grèves ont perturbé fortement lundi les transports dans de nombreuses villes en France, où l'activité a tourné au ralenti, en raison d'une journée de protestation contre la suppression du jour chômé de Pentecôte. Ce jour férié, traditionnellement chômé, avait été décrété pour la première fois jour travaillé pour financer l'aide aux personnes âgées, mais cette mesure du gouvernement de droite a suscité l'hostilité d'une majorité de Français.

La situation n'a toutefois pas tourné à la pagaille monstre que certains avaient redoutée. Les perturbations les plus importantes étaient enregistrées dans les transports en province, où le trafic était paralysé dans 27 villes, comme à Strasbourg. Dans les aéroports parisiens de Roissy et d'Orly, des vols ont dû être annulés, d'autres ont été retardés.

A Paris, le trafic n'était que peu perturbé dans les transports publics. Mais le lundi de Pentecôte s'est déroulé presque comme un lundi ordinaire à l'Assemblée nationale, où seules les permanences des groupes de l'opposition n'ont pas été assurées. Le Parlement a suspendu ses travaux le 12 mai pour deux semaines en raison de la campagne référendaire. Les fonctionnaires de l'Assemblée ont travaillé et les groupes de visiteurs, nombreux les jours où il n'y a pas de séance, ont comme à l'accoutumée envahi les couloirs et salles du Palais-Bourbon.

Manifestations

Des manifestations ont réuni plusieurs milliers de personnes dans différentes villes de province. De nombreux élèves ne sont pas allés à l'école. La situation était relativement confuse dans les entreprises et les services publics, car de nombreux salariés ont choisi de prendre un jour de congé compensatoire.

Les syndicats avaient lancé des appels à la grève après la décision du gouvernement de substituer à ce jour chômé une journée de «solidarité nationale» qui doit rapporter deux milliards d'euros de recettes pour l'aide aux personnes âgées et handicapées. Le gouvernement avait décidé cette mesure, votée par le Parlement, après la canicule d'août 2003, qui avait fait 15000 morts, en majorité des personnes âgées. Mais elle a suscité l'hostilité d'une majorité de Français, et le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dont la popularité est au plus bas dans les sondages, s'est retrouvé au centre du mécontentement. Les syndicats et le Parti socialiste ont jugé cette décision injuste, car elle met à contribution essentiellement les salariés, et insuffisante au regard des besoins. Le quotidien «Le Monde» a évoqué «le gâchis d'une belle idée». «C'est une mesure injuste et je ne suis vraiment pas certaine que ça va aider les personnes âgées», a expliqué Valérie, 35 ans, secrétaire chez un notaire parisien, qui a fait grève «pour la première fois de sa vie». La grève s'est aussi invitée sur la célèbre Croisette, où 250 personnes ont manifesté contre la suppression du lundi de Pentecôte pendant le festival de Cannes. Enfin, l'avion géant Airbus A 380, en plein programme d'essais en vol, symbole pour le camp du oui d'une Europe qui gagne, est resté finalement au repos, comme la plupart des salariés d'Airbus en France.

Pour l'entourage du Premier ministre, apparemment soulagé, «il n'y a pas de pagaille».

Mauvais moment

Cette journée de grogne sociale tombe en tout cas au mauvais moment pour le gouvernement, qui mène une difficile bataille pour la victoire du oui lors du référendum sur le traité européen du 29 mai. Le camp du non surfe notamment sur l'anxiété de nombreux Français, inquiets pour leur emploi et leur protection sociale, et qui voient dans le nouveau traité la porte ouverte à une Europe synonyme de délocalisations dans des pays à la main d'oeuvre à faible coût, comme la Pologne. Un dernier sondage, lundi, a placé en tête le non, avec 51pc des intentions de vote, alors que d'autres sondages donnaient ces derniers jours un léger avantage au oui.

© La Libre Belgique 2005

 

 

puce_little_metal_01Revue de Presse

RFI - 17 mai 2005 - Philippe Leymarie

[...] Et puis en France toujours, les commentaires les plus divers sur cette histoire de lundi de Pentecôte qui a donné lieu selon FRANCE SOIR à une pagaille, mais sans plus: «Petit bazar pour un lundi bizarre», avec une mobilisation en demi-teinte. Pour l'HUMANITE c'était en revanche : «Le bide géant de Raffarin... Un camouflet donc pour le gouvernement». Alors que selon LA CROIX, bon gré mal gré cela était tout de même un lundi de solidarité, avec de l'argent qui ira aux personnes âgées ou aux handicapées : c'était le but.

Une pagaille évitée, pour LE REPUBLICAIN LORRAIN, mais un psychodrame révélateur aussi de l'agonie sans fin du gouvernement Raffarin. Un «vrai faux lundi», écrit l'éditorialiste de LA MONTAGNE, le gouvernement n'ayant pas pu imposer une journée de travail mais les syndicats n'ayant pas réussi à paralyser l'activité. Etrange atmosphère estime LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST, comme celle d'un pays qui ne sait pas sur quel pied se poser. Un rendez-vous raté entre le pays et l'équipe qui le gouverne estiment les DNA. Et pour LE TELEGRAMME DE BREST un grand bordel de Lundi de Pentecôte révélateur de l'infantilisme de la société française [...]

 

 

puce_little_metal_01La grève suivie à 22% pour le lundi de Pentecôte

La lettre de l’Education - mardi 17 mai 2005

Pour la première journée de solidarité en faveur des personnes âgées et handicapées, les syndicats de l’Education avaient appelé les enseignants à la grève. Selon les chiffres du ministère, le mouvement a été suivi par 22 % d’entre eux. De son côté, le Snes-FSU, principal syndicat du second degré, fait état de 20 à 50% d'enseignants grévistes et de plus de 50% de grévistes chez les non enseignants. Aucune fermeture d’établissement n’a été recensée par le ministère.

Le gouvernement a donc jugé la participation de l'Education nationale à la journée de solidarité "globalement satisfaisante". Le ministère assure aussi que les examens de Bac, CAP, BEP ou BTS, prévus dans 18 académies ce lundi se sont déroulés "dans des conditions normales".

Concernant la présence des élèves dans les établissements, sans donner de chiffre précis, le ministère estime qu’ "une majorité d’élèves" étaient présents. De son côté le syndicat SNUIPP-FSU affirme que moins d’une enfant sur deux a été à l’école en ce lundi de Pentecôte.

Sources AFP, AEF
 
 

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte: «bravo» et «merci pour ce résultat», dit Jean-Pierre Raffarin

AP | 17.05.05 | 22:12

PARIS (AP) -- «Bravo pour ce résultat» et «merci pour ce résultat», a déclaré mardi soir Jean-Pierre Raffarin au sujet de l'organisation lundi de la première «journée de solidarité» avec les personnes âgées et handicapées, qui a permis selon lui de dégager deux milliards d'euros.
«Cessons toute polémique: le résultat est là», a-t-il souligné dans le cadre de l'émission «question ouverte» sur France-2. La suppression du caractère férié du lundi de Pentecôte a «permis de dégager deux milliards d'euros», soit «neuf milliards pour la période 2004-2008».
Avec cet argent, «on va créer ainsi une maison de retraite de plus par an et par département» et «on va créer 30.000 emplois dont 6.000 pour les soins infirmiers à domicile», a affirmé le chef du gouvernement.
Alors, «bravo pour ce résultat, merci pour ce résultat. Pas de polémique. Maintenant faisons en sorte que cet argent arrive le plus vite possible auprès de ceux qui en ont besoin».
Interrogé sur la pagaille qu'a suscitée cette première journée de solidarité, parfois contestée sur le terrain, M. Raffarin a constaté qu»'il y a des choses qui ont bien marché» et d'autres «qui n'ont pas bien marché».
Une «évaluation honnête et transparente» sera réalisée d'ici «la mi-juin». Ensuite, «le gouvernement consultera les partenaires sociaux et nous définirons les modalités de l'année 2006».
S'il «ne veut pas préjuger des résultats de l'évaluation», le Premier ministre ne semblait pas enclin à renoncer à la journée de solidarité. «Je suis déterminé pour la solidarité et ouvert sur les modalités», a-t-il expliqué. AP

 

 

puce_little_metal_01Le maire UMP de Nîmes appelle Jean-Pierre Raffarin à supprimer le lundi de Pentecôte travaillé

AP | 17.05.05 | 20:15

PARIS (AP) -- Fort d'un «bilan très contrasté», le maire UMP de Nîmes Jean-Paul Fournier a appelé mardi le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à supprimer le lundi de Pentecôte comme journée de solidarité nationale avec les personnes âgées et handicapées.
«La suppression du lundi de Pentecôte férié a eu incontestablement un impact sur la fréquentation de la Féria de Nîmes», souligne le maire dans un communiqué, en précisant avoir constaté avec l'ensemble des représentants des restaurateurs et hôteliers nîmois une «baisse de fréquentation allant de moins 20% jusqu'à moins 40% selon les cas».
«Dès dimanche soir, les hôtels se sont vidés, confirmant ainsi la crainte qu'avaient pressentie les partenaires économiques», ajoute Jean-Paul Fournier, pour qui «ce n'est pas en appauvrissant les économies locales, qu'on trouvera les financements nécessaires pour aider efficacement les personnes âgées».
En sa qualité de maire et de président de l'agglomération de Nîmes Métropole, M. Fournier exprime son souhait d'être «associé» aux travaux du comité de suivi et d'évaluation de la journée de solidarité présidé par le député UMP Jean Leonetti. AP

 

 

puce_little_metal_01Jean-Pierre Raffarin, "au travail mais pas accroché au pouvoir"

Reuters 17/05/05

PARIS (Reuters) - Jean-Pierre Raffarin a une nouvelle fois affirmé que le référendum du 29 mai sur la Constitution européenne n'était pas "un enjeu de politique intérieure".

Le Premier ministre, qui était l'invité de France 2, a estimé que "ce n'est pas le gouvernement qui serait sanctionné par un vote 'non', de même que le 'oui' ne serait pas le succès du gouvernement mais celui de tous les Français".

Le chef du gouvernement, au plus bas dans les sondages en raison de la contestation de sa politique économique et sociale, a réaffirmé que l'emploi demeurait sa priorité. "Je crois aujourd'hui (...) que l'année 2005 sera une année de baisse significative du chômage", a-t-il dit.

Interrogé sur son sort personnel après le référendum du 29 mai, Jean-Pierre Raffarin a répondu: "Je suis au travail, mais je ne suis pas accroché au pouvoir".

"Les Français peuvent compter sur moi pour agir tant que le président de la République le voudra et tant que la majorité parlementaire le voudra", a-t-il dit.

FERME SUR LE PRINCIPE DE LA JOURNEE DE SOLIDARITE

Le Premier ministre s'est déclaré déterminé à poursuivre la "journée de solidarité" en faveur des personnes âgées et handicapées, mais ouvert sur ses modalités d'application.

"Je ne veux pas préjuger des résultats de l'évaluation (...) Je suis déterminé pour la solidarité et ouvert sur les modalités", a-t-il dit au lendemain du premier lundi de Pentecôte travaillé.

Jean-Pierre Raffarin a souligné qu'il avait demandé à un groupe d'experts d'effectuer une évaluation de cette journée et qu'il espérait en obtenir les conclusions "à la mi-juin".

"Je consulterai, le gouvernement consultera les partenaires sociaux et nous définirons les modalités de l'année 2006", a-t-il précisé.

L'opposition de gauche a dénoncé un "échec" au lendemain de la première "journée de solidarité", mais Jean-Pierre Raffarin a estimé que le résultat était là.

"Un résultat est là, deux millards d'euros, bravo pour ce résultat, merci pour ce résultat, pas de polémique !", a-t-il dit.

 

 

puce_little_metal_01Journée de solidarité : Jean Leonetti chargé de faire des propositions alternatives

Sophianet.com, 17/05/2005

Président du comité d'évaluation de la mise en œuvre de la réforme, le député-maire d'Antibes s'est déclaré favorable, dans l'Education nationale, à la suppression du dernier jour de vacances de la Toussaint, plutôt que du lundi de Pentecôte. Son rapport doit être remis fin juin.

“Cacophonie", "fiasco", "lundi d'échec" pour les opposants; paisible... "vendredi du pont de l'Ascension" pour le gouvernement : le premier "lundi de Pentecôte" travaillé au titre d'une "journée de solidarité" continue à diviser la France. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, devrait faire un point sur le dossier ce soir sur France 2, lors de l'émission "Question ouverte". Mais ce sera à Jean Leonetti, député-maire d'Antibes et vice-président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, de faire des propositions d'aménagement en tant que président du comité d'évaluation de la mise en oeuvre de la réforme. Un comité composé de 12 membres qui se réunit pour la première fois aujourd'hui et commencera son travail la semaine prochaine en auditionnant les leaders des cinq confédérations syndicales. Le rapport, quant à lui, devrait être remis à Jean-Pierre Raffarin à la fin du mois de juin.

Hier, à l'occasion d'une interview sur RTL, Jean Leonetti a donné quelques indications sur la façon dont il analysait le problème. "Nous avons voté une journée de solidarité mais pas voté que c'était obligatoirement lundi de Pentecôte: c'est logique qu'on ait un bilan un peu contrasté aujourd'hui, avec des gens qui travaillent et des gens qui ne travaillent pas", a-t-il noté. "On s'est retrouvé avec un lundi de Pentecôte imposé de manière générale parce que l'Education nationale a fait ce choix".

Mais pour Jean Leonetti, cette solidarité doit se traiter avec encore plus de souplesse et de solidarité et ce sera à la commission de faire des propositions alternatives. Le président du comité pense notamment que les rectorats doivent prendre plus de liberté par rapport au lundi de Pentecôte et qu'il pourrait être préférable de supprimer le dernier jour des vacances de la Toussaint. "Si la mesure apparaît comme juste et équilibrée, elle sera acceptée", estime Jean Leonetti.

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte: Raffarin "déterminé pour la solidarité, ouvert sur les modalités"

AFP -17-05-2005-

21:03:31 Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'est dit mardi "déterminé pour la solidarité et ouvert sur les modalités" de la +journée de solidarité+, lors d'un entretien sur France 2.

"Je suis déterminé pour la solidarité et ouvert sur les modalités", a déclaré M. Raffarin, précisant qu'une évaluation de la journée du 16 mai serait faite pour la mi-juin.

"La journée a permis de dégager 2 milliards d'euros, le résultat est là: les Français ont pu ainsi donner à la France par leur travail 2 milliards d'euros pour les personnes âgées pour les personnes handicapées", a affirmé M. Raffarin.

D'ici à 2009, selon lui, "on pourra créer ainsi une maison de retraite de plus par an et par département".

"Bravo pour ce résultat, merci pour ce résultat, pas de polémique", a ajouté le Premier ministre. "Maintenant faisons en sorte que cet argent arrive le plus vite possible auprès de ceux qui en ont besoin", a-t-il indiqué.

Sur la période 2004-2009, "avec un plan de 9 milliards, nous pouvons créer de nombreuses maisons de retraite, on va créer 30.000 emplois, des postes d'infirmières, pour notamment permettre aux personnes de rester à domicile", a-t-il développé.

Sur les 30.000 emplois ainsi créés, 6.000 concerneront les soins infirmiers à domicile, selon lui.

En ce qui concerne les modalités d'application de cette mesure, instaurée par la loi du 30 juin 2004, un comité d'évaluation livrera "à la mi-juin" une "évaluation honnête et transparente", et "nous verrons les modalités", a-t-il ajouté.

"Le gouvernement consultera les partenaires sociaux et nous définirons les modalités de l'année 2006", a assuré M. Raffarin, se refusant à "préjuger des résultats de l'évaluation".

"La loi prévoyait la diversité", car la journée de travail supplémentaire n'était fixée le lundi de Pentecôte qu'à défaut d'accord dans les entreprises ou les branches professionnelles, a-t-il rappelé.

"Il y a des choses qui ont bien marché et il y a des choses qui n'ont pas bien marché", a-t-il toutefois noté, soulignant que "courageusement, la France s'est donné les moyens de faire face à son vieillissement.

 

 

puce_little_metal_01Le gouvernement se satisfait du bilan du premier lundi de Pentecôte travaillé

LE MONDE | 17.05.05

Ni la grande "pagaille" annoncée, ni un lundi comme les autres. Le 16 mai, premier lundi de Pentecôte travaillé, s'est apparenté à une journée ordinaire... de grèves. Les transports urbains ont été les plus perturbés et les écoles, collèges et lycées ont été loin de faire le plein de leurs élèves, même si les examens prévus se sont tenus sans problème.

Le gouvernement a manifesté son soulagement. "Il y a eu un taux d'activité plus important que ce qui avait été annoncé" , indiquait-on, lundi soir, au cabinet du premier ministre. "L'esprit de responsabilité a prévalu" , a relevé le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, sur LCI, mardi 17 mai.

"Les Français ont compris, si ce n'est accepté, que ces sept heures de travail en plus permettaient de financer la solidarité" , faisait-on encore remarquer dans l'entourage de Jean-Pierre Raffarin, qui devait s'exprimer dans l'émission "Questions ouvertes" , après le journal de 20 heures sur France 2, mardi 17 mai.

"Le premier ministre est content que la majorité des Français n'aient pas répondu à l'appel à la cacophonie" , a confié au Monde Jean Leonetti, député (UMP) des Alpes-Maritimes, à qui M. Raffarin a confié la présidence de la commission de suivi et d'évaluation de la journée de solidarité.

Celle-ci, qui rendra ses conclusions dans six semaines, devait tenir sa première réunion de travail mardi 17 mai. Au menu : méthodologie, calendrier des auditions (syndicats, entreprises, pouvoirs publics, collectivités locales...) et premières impressions sur ce lundi de Pentecôte.

Ces dernières ont été plutôt bonnes, a expliqué M. Leonetti : "Il faut être prudent, pas de triomphalisme, les Français ont obéi à la loi, mais ce serait une erreur de croire qu'ils adhèrent à la mesure et qu'ils l'ont bien comprise." Le gouvernement devra faire assaut de pédagogie et de "beaucoup plus de souplesse" , selon M. Leonetti, car "70 % des Français adhéraient à la proposition d'un jour travaillé supplémentaire pour financer la solidarité au lendemain de la canicule de 2003, et ils n'étaient plus que 30 % en faveur du lundi de Pentecôte" .

Les syndicats et l'opposition n'ont pas varié dans leurs critiques. Le premier secrétaire du PS, François Hollande a déclaré, sur France 2, lundi soir, qu'"on a conjugué une injustice avec un grand désordre" et que cette mesure était "un échec" .


CONTRAINTE
Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT) ont appelé le gouvernement à revenir sur cette loi "profondément inéquitable" et Bernard Thibault (CGT) a reproché au gouvernement de donner "des leçons de solidarité" alors qu'il a "restreint les retraites de millions de salariés" .

Estimant que "c'est un sacré gâchis, et que l'on aurait pu éviter tout cela" , le président de la CFTC, Jacques Voisin, a indiqué au Monde que "si 50 % des Français ont travaillé, c'est qu'ils ont été contraints de le faire" .

La FSU, quant à elle, a qualifié la journée de "fiasco" . Avec moins de 50 % des élèves présents dans le primaire et 10 % dans le secondaire, selon la FSU, et des chiffres de grévistes oscillant entre 20 % et 50 %, selon les sources, syndicales ou ministérielle, l'éducation nationale n'a pas offert le visage d'un jour travaillé ordinaire.

Dans les transports, le ministre, Gilles de Robien, a jugé "la situation globalement très bonne" , en dépit de mouvements de grève suivis dans les transports urbains en province, le trafic ayant été paralysé dans 27 villes. De nombreux appels à la grève avaient été lancés dans les secteurs public et privé, avec des sorts divers.

Pour clore la journée, le député Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG, Val-de-Marne) a rappelé que, selon le code du travail, le lundi de Pentecôte restait un jour férié et que de nombreuses conventions collectives prévoyaient dans ce cas "une majoration du salaire qui atteignait souvent 100 %".

 

 

puce_little_metal_01La France solidaire divisée

24 Heures (Suisse) le 17 mai 2005 Mathieu van Berchem

Une journée mi-figue, mi-raisin. La contestation de ce lundi travaillé n’a pas entraîné la pagaille redoutée malgré les appels à la grève. Les syndicats ont toutefois estimé que le gouvernement devrait tenir compte du mécontentement suscité par cette mesure «injuste».

En province, les actions de «désobéissance civile» étaient plus nombreuses que dans la capitale. A Marseille, les protestations ont rassemblé plus de 1000 personnes.afp
Le Gouvernement français considère avoir échappé à la pagaille annoncée pour la première «journée de solidarité». Mais la confusion a marqué le lundi de Pentecôte désormais travaillé, qui a fait figure de test social. Les multiples appels à la grève lancés par les syndicats hostiles à cette «corvée» et les actions de «désobéissance civile» se sont accompagnés de situations très contrastées selon les secteurs et les régions.

«Ce n'est pas très motivant de bosser quand la moitié de la France chôme.» Vérification faite hier à la Défense, où se pressent, les jours normaux, plus de 150 000 salariés, Jean-Pierre Raffarin a bien inventé le jour mi-férié. «La moitié des fournisseurs et des clients sont en congé, constate Myriam, employée dans une agence de voyages d'affaires. Le matin, elle a préparé un pique-nique pour ses enfants: la cantine de l'école est en grève; l'après-midi, son mari ira les chercher, le centre de loisirs fermant ses portes. Pas facile d'organiser sa journée de «solidarité». Le parvis de la Défense est à moitié vide, témoignent les habitués, qui, tout en courant vers le métro, protestent mollement contre cette mesure. «Je respecte la loi, mais elle me coûte cher et rapporte peu», déplore David, le patron britannique d'une école de langue. Sa clientèle rare - la moitié des cours ont été annulés - ne compense pas la taxe de 0,3% de la masse salariale imposée par le gouvernement et les charges sociales supplémentaires.

Transports paralysés

C'est bien le problème. Si une France trime et l'autre chôme, si les Français n'ont pas le sentiment que l'effort est partagé, la règle du lundi de Pentecôte solidaire aura du mal à s'enraciner. Hier dans plusieurs villes de province, les transports étaient en bonne partie paralysés. 22% des enseignants ont fait grève. Les services publics, mais aussi de nombreuses grandes entreprises fonctionnaient au ralenti. Rue de Rennes, au cœur du Paris commerçant de la rive gauche, les deux tiers des boutiques n'avaient pas ouvert leurs portes. Devant la Fnac, quelques employés couvraient l'entrée d'affichettes dénonçant l'«arnaque» de Pentecôte. «Le gouvernement aurait mieux fait de ne pas baisser l'impôt sur le revenu», lance une gréviste.

Fallait-il imposer cette journée de solidarité, ce retour à la corvée, comme l'appelle le Collectif des «Amis du lundi», pour répondre aux besoins des personnes âgées dépendantes et des handicapés? Ce soir sur France 2, le premier ministre dressera un premier bilan de cette mesure. Mais déjà, de nombreux responsables politiques proposent des solutions alternatives. Les uns suggérant de laisser, au maximum, le choix pour le jour de congé supprimé; les autres, au Parti socialiste notamment, demandant une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG). «En France, les déficits en matière de maisons de retraite sont tels que c'est une toute semaine de solidarité qui serait nécessaire», affirme Eric Théry, délégué pour l'Isère de l'Association des directeurs d'établissements d'hébergement pour personnes âgées. «Or, s'étonne M. Théry, si M. Raffarin nous promet 1,2 milliard d'euros grâce à cette journée, le budget 2005 ne garantit que 80 millions supplémentaires pour les maisons de retraite.» Des chiffres qui seront regardés de près par tous les détracteurs de ce lundi travaillé.
 

 

 

puce_little_metal_01Raffarin satisfait de la non-paralysie générale.

Liberation - mardi 17 mai 2005 - Eric AESCHIMANN et Alain AUFFRAY

Soulagement à Matignon.
L'absence de grève à la SNCF a permis d'éviter la catastrophe.

«Au moins, la France n'est pas bloquée.» Tel était hier après-midi le premier état des lieux que l'entourage du chef du gouvernement dressait de ce lundi de Pentecôte travaillé. Pas autosatisfait, mais déjà un gros soupir de soulagement. Ce soir, lors de l'émission Questions ouvertes, sur France 2, Jean-Pierre Raffarin tirera un bilan de cette journée.

Mais, déjà, son camp s'est employé à transformer la non-paralysie générale en grande victoire. Hier, l'UMP a dit «merci aux trois quarts des Français» qui ont bien voulu «s'associer à la journée de solidarité». «Les Français ont répondu présents à l'appel de la générosité», a renchéri Bernard Accoyer, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

Le pont. Et tant pis pour les écoles vides, les bus des grandes villes restés au dépôt, les administrations à demi ouvertes. Dans cette affaire, Jean-Pierre Raffarin, qui est avant tout un homme de communication, avait tout misé sur l'image. La France bloquée, ce sont des images de quais de gare bondés avec des voyageurs en colère. Pour se prémunir contre ce scénario-catastrophe, la SNCF a accepté que, pour les cheminots, le lundi de Pentecôte reste un jour férié ­ en échange, ils devront travailler une minute de plus par jour. Quant à la RATP, elle a versé une prime de près de 100 euros à ses salariés présents. Vue de Matignon, cette journée aura donc plutôt ressemblé à un paisible... «vendredi du pont de l'Ascension» ! Raffarin estime avoir fait la démonstration que, dixit un proche, «la majorité des Français est prête à travailler plus pour ne pas avoir à payer plus d'impôts». Quant à ceux qui ont râlé ou fait grève, Matignon note que «beaucoup disent que ce sont des égoïstes...».

«Inéquitable». Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a répliqué que les Français n'ont pas de «leçons de solidarité» à recevoir d'un gouvernement qui a adopté des mesures «restreignant les droits et les montants des retraites pour des millions de salariés». La journée de solidarité ne «marche pas» et «il faut trouver autre chose», martelait hier Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Pour la FSU, il faut oublier «cette mesure profondément inéquitable, supportée presque exclusivement par les salariés». La secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Marie-Anne Montchamp, a répondu qu'il était «tout à fait envisageable» de «repositionner le jour» de solidarité ou de «laisser le libre choix» aux Français une fois que la commission d'évaluation mise en place par le gouvernement aura rendu son rapport. Un rapport qui prend des allures d'enterrement.

 

 

puce_little_metal_01Un texte mal ficelé

L’Humanité, 17/05/2005

Les conditions de rémunération des salariés travaillant ce lundi de Pentecôte pourraient donner lieu à contestation juridique, car celui-ci demeure un jour férié en vertu du Code du travail. En principe, la loi instaurant la « journée de solidarité » destinée à financer l’aide aux personnes âgées et handicapées dépendantes, et qui doit rapporter deux milliards d’euros, impose aux salariés un jour de travail sans rémunération supplémentaire ni compensation, et aux entreprises une contribution financière de 0,3 % de la masse salariale. Mais selon l’article L 222-1 du Code du travail, qui n’a pas été modifié, le lundi de Pentecôte demeure un jour férié : or nombre de conventions collectives prévoient, lorsqu’un jour férié est travaillé, le paiement d’un salaire majoré. Les salariés dans ce cas seront en droit de réclamer leur dû aux prud’hommes.

 

 

puce_little_metal_01Un lundi de Pentecôte en demi-teinte

NOUVELOBS.COM | 17.05.05 | 09:02

Le gouvernement estime que la "pagaille" n'a pas été au rendez-vous pour la première journée de "solidarité". François Hollande parle, lui, de "lundi d'échec".

Trafic paralysé dans plusieurs villes, mais normal ailleurs, écoles fermées par endroits, entreprises tournant au ralenti... la journée de "solidarité" a connu des fortunes diverses pour le premier lundi de Pentecôte travaillé, avec des perturbations plus marquées en province.
Le gouvernement s'est félicité que la "pagaille" n'ait pas été au rendez-vous pour cette journée, instaurée par Jean-Pierre Raffarin par solidarité avec les personnes âgées et handicapées, dont l'impopularité n'a fait que croître auprès des Français à deux semaines du référendum sur la Constitution européenne.

Un "lundi d'échec"

A l'opposé, le premier secrétaire du PS François Hollande a parlé d'un "lundi d'échec". "L'engagement que je peux prendre pour 2007, en cas d'alternance, c'est que le jour férié de la Pentecôte sera rétabli et qu'un financement durable de la grande dépendance sera prévu", a-t-il dit.
Les syndicats ont qualifié la journée de "fiasco", voire de "provocation" au moment où la grogne sociale, notamment sur les salaires, s'est amplifiée ces derniers mois.
Sur le terrain, la province a été plus touchée que la capitale. Publicité
 

De l'aveu même du patronat du secteur, la grève dans les transports urbains, a été "assez suivie". Le trafic a été totalement paralysé dans 27 villes, dont Clermont-Ferrand, Lille, Montpellier ou Strasbourg.
Mais d'autres villes n'ont pas connu de perturbations, notamment dans le métro parisien, où les salariés de la RATP présents touchaient une prime de près de 100 euros.
Le ministre des Transports Gilles de Robien a jugé lundi "la situation globalement très bonne" dans les transports, avec notamment un trafic à la SNCF - où aucun préavis n'avait été déposé - supérieur à la normale... pour permettre aux voyageurs de rentrer de leur week-end ce lundi.
Même satisfecit à Matignon où l'on jugeait l'activité du pays "comparable" à un vendredi du pont de l'Ascension.
"Il y a des salariés qui font le pont, d'autres pas, il y a des écoles qui ferment, d'autres pas (..), les gens ont anticipé sur les fermetures programmées. Il n'y a pas de pagaille", déclarait-on dans l'entourage du Premier ministre.
De fait, aucune scène de chaos n'a été constatée, nombre de personnes ayant anticipé en prenant une journée de RTT ou de congé.
Mais les écoles ont souvent offert un spectacle de cours de récréation désertes et de classes vides : "y'a pas grand monde qui s'est réveillé", lançait une institutrice du Pas-de-Calais.

L'école buissonnière

La conjugaison de la grève annoncée des enseignants (suivie à 22% selon le ministère, jusqu'à 50% pour les syndicats), de l'appel de la FCPE à ne pas envoyer les enfants en classe, des perturbations dans les transports, des fermetures d'écoles ou d'absence de cantine explique que la plupart des élèves aient fait l'école buissonnière.
Au total, plusieurs centaines d'appels à la grève avaient été lancés dans le public (Fonction publique, La Poste, EDF...) et le privé (agroalimentaire, métallurgie, construction).
Ainsi à l'arsenal de Cherbourg (Manche), le taux d'absentéisme était de 70% et de 30% à la Cogéma-La Hague.
Les grands musées nationaux, comme Le Louvre, n'ont pas été épargnés.
En dépit de ces absences -55% des Français avaient annoncé leur intention de ne pas se rendre au travail-, la journée de solidarité a entraîné une baisse de la fréquentation touristique.
Le patron d'un restaurant chic de La Baule (Loire-Atlantique), n'a pas hésité à parler de "catastrophe économique", avec une chute de fréquentation évaluée à "au moins 50%".
La célèbre feria de Nîmes a elle aussi pâti. "Amputer un jour férié comme la Pentecôte, pour toutes les villes touristiques, c'était la plus grosse erreur qui pouvait être faite. Elle a été faite et c'est lamentable", a asséné le maire UMP Jean-Paul Fournier, qui "demande au gouvernement de revoir au plus vite sa copie... en tenant compte des élus locaux, en contact avec la France d'en bas".
En Guadeloupe, la journée semble avoir été très peu suivie. L'ensemble des banques et la plupart des commerces et entreprises étaient fermées. Des enseignants, mais pas leurs élèves, étaient présents durant les première heures de la matinée de lundi dans plusieurs écoles primaires ou maternelles de Pointe-à-Pitre. Aucun estimation du nombre de grévistes dans la fonction publique n'était cependant disponible lundi à la mi-journée (heure locale).

Un lundi festif

De leur côté, les syndicats, soucieux de garder une dimension festive à leurs manifestations en ce lundi de Pentecôte d'un nouveau genre, avaient appelé à des pique-nique en famille, parties de pêche et autres repas champêtres "revendicatifs".
Des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes, notamment à Marseille, où entre 1.300 et 5.000 ont défilé derrière une banderole "le travail gratuit c'est l'anti-solidarité".
La "journée de solidarité", arrêtée par le gouvernement au lendemain de la canicule de l'été 2003 (15.000 morts), devait permettre de dégager deux milliards d'euros par an.
Les syndicats la jugent injuste - car elle met à contribution essentiellement les salariés - et insuffisante aux regards des besoins.
Au passage, Bernard Thibault (CGT) a reproché au gouvernement de donner "des leçons de solidarité" aux Français, alors qu'il a "restreint les retraites de millions de salariés". La FSU a qualifié la journée de "fiasco", qui confirme "qu'on ne construit pas la solidarité sur l'injustice".
Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT) ont appelé le gouvernement à revenir sur une loi "profondément inéquitable".
Un rapport d'évaluation, piloté par le député UMP Jean Leonetti, doit être remis au gouvernement d'ici à l'été.

 

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte: journée de "solidarité" à géométrie variable en France

AFP 17 mai 2005 - 10:02

Trafic paralysé dans plusieurs villes, mais normal ailleurs, écoles fermées par endroits, entreprises tournant au ralenti... la journée de solidarité a connu des fortunes diverses pour le premier lundi de Pentecôte travaillé, avec des perturbations plus marquées en province.

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin devrait faire le point ce mardi soir sur France 2 sur cette mesure qu'il a décidée après la canicule meurtrière de l'été 2003 et qui a suscité un déluge de critiques, y compris au sein de son camp.

Le gouvernement s'est félicité que la "pagaille" n'ait pas été au rendez-vous pour cette journée. A l'opposé, le premier secrétaire du PS François Hollande a parlé d'un "lundi d'échec". "L'engagement que je peux prendre pour 2007, en cas d'alternance, c'est que le jour férié de la Pentecôte sera rétabli et qu'un financement durable de la grande dépendance sera prévu", a-t-il dit.

Les syndicats ont qualifié la journée de "fiasco", voire de "provocation" au moment où la grogne sociale, notamment sur les salaires, s'est amplifiée ces derniers mois.

Sur le terrain, la province a été plus touchée que la capitale. De l'aveu même du patronat du secteur, la grève dans les transports urbains, a été "assez suivie". Le trafic a été totalement paralysé dans vingt-sept villes, dont Clermont-Ferrand, Lille, Montpellier ou Strasbourg.

Mais d'autres villes n'ont pas connu de perturbations, notamment dans le métro parisien, où les salariés de la RATP présents touchaient une prime de près de 100 euros.

Le ministre des Transports Gilles de Robien a jugé lundi "la situation globalement très bonne" dans les transports, avec notamment un trafic à la SNCF - où aucun préavis n'avait été déposé - supérieur à la normale... pour permettre aux voyageurs de rentrer de leur week-end ce lundi.

Même satisfecit à Matignon où l'on jugeait l'activité du pays "comparable" à un vendredi du pont de l'Ascension. "Il y a des salariés qui font le pont, d'autres pas, il y a des écoles qui ferment, d'autres pas (..), les gens ont anticipé sur les fermetures programmées. Il n'y a pas de pagaille", déclarait-on dans l'entourage du Premier ministre.

De fait, aucune scène de chaos n'a été constatée, nombre de personnes ayant anticipé en prenant une journée de RTT ou un congé classique.

Mais les écoles ont souvent offert un spectacle de cours de récréation désertes et de classes vides : "y'a pas grand monde qui s'est réveillé", lançait une institutrice du Pas-de-Calais.

La conjugaison de la grève annoncée des enseignants (suivie à 22% selon le ministère, jusqu'à 50% pour les syndicats), de l'appel de la FCPE à ne pas envoyer les enfants en classe, des perturbations dans les transports, des fermetures d'écoles ou d'absence de cantine explique que la plupart des élèves aient fait l'école buissonnière.

Au total, plusieurs centaines d'appels à la grève avaient été lancés dans le public (Fonction publique, La Poste, EDF...) et le privé (agroalimentaire, métallurgie, construction).

Ainsi à l'arsenal de Cherbourg (Manche), le taux d'absentéisme était de 70% et de 30% à la Cogéma-La Hague.

Les grands musées nationaux, comme Le Louvre, n'ont pas été épargnés.

En dépit de ces absences -55% des Français avaient déclaré à l'avance qu'ils n'iraient pas travailler ce lundi-, la journée de solidarité a entraîné une baisse de la fréquentation touristique.

Le patron d'un restaurant chic de La Baule (Loire-Atlantique), n'a pas hésité à parler de "catastrophe économique", avec une chute de fréquentation évaluée à "au moins 50%".

La célèbre feria de Nîmes a elle aussi pâti. "Amputer un jour férié comme la Pentecôte, pour toutes les villes touristiques, c'était la plus grosse erreur qui pouvait être faite. Elle a été faite et c'est lamentable", a asséné le maire UMP Jean-Paul Fournier, qui "demande au gouvernement de revoir au plus vite sa copie... en tenant compte des élus locaux, en contact avec la France d'en bas".

De leur côté, les syndicats, soucieux de garder une dimension festive à leurs manifestations en ce lundi de Pentecôte d'un nouveau genre, avaient appelé à des pique-nique en famille, parties de pêche et autres repas champêtres "revendicatifs".

Des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes, notamment à Marseille, où entre 1.300 et 5.000 ont manifesté derrière une banderole "le travail gratuit c'est l'anti-solidarité".

La "journée de solidarité", arrêtée par le gouvernement au lendemain de la canicule de l'été 2003 (15.000 morts), devait permettre de dégager deux milliards d'euros par an.

Les syndicats la jugent injuste - car elle met à contribution essentiellement les salariés - et insuffisante aux regards des besoins.

Au passage, Bernard Thibault (CGT) a reproché au gouvernement de donner "des leçons de solidarité" aux Français, alors qu'il a "restreint les retraites de millions de salariés". La FSU a qualifié la journée de "fiasco", qui confirme "qu'on ne construit pas la solidarité sur l'injustice".

Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT) ont appelé le gouvernement à revenir sur une loi "profondément inéquitable".

Un rapport d'évaluation, piloté par le député UMP Jean Leonetti, doit être remis au gouvernement d'ici à l'été. Les députés de la majorité penchent pour d'autres formules, comme une journée de RTT ou le raccourcissement des vacances de la Toussaint.

 

 

 

puce_little_metal_01Les pèlerins fidèles à Chartres

Le Figaro - 17 mai 2005

Cette année encore, comme chaque week-end de Pentecôte, les pèlerins catholiques fidèles au rite traditionnel se sont pressés sur les routes joignant Paris à Chartres entre samedi matin et hier soir. Qu'il s'agisse du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté dans le sens Paris-Chartres – en communion avec l'Église – ou du «pèlerinage de tradition», qui a célébré la messe hier après-midi dans le square situé en contrebas de la basilique du Sacré-Coeur à Paris, tous deux affirment avec fierté ne pas avoir constaté de défection particulière dans leurs rangs. Malgré la suppression du jour férié, ils ont été un peu plus de dix mille à marcher sac au dos.

 

 

 

puce_little_metal_01Une drôle de journée sur le pont

Le Figaro, 17 mai 2005

Des bureaux, des écoles et des transports ni tout à fait pleins ni tout à fait vides : récit d'un jour peu ordinaire

Ce fut une étrange journée. Ni vraiment férié, ni tout à fait travaillé, le premier lundi de Pentecôte consacré à la solidarité a donné lieu hier à des situations très contrastées. Magasins fermés et trottoirs dépeuplés dans certains arrondissements parisiens, mais affluence de semaine dans les couloirs du métro de la capitale. A Paris, un trafic ferroviaire normal mais une véritable cacophonie en province – où des préavis de grève avaient été déposés dans 89 villes. Appelés à travailler, contraints de rester auprès de leurs enfants ou en congé pour éviter «la galère dans les transports en commun», les Français se sont donc adaptés à cette journée particulière, conçue pour financer la dépendance des personnes âgées et handicapées. «J'étais bien obligée de prendre une RTT pour garder mon fils, maugrée une passante parisienne. Sa crèche est en grève!» Des écoles fermées ici, ouvertes là mais désertées par les élèves... L'Education nationale – 22% d'enseignants grévistes, selon le ministère, et un fort absentéisme chez les jeunes – a hier boudé la solidarité. «On se croirait à l'extrême fin de l'année, lorsqu'une bonne partie de la classe est déjà partie en vacances et qu'on peut enfin travailler dans le calme, remarque une institutrice parisienne en contemplant, songeuse, sa classe à moitié vide. C'est un peu ridicule mais pas désagréable.» Par endroits, la journée de solidarité a pris un air du dimanche. Ainsi dans les gares parisiennes aux quais clairsemés et aux guichetiers peu sollicités. «La solidarité, c'est comme le civisme ou le respect, philosophe un homme en costume-cravate, en retard, à la gare Saint-Lazare. Ça se construit, on ne la décrète pas.» Dans les commerces qui s'alignent en sous-sol de la gare de Lyon, l'humeur est plutôt maussade. «Ce lundi se passe vraiment mal, s'agace Ana, dans une boutique de vêtements pour enfants. Les employés de bureau, qui constituent habituellement l'essentiel de notre clientèle, ne sont pas au rendez-vous.» A Lille, au contraire, «on n'a jamais eu autant de monde, se réjouit le patron d'une brasserie du centre-ville, où tous les magasins sont ouverts. A nos clients habituels qui travaillent sont venus s'ajouter ceux qui sont en congé». A Marseille, où la mairie UMP avait donné un jour de RTT aux employés municipaux, une manifestation a réuni un millier de personnes contre le «travail gratuit». Comme à Toulouse, Bordeaux ou Clermont-Ferrand. Tant bien que mal, toutefois, l'administration a fonctionné. «La direction nous a envoyé un mail détaillant quatre possibilités: venir travailler, faire grève, poser un jour de RTT ou de congé, raconte une employée de la préfecture, à Rennes, seule à l'accueil. Mes trois collègues ont pris une journée de récupération. Pourtant, ce matin, plus de 65personnes sont venues chercher des renseignements.» A La Poste, les bureaux sont restés ouverts un peu partout mais la distribution du courrier a été fortement perturbée avec plus d'un agent sur trois en grève. Peu de visiteurs au Mont-Saint-Michel et «pas un chat» à La Baule : les professionnels du tourisme ont grogné. Il est vrai que la météo n'y a pas mis du sien... Ce fut encore un lundi de travail ordinaire à l'Assemblée nationale ou dans les tribunaux, un jour particulier avec des musées nationaux à moitié ouverts mais aussi une belle journée de printemps, à Lyon, où le tournoi de boules fut un succès.
Service société (avec nos correspondants)

Les écoles diversement boudées
Le fonctionnement des établissements scolaires a été perturbé de façon «extrêmement hétérogène», selon plusieurs rectorats. Dans l'académie de Paris, certains établissements ne comptaient pas un seul absent alors que d'autres – parfois voisins – étaient quasiment vides. Selon le ministère de l'Education nationale, qui «juge de façon globalement satisfaisante la participation à la journée de solidarité», environ 50% des élèves étaient en cours et le taux d'enseignants grévistes se chiffrait de 19 à 24% selon les cycles. A l'inverse, le Snes-FSU, principal syndicat du second degré, faisait état de 20 à 50% d'enseignants grévistes. Seulement 10% à 15% des collégiens et lycéens sont allés en classe, a ajouté le syndicat, en demandant au gouvernement d'en «tenir compte et de revoir sa copie pour 2006».


Deux jeunes filles se morfondaient hier matin, assises devant le lycée Paul-Bert, à Paris (XIVe) : «La prof d'histoire fait grève mais elle n'a pas prévenu les élèves. C'est vache ! Nous sommes venues pour rien.» Alexandre et Yannick, élèves de seconde, ont trouvé «bizarre» de se lever ce matin alors que leurs parents faisaient la grasse matinée : «C'est le monde à l'envers !» De son côté, Eve, jeune maman de Florent, 7 ans, scolarisé dans le XVIIIe arrondissement, a demandé à son fils s'il souhaitait venir : «Il m'a répondu oui, alors je l'ai amené, même si moi je prends ma journée.» Les situations sont variables selon les régions. A Marseille, environ un tiers des personnels étaient en grève et près de 70% des élèves ne sont pas allés en cours : «J'ai décidé de venir travailler car en me mettant en grève je perdais une journée de salaire. Mais je n'ai que trois élèves dans ma classe», expliquait Florence, institutrice dans une école du XIIe arrondissement.


Dans l'académie de Lyon, le mot d'ordre de grève a été suivi dans les établissements par 40% des enseignants, tous niveaux confondus. Aucun incident en revanche pour ce qui est du passage des examens, qui concernaient hier un millier de candidats. «Je me devais d'être ici aujourd'hui, pour mes élèves. C'est une option très importante pour eux, il n'était pas question d'annuler l'épreuve», explique Marie-Christine, qui a fait passer dans un lycée lyonnais les épreuves de bureautique à ses terminales.


A l'école publique Liberté, à Rennes, la garde des enfants était assurée seulement le matin et les parents devaient prévoir un pique-nique. «La direction a quasiment découragé les parents d'envoyer leurs enfants à l'école. J'ai préféré garder les miens à la maison», témoigne une mère de famille. En Alsace, la plupart des familles ont opté pour le maintien du lundi de Pentecôte. Dans le Bas-Rhin, moins d'un tiers des élèves, collégiens et lycéens de l'enseignement public, se sont rendus hier en classe. Ils étaient 50% environ dans le Haut-Rhin.

Les transports perturbés
Paralysie à Bordeaux ou à Clermont-Ferrand, fortes perturbations dans les bus de Toulouse et les tramways de Montpellier, retards au départ de Roissy et d'Orly : c'est sur le front des transports que la première journée de solidarité a connu ses principaux ratés.


A l'exception notable de la région parisienne, où le trafic était quasiment normal – la présidente de la RATP, Anne-Marie Idrac, avait, il est vrai, prévu une prime exceptionnelle pour ses agents –, les appels à la grève ont dans l'ensemble été «assez suivis», selon les pointages réalisés hier par l'organisation patronale UTP (Union des transports publics). En fin de matinée, le trafic était ainsi «paralysé» dans 27 villes, dont Calais, Dijon, Lille ou encore Strasbourg. A Rennes, trois lignes fonctionnaient sur les trente lignes que compte le réseau. A Marseille, seuls seize autobus et quatre rames d'une des deux lignes du métro ont assuré leur service : les syndicats CGT, FO, CFTC, Unsa, SL et SUP y avaient en effet déposé un préavis de grève de 24 heures pour, officiellement, réclamer une revalorisation des salaires et une amélioration des conditions de travail. Dans les airs, la situation a également été perturbée par une grève des contrôleurs aériens qui, dans les aéroports parisiens, a entraîné des retards variant de quinze minutes à une heure et demie.


Bémol à ces perturbations, les métros de Toulouse, Lyon, Nancy et Caen ont circulé avec une régularité d'environ 80% tandis qu'à Orléans le trafic des tramways était dans l'ensemble normal. Par ailleurs, le ministre des Transports s'est félicité, hier, de voir le trafic SNCF assuré, «comme annoncé», à un rythme supérieur à la normale. Enfin, dans la capitale et sa banlieue, seules de légères perturbations ont été enregistrées sur les lignes A et B du RER – où l'interconnexion avec la SNCF étant cependant interrompue à la station Gare du Nord.

Les entreprises au ralenti
Entre les salariés en grève, ceux qui ont pris une journée de RTT et ceux qui se sont résolus à travailler, l'activité a finalement tourné au ralenti dans les entreprises. On a certes vu «des personnes se mettre en grève pour la première fois de leur vie dans des PME», selon Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC, le syndicat chrétien à la pointe de la contestation de la mesure. Mais à en croire la confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), le phénomène est resté anecdotique. «Dans nos PME, tout le monde travaille et fait son devoir de solidarité», assure Jean-François Roubaud, président de ce syndicat patronal. Ce que déplore avec force Jacques Voisin, le président de la CFTC : «C'est seulement dans les PME-PMI, là où rien n'a été prévu pour trouver une solution négociée, que les salariés travaillent, parce qu'ils y sont contraints».


De fait, les grandes entreprises n'ont, dans leur majorité, pas été désorganisées outre mesure par de ce lundi de Pentecôte dont elles avaient largement anticipé le déroulement. Entre celles ayant décidé de l'offrir, celles ayant respecté la loi au pied de la lettre et celles ayant subi des mouvements de grève, elle ont plutôt bien résisté au chaos annoncé.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que la suppression du lundi de Pentecôte férié était une mesure favorable aux entreprises. «Entre les bénéfices recueillis par les entreprises qui feraient travailler leurs salariés un jour de plus et ce qu'elles sont amenées à reverser dans les caisses de l'Etat, il y a une différence qu'elles gardent à leur compte», a affirmé le secrétaire général de la CGT.

 

 

puce_little_metal_01Après le lundi de Pentecôte, le soulagement de Raffarin

Le Figaro -17 mai 2005 - Bruno Jeudy

Ni un lundi comme un autre ni la pagaille annoncée. Ce premier lundi de Pentecôte travaillé n'aura donc pas généré la montagne de difficultés prédites, depuis plusieurs jours, par bon nombre de responsables syndicaux et politiques. Le premier ministre a poussé un ouf de soulagement en ouvrant, hier matin, la rituelle réunion des principaux ministres de son gouvernement. Pour sa reprise, après son opération à la vésicule biliaire, Jean-Pierre Raffarin affiche même un léger sourire au moment d'attaquer sa première journée de travail. Certain que près de deux tiers des Français sont au travail, eux aussi, et qu'ils n'ont donc pas boycotté la mise en place de «sa» journée de solidarité avec les personnes âgées et handicapées.

«La situation est comparable à celle d'un vendredi de l'Ascension, résume-t-on à Matignon. Il y a des salariés qui font le pont, d'autres pas. Il y a des écoles qui ferment, d'autres pas. La situation est conforme à nos prévisions.»

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, tire très vite un premier bilan: «Zéro problème à la SNCF et à la RATP, peu de difficultés dans le transport aérien et des écoles majoritairement ouvertes. On est loin de la situation apocalyptique annoncée.» Son collègue Dominique Bussereau n'est pas loin d'évoquer un succès: «Ceux qui avaient prédit une France bloquée, une France soixante-huitarde, en sont pour leurs frais. Les Français ont joué la carte de la solidarité et de la générosité.» Une position battue en brèche par le premier secrétaire du PS, François Hollande. Pour lui, la journée s'est déroulée «comme un lundi d'échec». «Le gouvernement de Raffarin devrait [en] convenir et supprimer la mesure», explique-t-il aujourd'hui dans France Soir.

Avec 15% de grévistes en moyenne dans le secteur public, dont 22% d'enseignants et 30% de postiers, le mouvement de mécontentement est loin d'être négligeable. Les chiffres sont même assez élevés dans certaines administrations. Notamment l'Emploi et le Travail et le ministère des Finances. «La mobilisation est moyenne», dit Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique. Tout en reconnaissant que beaucoup de fonctionnaires ont préféré poser une journée de RTT pour ne pas travailler plutôt que perdre un trentième de leur salaire en faisant grève.

En fait, si le pays n'a pas connu de réelle paralysie, la confusion a régné dans certaines grandes villes de province. Peu ou pas de transports en commun à Marseille, Toulouse, Bordeaux et Lille. De nombreuses écoles fermées à Lyon, où le taux de grévistes a atteint 40%.

Un peu partout, les gens ont pris les devants: soit en n'envoyant pas leurs enfants à l'école faute de cantines ouvertes ou de transports scolaires; soit en prolongeant carrément leur week-end. De nombreuses entreprises avaient d'ailleurs «offert» cette journée de solidarité à leurs salariés.

Les Français travailleront-ils à la Pentecôte en 2006? A Matignon, on reste flou. Renvoyant la réponse au rapport que publiera, d'ici à l'été, le comité de suivi présidé par le député UMP Jean Leonetti. Les élus de la majorité penchent pour d'autres formules (journée de RTT, raccourcissement des vacances de la Toussaint...). En attendant, Jean-Pierre Raffarin peut se targuer de ne pas avoir cédé malgré le peu de soutien dans son propre camp. «Dans un pays qui comptera 7 millions d'octogénaires en 2030, Jean-Pierre Raffarin aura été le premier à s'être emparé du dossier du grand âge en France», constate Renaud Dutreil.

Raffarin est pressé de tourner la page de ce dossier qui l'a fait une nouvelle fois chuter dans les sondages. Malgré une légère remontée du non (lire p. 6), un conseiller du chef du gouvernement fait le pari que, «le 29 mai, les Français auront oublié la Pentecôte». Mais, en cas de victoire du non, ses amis du camp du oui sauront le lui rappeler.