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La presse du 1er au 7 mai 2005

puce_little_metal_01La publicité et le lundi de la Pentecôte

L’humanité, 7 mai 2005-Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

Le gouvernement a décidé cette semaine d’une campagne de communication publicitaire dans la presse écrite, pour faire accepter la journée de travail supplémentaire du lundi de la Pentecôte. Malgré nos graves difficultés financières et une certaine discrimination en matière publicitaire qui nous frappe, nous avons pris la difficile décision de ne pas publier ces encarts dans l’Humanité. En d’autres occasions, il nous est arrivé de publier des publicités gouvernementales en contradiction avec nos orientations éditoriales. Nous l’avons fait lorsque nous avons considéré qu’elles participaient de la confrontation démocratique. De surcroît, les lectrices et lecteurs de l’Humanité financent malgré eux, comme contribuables, ces dépenses publicitaires. Il est anormal que leur journal soit privé des ressources financières qu’elles procurent.

Mais cette fois il s’agit pour nous d’une question morale et éthique. Si le pouvoir cherche vraiment de l’argent pour faire vivre la solidarité avec les personnes âgées et handicapées, qu’il commence par alimenter la caisse de solidarité qu’il vient de créer avec les sommes qu’il dépense dans cette communication gouvernementale. Faisons remarquer que le coût de cette campagne, selon plusieurs estimations, dépasse le million d’euros. Si on ajoute à cette somme les 800 000 euros de fonds publics qui financeront les 14 000 panneaux publicitaires pour faire accepter la constitution européenne (qui n’évoque même pas le principe des retraites), on approche les deux millions d’euros. Nous voulons mettre nos actes en conformité avec nos paroles. Voilà pourquoi nous demandons aux services d’information du premier ministre, le SIG, chargé de répartir les budgets de communication, d’utiliser les sommes qu’aurait dû percevoir l’Humanité (environ 40 000 euros) au titre de cette propagande, à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Notre geste s’ajoute ainsi aux 12 000 euros que l’État nous prélève autoritairement au titre de cette journée de Pentecôte, alors que la plupart des salariés de la presse travaillent toujours les jours fériés pour produire les journaux du lendemain. Plus fondamentalement, si le pouvoir manque d’imagination pour trouver 2 milliards d’euros au titre de cette solidarité, nous lui faisons deux suggestions. D’abord il pourrait trouver sans mal cette somme en rognant un peu sur les exonérations de cotisations sociales accordées au grand patronat qui s’élèvent à 17 milliards d’euros. D’autre part, il pourrait trouver au moins 25 fois la somme qu’il recherche s’il renonçait à diminuer l’impôt des plus riches et l’impôt sur les sociétés qui constituent aujourd’hui un manque à gagner de 50 milliards au budget de l’État. Bien évidemment le gouvernement connaît ces chiffres. Il a fait un autre choix : allonger la durée du travail ; culpabiliser les Françaises et les Français pour les ponctionner une fois de plus.

Nos lecteurs et nos amis comprendront le sens de notre démarche. Nous produisons un acte symbolique de solidarité avec les personnes âgées et handicapées. Nous dénonçons la méthode gouvernementale. Nous restons solidaires du mouvement social et syndical en lutte contre cette décision. Cependant, cela aura des conséquences pour notre journal. Cela constituera un nouveau manque à gagner pour les caisses de l’Humanité. Cela ne donne que plus d’importance à la nécessaire mobilisation autour de l’Humanité pour lui donner les moyens de vivre. La meilleure façon d’agir est d’amplifier la campagne d’abonnement-souscription de parrainage, qui permet de renforcer l’audience du journal et de combler une part de nos déficits. C’est aussi le moyen de faire face au matraquage politico-médiatique en faveur d’un modèle unique de société contenu dans la constitution ultralibérale. D’ailleurs, ceux qui se prêtent à cette propagande « oui-ouiste » ne rendent pas service à la crédibilité des médias. Élargir le nombre de lectrices et de lecteurs de l’Humanité, c’est permettre à de nouvelles personnes d’accéder à des points de vue différents, notamment ceux du mouvement progressiste qui appelle à refuser la constitution européenne, au nom d’une réorientation profonde de la construction de l’Europe.

Ces trois derniers mois, plus de 1 500 lectrices et lecteurs ont réalisé un abonnement-souscription de parrainage. Donnons de la force à nos idées. Amplifions cette démarche.

 

 

puce_little_metal_01Le Lundi de Pentecôte à fronts renversés

Le salon Beige, 7 mai 2005 - HV

La suppression du Lundi de Pentecôte est une mesure clairement socialiste.

D'abord par son anti-christianisme, rappelant celui du calendrier révolutionnaire : le gouvernement a montré, à chaque étape législative, son obsession que ce soit ce jour-là, et pas un autre, pas un quelconque jour de RTT, qui soit travaillé.

Ensuite parce que, sous couvert de solidarité, il augmente encore le taux de prélèvements obligatoires en France, déjà de 43,6% en 2004 pour une moyenne OCDE de 36,9% (source: rapport Marini.)

Or les seules voix pour cette mesure socialiste sont des voix "de droite" : alors que les "parents d'élèves" de la FCPE (gauche) défendent le lundi férié, ceux de la PEEP ("droite") soutiennent sa suppression. Autre signe de la confusion qui règne dans les esprits, ce blog libéral en vient, sinon à défendre la mesure, du moins à en critiquer le sabotage.
 

 

puce_little_metal_01Repos pour Goasguen

Valeurs Actuelles - 6 mai 2005

Repos pour Goasguen

Stupeur et consternation à Matignon après la lecture d’une note émanant du président du groupe UMP au Conseil de Paris, Claude Goasguen. Cette missive, datée du 14 avril, avertit les conseillers de Paris et d’arrondissement du groupe UMP : « La réunion plénière des membres de notre groupe se tiendra exceptionnellement, compte tenu du lundi de Pentecôte, le mardi 17 mai à 18 h 15. » Cherchez l’erreur, alors que Jean-Pierre Raffarin, qui a installé lundi la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), a toutes les peines du monde à imposer la création d’une Journée nationale de solidarité en faveur des personnes âgées, en lieu et place du lundi de Pentecôte ! Vous avez dit solidarité ?

 

La comparaison oubliée

Les adversaires de la Journée de solidarité avec les personnes âgées, qui doit rapporter 2 milliards d’euros à la nouvelle Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, rapprochent souvent ce chiffre au montant des baisses d’impôts sur le revenu. Mais ils oublient volontairement une autre comparaison : 2 milliards d’euros, c’est aussi le total des augmentations et primes consenties aux fonctionnaires par le gouvernement il y a quelques semaines.

 

puce_little_metal_01Le maire UMP de Nîmes regrette "l'entêtement" de JP Raffarin

France 3, 6/5/05 - Claude STEPHANE

Le maire (UMP) de Nîmes Jean-Paul Fournier regrette "l'entêtement" de Jean-Pierre Raffarin à maintenir le lundi de Pentecôte travaillé, jour traditionnel de la feria locale. "Je regrette l'entêtement de Jean-Pierre Raffarin à propos du lundi de Pentecôte travaillé. J'espère qu'il va changer d'avis", a déclaré M. Fournier à la presse. M. Fournier a précisé qu'il n'était pas opposé au principe de travailler un jour férié, décrété par le gouvernement journée de solidarité en faveur des personnes âgées, mais il aurait préféré que ce soit "un autre jour que la Pentecôte". La ville de Nîmes craint une forte baisse de la fréquentation de la feria qui attire chaque année un million de personnes sur cinq jours, dont 60% de visiteurs extérieurs au département du Gard. Selon la mairie, si les hôtels du centre ville affichent déjà complet, les réservations ont baissé de 50% par rapport à l'an passé aux alentours de Nîmes. Le jour de la feria de Pentecôte, la mairie distribuera à tous les aficionados des chapeaux rouge et vert entourés d'un bandeau portant l'inscription "lundi feria". Le département du Gard a décidé de fixer la journée de solidarité le lundi de Pâques, afin de préserver la feria.

 

 

puce_little_metal_01Bras de fer sur le lundi de Pentecôte à l'école

Le Figaro - [06 mai 2005] MEP

Les syndicats d'enseignants appellent à la grève, Fillon demande aux parents d'envoyer leurs enfants en classe

Qui ira, qui n'ira pas à l'école le lundi de Pentecôte ? L'image des classes à moitié vides des écoles du Gard ou du Territoire de Belfort, où les autorités locales avaient choisi d'organiser cette journée de solidarité le lundi de Pâques, trotte encore dans les esprits. La «journée de solidarité» instituée par le gouvernement s'annonce compliquée à mettre en oeuvre dans l'Education Nationale même si François Fillon a déclaré hier, devant les parents d'élèves de la PEEP (lire ci-dessous), qu'il ne croyait pas que cette journée entraînerait une «pagaille».

Rappelant que «chacun doit prendre ses responsabilités», le ministre a indiqué que la grande majorité des établissements scolaires devant être ouverts le lundi de Pentecôte, les parents devaient «envoyer les enfants à l'école». La situation sera cependant tendue puisque les principaux syndicats d'enseignants appellent à la grève le 16 mai.

Parallèlement, la FCPE, plus grosse fédération de parents d'élèves, a appelé les familles à ne pas envoyer leurs enfants à l'école. Le problème de leur accueil se pose en outre avec acuité. Dans certaines régions, le personnel chargé de s'occuper du transport scolaire ou de la cantine ne travaillera pas tout, à l'instar de certaines entreprises.

Par ailleurs, le Snep-FSU de l'Aveyron demande le report des épreuves optionnelles du bac organisées le lundi de Pentecôte. Un cas unique en France, assure-t-on au ministère de l'Education nationale. Cent trois élèves du Tarn et de l'Aveyron sont convoqués ce jour-là à Rodez pour passer des épreuves de rugby, tennis et danse. Marguerite Labit, la secrétaire départementale du Snes, dénonce une «provocation». Le rectorat précise de son côté que ces épreuves ont été organisées par les services des examens en tout début d'année 2005, «période où il n'y avait pas lieu de porter une attention particulière à cette journée».

Dans ce climat de grogne, les radicaux de la coordination lycéenne ont promis de reprendre la lutte contre la loi Fillon une fois les vacances de printemps terminées. Ici ou là, les actions ont repris mais elles restent très limitées. Comme à Villeneuve-d'Ascq (Nord), où 200 lycéens ont investi mardi la faculté de lettres de Lille-III pour tenter de rallier les étudiants ; à Sète (Hérault), lundi, un groupe a brièvement cadenassé l'entrée principale du lycée Paul-Valéry. Mais le bac approche et les lycéens de terminale ont déjà la tête dans les révisions...

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte : la route étroite

Le Figaro, [06 mai 2005] - Yves Messarovitch

Jean-Pierre Raffarin savait qu'il jouait gros sur le dossier de la journée de solidarité, imaginée après la canicule de l'été 2003. Résultat : le grand bazar du chacun pour soi.

La Pentecôte est rude, aurait pu dire un certain M. Raffarin. C'est peu de dire qu'au moment de sa mise en oeuvre, l'accueil que suscite cette journée de solidarité consacrée au financement de la vieillesse est glacial. A l'exact opposé de la terrible canicule de 2003, qui a déclenché cette malheureuse affaire. La désobéissance civile menace, puisqu'une partie des Français s'opposeront à la loi en faisant grève. Et l'incertitude plane sur l'enveloppe réelle que devrait dégager cette journée de Pentecôte travaillée : les 2 milliards d'euros promis seront-ils atteints ?

Lorsqu'au lendemain de l'été 2003, le gouvernement évoque la possibilité d'une journée travaillée gratuitement afin de financer des dépenses supplémentaires au profit des retraités et des handicapés, l'opinion publique acquiesce, fût-ce parfois mollement, à cette initiative. L'hécatombe (14 947 décès, selon l'Inserm) enregistrée cet été-là traumatise les Français. Va pour une journée travaillée. Mais laquelle ? Finalement l'idée fait son chemin. Ce sera, comme base de discussion, le lundi de Pentecôte, qui tombe cette année le 16 mai. Cependant, la loi ne prévoit en la matière qu'une contrainte molle. Dans le secteur privé, la date est négociable, comme dans le secteur des hôpitaux et des collectivités locales. Pour les fonctionnaires, en revanche, décision est prise de bloquer la Pentecôte. Renaud Dutreil, le ministre de la Fonction publique, peut affirmer, au lendemain du séminaire gouvernemental organisé le 28 avril, que «la fonction publique montrerait l'exemple», appelant à une solidarité «qui doit engager chacun d'entre nous en travaillant plus», et que le 16 mai, insiste-t-il, «l'Etat sera ouvert dans tous ses services et les fonctionnaires seront d'ailleurs motivés». Jean-Pierre Raffarin, qui joue gros sur ce dossier, a renchéri : «La journée de solidarité est un appel à la fraternité entre tous les Français. C'est un acte de générosité de la société pour elle-même et pour son avenir.» Fiasco, néanmoins : le lendemain, six fédérations de fonctionnaires, CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU et CFDT, ripostent et appellent à faire de ce 16 mai une journée de mobilisation «sous les formes les plus diverses, y compris la grève». Pour les familles, c'est le grand bazar. L'Education nationale sera théoriquement ouverte, mais les crèches risquent d'être fermées. Les accords d'entreprises privées sont tellement complexes qu'une circulaire de onze pages a dû être rédigée à l'intention des DRH. Dans les grandes entreprises publiques, c'est le chacun pour soi : EDF et GDF travailleront normalement, tandis que certains agents SNCF devront - belle précision - travailler 1 minute et 52 secondes de plus par jour...

S'il est tentant de mettre face à face ce mauvais spectacle démocratique et la réelle cacophonie qu'engendre l'application de la loi, demeure l'essentiel : l'opportunité de dégager une marge financière nouvelle pour aider au financement d'une population qui vieillit. C'est un secret de polichinelle : la structure actuelle des budgets sociaux deviendrait incapable de faire face aux nouveaux besoins si rien n'était entrepris. Un communiqué de Matignon rappelait en début de semaine cette équation simple : «La France compte actuellement 12 millions de personnes de 60 ans ou plus. Elles seront 17 millions en 2020», dont 2 millions âgées de plus de 85 ans.

Après la réforme des retraites, qui prévoit d'allonger progressivement la durée des cotisations, place donc à la nouvelle CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie), dont la création a été officialisée lundi 2 mai. Cette caisse sera la cinquième de la Sécurité sociale aux côtés des caisses vieillesse, maladie, famille et accidents du travail. Outre les moyens de l'Etat et de l'assurance-maladie déjà existants, et qui lui seront affectés (5,7 milliards d'euros au titre des crédits d'assurance-maladie aux personnes âgées, 6,6 milliards au titre des handicapés, 900 millions au titre de 0,1% de la CSG), c'est elle qui encaissera l'argent de cette journée non payée. Laquelle ne concernera pas que les salaires, mais aussi les revenus du patrimoine, à l'exception des intérêts perçus sur les livrets populaires (Livret A, LEP, etc.). Soit, pour ce qui concerne le travail, l'équivalent de 0,3% de la masse salariale (l'équivalent approximatif d'une journée ouvrée dans une année). Un calcul qui paraît bien théorique cependant : les 4,5 millions de fonctionnaires ne créant aucune valeur ajoutée réelle (leur rémunération provient, sauf exception, d'un prélèvement sur le PIB), l'Etat devra se livrer à un jeu d'écriture.

Admettons, toutefois, que le total rapporte bien 2 milliards d'euros. Philipe Douste-Blazy, le ministre de la Santé, a prévu d'affecter 1,2 milliard pour les personnes âgées, le solde revenant pour l'essentiel aux handicapés. Cela devrait permettre la construction d'une maison de retraite par département, la création de 12 000 postes d'infirmières et d'aides soignantes, et la possibilité de médicaliser 120 000 places dans les établissement spécialisés, sans oublier la création de 5 000 places de soins infirmiers à domicile.

Pour tenter d'y voir plus clair, chacun fait ses comptes personnels. Les plus «accros» aux jours fériés auront vite calculé que l'année 2005 est un bien mauvais millésime : car outre le lundi de Pentecôte, sont sacrifiés cette année les 1er et 8 mai, ainsi que Noël et le jour de l'an, tous tombant un dimanche. Une aubaine pour les employeurs, qui récupéreront à bon compte l'équivalent d'une semaine de travail supplémentaire, sauf à devoir travailler ce jour-là et payer les salaires au tarif double ! Quant aux grévistes, ils découvriront que ce 16 mai leur coûtera deux journées de salaire : non seulement ils ne bénéficient plus d'une journée chômée et rémunérée, mais en faisant grève, ils perdront une journée de salaire. Quant à défalquer plutôt une journée de RTT ou une journée de congé, il valait mieux oublier : le casse-tête était, paraît-il, plus insoluble encore que ce lundi de Pentecôte...

 

 

puce_little_metal_01Lundi de la Pentecôte : le bon exemple...

Lutte Ouvrière, 6 mai 2005

Le groupe UMP du Conseil municipal de Paris se réunit d’ordinaire le lundi.

Mais pour le lundi de la Pentecôte, le 16 mai, il vient de déplacer son jour habituel de réunion.

Il est vrai qu’il ne fait qu’imiter les députés de l’Assemblée nationale qui ne siégeront pas toute cette semaine-là.

Les uns et les autres donnent l’exemple et font la nique à Raffarin. Suivons leur exemple. Refuser de travailler le lundi de Pentecôte, ce sera un peu leur faire leur fête.
 

 

 

puce_little_metal_01France 3 en grève le 16

Imédias, 6/5

Les organisations syndicales SNRT-CGT et SNJ-CGT de France 3 ont lancé un appel à la grève de 24 heures pour la journée du lundi 16 mai 2005.

Le syndicat dénonce ainsi « la décision unilatérale d'imposer une journée de travail gratuite aux salariés » pour le lundi de Pentecôte. Le syndicat en profite pour revenir sur d'autres demandes et l'ouverture de négociations sur « la revalorisation du point d'indice au niveau de l'audiovisuel public, la requalification en CDI des salariés abusivement maintenus dans la précarité, le maintien des 35 heures et du nombre de jours fériés ».

 

 

 

puce_little_metal_01Comment travailler sans travailler le lundi de Pentecôte

LE MONDE | 06.05.05 | Caroline Monnot

Comment respecter la loi imposant la désormais fameuse "journée de solidarité en faveur des personnes âgées et dépendantes" , fixée au lundi de Pentecôte, tout en évitant la grogne sociale ? Jean-Louis Schneiter, le maire (divers droite) de Reims, vient de trouver une solution originale.

Confronté à trois préavis de grève déposés par la CGT, SUD et FO le 16 mai, M. Schneiter a décidé de maintenir la mairie ouverte, ce qui, formellement, conduit à la suppression du jour férié. Mais, dans le même temps, il accordera une journée de compensation exceptionnelle à son personnel le lundi de Pentecôte, sauf nécessité absolue de service. Cela, a-t-il expliqué aux syndicats mardi 3 mai, pour remercier les agents des efforts fournis en vue de la célébration, samedi 7 mai, du soixantième anniversaire de la reddition allemande à Reims.

 
"Le maire a rappelé qu'il était légaliste, mais qu'il n'était pas sûr que cette loi perdurerait" , relatent l'Ugict-CGT (encadrement), la CGT et FO dans leur tract commun. "C'est une journée de compensation en lieu et place du lundi de Pentecôte, à prendre éventuellement le lundi de Pentecôte" , s'amuse Karim Lakjaa, secrétaire général de SUD-mairie de Reims.

Pour certains syndicalistes, le caractère un peu ubuesque de cette proposition a une autre explication - ­ plus politique. "La solution proposée par le maire lui permet de ne pas désavouer le gouvernement au moment même où Jean-Pierre Raffarin vient à Reims pour les commémorations du 7 mai, tout en prenant acte de la grogne du personnel" , explique M. Lakjaa.

Interrogé mercredi par Le Monde, M. Schneiter a été ferme : "Moi, j'applique la loi. Nous sommes dans un pays de droit. Je ne veux pas de chienlit." Et de préciser : "Tout cela est d'une très grande simplicité. A partir du moment où la mairie est ouverte, et donc où j'ai un retrait des préavis de grève, j'applique cette journée de compensation exceptionnelle le lundi de Pentecôte."

Le maire et les syndicats doivent se revoir le 9 mai. La CGT et FO ont annoncé le retrait de leur préavis. Quant au syndicat SUD, qui indique être couvert par un préavis national, son tract diffusé mercredi invitait le personnel "à prendre sa journée de compensation le 16 mai" et "à venir manifester" avec les fonctionnaires et salariés "privés injustement" ... du lundi de Pentecôte.

 

 

puce_little_metal_01Sainte Eulalie : unanimité du Conseil Municipal pour refuser la suppression du lundi de Pentecôte

Sud Ouest, 5-5-05

Sondage. Le maire a fait réaliser un sondage parmi les parents d'élèves. Un majorité ne comptait pas emmener ses enfants à l'école le lundi 16 mai. La Fédération des conseils de parents d'élève a lancé un appel dans ce sens. Plusieurs centrales syndicales ont donné des mots d'ordre de grève pour ce jour-là. Des arrêts de travail, notamment dans les transports et parmi les enseignants, sont à prévoir.
La conviction du premier magistrat et de sa majorité était déjà acquise au maintien du lundi de Pentecôte comme jour férié. « Pour monseigneur Raffarin, nous sommes des manants, il rétablit la corvée ! », s'exclame Odile Basieu, tête d'une des deux listes d'opposition. Elle poursuit « est-ce que les parlementaires subiront un abattement sur leurs indemnités ? » Comme chacun se montrait soucieux des représailles qui pourraient s'abattre contre un maire qui appelle à désobéir à une loi adoptée par la représentation nationale et validée par le conseil d'Etat, plusieurs avis se sont élevés pour rassurer le premier magistrat qui pourtant se déclarait serein et pour motiver la délibération transmise au préfet par une motion.
Pascal Scazza, élu vert, entend que l'on explique bien à la population que la commune devra tout de même acquitter le montant prévu par le loi de solidarité et d'autonomie des personnes âgées de 2004. Le conseil municipal de Sainte-Eulalie décide donc à l'unanimité que les services municipaux seront fermés le lundi 16 mai prochain.

 

 

puce_little_metal_01Jour férié: François Fillon met en garde contre la fermeture des écoles

AP | 05.05.05 | 15:26

PARIS (AP) -- Le ministre de l'Education nationale François Fillon a prévenu jeudi que les établissements scolaires fermés le lundi de Pentecôte s'exposaient à des sanctions pour «faute professionnelle».

En déplacement en Gironde pour assister au congrès annuel de la PEEP, la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public, François Fillon a rappelé sur RTL qu»'aucun établissement de l'Education nationale ne peut fermer ses portes: la grève est une chose, c'est un droit, la fermeture d'un établissement, ce serait une faute professionnelle».

Répondant par un «bien sûr» à la question de savoir s'il y aurait des sanctions en cas de fermeture, le ministre de l'Education a estimé que «quand l'école est ouverte les élèves doivent y être et les professeurs doivent être présents».

«L'ensemble des structures doit contribuer au fonctionnement de l'école, c'est la loi», a-t-il martelé.

«Ma conviction est que, s'agissant de l'Education nationale, une grande majorité d'établissements seront en mesure d'accueillir les élèves et les parents doivent envoyer leurs enfants à l'école parce que c'est obligatoire», a noté François Fillon. «Chacun prendra ses responsabilités». AP

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte : les médecins aussi ?

NOUVELOBS.COM | 04.05.05 | 17:36

Le syndicat de médecins généralistes MG France recommande de fermer les cabinets médicaux ce "jour férié".

Le syndicat de médecins généralistes MG-France, pour qui le 16 mai "reste légalement un jour férié", a recommandé mardi 3 mai aux médecins généralistes "de fermer leurs cabinets le lundi de Pentecôte".
MG France "recommande aux médecins généralistes de fermer leurs cabinets le lundi de Pentecôte", a déclaré le syndicat dans un communiqué, ajoutant, "le lundi 16 Mai reste légalement un jour férié pour lequel l'application d'une majoration des tarifs de l'assurance maladie pour les actes non programmés demeure la règle".
MG France "préconise la fermeture des cabinets de médecine générale, et l'organisation d'un temps de consultation minimum, que se soit sous forme d'une permanence dans les 280 maisons médicales de garde, d'un médecin d'astreinte au sein des 3100 secteurs de garde, ou d'une présence réduite au sein des cabinets de groupe".

Tarifs majorés

"Dans tous les cas, les tarifs conventionnels doivent être appliqués avec la majoration légale de dimanche et jour férié en vigueur (MD = 19,06 euros), portant la valeur totale de la consultation du médecin généraliste effectuée dans ce cadre à 39,06 euros", selon le syndicat de généralistes.

La Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) avait déjà rappelé aux professionnels de santé, le 27 avril dernier, que les majorations s'appliquant la nuit, le dimanche et les jours fériés "ne peuvent être pratiquées qu'en cas d'urgence justifié par l'état du malade", lors du lundi de Pentecôte, selon "une condition posée par la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP)".

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte: grève dans les services publics le 16 mai

AP | 04.05.05 | 19:09

PARIS (AP) -- La plupart des services publics, au premier rang desquels les transports urbains, seront touchés par des mouvements de grève le lundi de Pentecôte (16 mai). Voici, en date du 4 mai, la situation attendue:

RATP
La plupart des syndicats de la Régie appellent à cesser le travail le 16 mai après la décision de la direction de considérer le lundi de Pentecôte comme un «jour ouvré» avec à la clé une prime pour certaines catégories de personnel.

TRANSPORTS URBAINS DES VILLES DE PROVINCE
Les fédérations du transport appellent à des arrêts de travail le 16 mai, selon les syndicats, la plupart des réseaux ayant décidé de supprimer le caractère férié du lundi de Pentecôte, en l'absence de négociations ou d'accord national de branche avec le patronat.

SNCF
La seule entreprise publique où les choses devraient être à peu près calmes. Les syndicats ont obtenu que ce jour reste férié pour les cheminots, en contrepartie d'une augmentation de la durée du travail de près de deux minutes par jour.

EDUCATION NATIONALE
Les principales fédérations de l'Education appellent à la grève le 16 mai, le gouvernement ayant décidé que la journée serait travaillée dans les administrations comme dans les établissements scolaires, une règle d'ailleurs valable pour l'ensemble de la Fonction publique.
En réponse, outre les fédérations de l'Education, les fédérations de fonctionnaires appellent à faire du lundi de Pentecôte «une journée de mobilisation et d'action sous les formes les plus diverses y compris la grève».

LA POSTE
La journée sera travaillée dans tous les services (guichets, distribution du courrier, etc.), assure la direction, mais la CGT, la CFDT, la CFTC, Sud et FO appellent à la grève le 16 mai.

IMPOTS, FINANCES
La journée sera travaillée dans tous les services. Six syndicats appellent à la grève, notamment FO et le Syndicat national unifié des impôts (SNUI).

EDF-GDF
Les directions d'EDF et de GDF ont décidé «unilatéralement» de supprimer le caractère férié du lundi de Pentecôte, selon les syndicats.
Une grève est prévue le 12 mai pour des revendications salariales à l'appel de la CGT, de la CGC, de FO et de la CFTC. Mais les quatre syndicats promettent en plus une journée «entreprises mortes» à EDF et GDF le 16 mai si les directions ne reviennent pas sur leur décision.

CONSEILS GENERAUX ET REGIONAUX, MAIRIES
La situation dans ce dernier domaine est particulièrement confuse. Certaines administrations locales seront ouvertes, d'autres pas, en fonction de l'appréciation portée par les élus sur la mesure gouvernementale.

Les situations diverses risquent fort de se multiplier en fonction des régions, ce qui promet une gigantesque pagaille à laquelle il conviendra d'ajouter les grèves déclenchées localement par les syndicats qui répercuteront dans la fonction publique territoriale le mot d'ordre des fédérations de fonctionnaires. AP

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte: le grand bazar

AP | 04.05.05 | 19:07 par Jean-Marie Godard

PARIS (AP) -- Le souhait de Bernard Thibault de voir «imploser» le lundi de Pentecôte travaillé pourrait bien être exaucé. A l'approche du 16 mai, les appels à la grève se multiplient dans les services publics tandis que dans le privé, ce sera «à la carte» -ouvert ou fermé, avec ou sans grève- en fonction des accords trouvés avec les syndicats.
A l'arrivée, la «journée de solidarité avec les personnes dépendantes» devrait avant tout prendre la forme d'une gigantesque pagaille nationale, d'autant plus que dans les départements, certains maires et présidents de conseils régionaux ont décidé de faire de la résistance et de garder leurs administrations fermées.
Et pour les salariés qui se rendront sur leur lieu de travail ce jour-là en utilisant les transports en commun, y parvenir pourrait prendre des allures de parcours du combattant.
Les transports urbains des principales villes devraient en effet être touchés par des mouvements de grève intersyndicaux, aucun accord de branche n'étant intervenu au niveau national sur l'application de la journée de solidarité.
Pour Paris et l'Ile-de-France, les syndicats de la RATP appellent aussi à une grève de 24 heures le 16 mai. «La direction a décidé de considérer le lundi de Pentecôte comme un jour normal en disant 'c'est comme ça'. Mais il est hors de question qu'on accepte», explique-t-on du côté des syndicats.
En fait, pour les transports, seule la SNCF échappera ce jour-là aux débrayages, la direction ayant trouvé un terrain d'entente avec les fédérations de cheminots: le caractère férié du lundi de Pentecôte est maintenu et la journée de solidarité sera répartie sur l'année avec près de deux minutes de travail en plus par jour.
Mais la planification du service pour le 16 mai semble toutefois un peu compliquée. La SNCF compte en effet assurer un service normal «semaine» sur les trains régionaux et les transiliens, et un service «normal» mais «renforcé» en fin de journée pour les trains nationaux, afin de permettre à la fois les déplacements des personnes qui travailleront ce jour-là et les retours de week-end pour les autres. La SNCF souligne par ailleurs que pour le fret, «le service sera adapté aux demandes des entreprises».
Car la loi du 30 juin 2004 instaurant cette journée de solidarité permet aux entreprises de l'organiser à un autre moment qu'à l'occasion du lundi de Pentecôte via des négociations syndicales, en jouant par exemple sur les journées de RTT.
Difficile toutefois d'avoir un aperçu global de la situation dans le secteur privé avec près de 300 branches professionnelles. Au Mouvement des entreprises de France (MEDEF), on confirmait mercredi que «ça se passe dans la diversité».
A titre d'exemple sur quelques grosses entreprises, le 16 mai sera chômé chez Renault ou encore à la Société Générale mais travaillé pour les salariés de La Redoute. Autre solution, Shell et TF1 ont décidé d'assumer la charge de cette journée et d'en faire cadeau à leurs salariés. A France Télécom, la journée sera travaillée, avec pour conséquence des préavis de grève.
Les principales confédérations syndicales ont en effet appelé à des débrayages dans les entreprises où la direction chercherait à imposer l'application de la mesure gouvernementale.
Pour les services publics et les fonctionnaires, le gouvernement a décidé de supprimer unilatéralement le caractère férié du lundi de Pentecôte, déclenchant une avalanche d'appels à cesser le travail, notamment à l'Education nationale, La Poste, ou encore aux Impôts.
Selon les syndicats, les mouvements pourraient être bien suivis et constituer un nouveau «temps fort» contre la politique du gouvernement, à deux semaines du référendum sur la Constitution européenne et alors que la contestation sociale a tendance à faire grossir les rangs du «non». AP

 

 

puce_little_metal_0116 mai : l'Education appelle à la grève

Nouvel Obs, avec AP, 4 mai 2005

Les principales fédérations syndicales de l'Education appellent officiellement à la grève le lundi de Pentecôte.

Les principales fédérations syndicales de l'Education appellent à la grève à l'occasion du lundi de Pentecôte (16 mai) pour dénoncer les modalités d'organisation de la journée de solidarité avec les personnes dépendantes et défendre leurs revendications.
"Le gouvernement s'obstine à ignorer le refus largement majoritaire de la suppression d'un jour férié", déclarent la FSU, l'UNSA-Education, le SGEN-CFDT et la FERC-CGT dans un communiqué commun diffusé mercredi 4 mai après-midi.
"Il maintient une mesure profondément inéquitable supportée presque exclusivement par les seuls salariés, et qui n'apporte pas de véritable solution aux besoins de la prise en charge solidaire du grand âge et du handicap", ajoutent les syndicats.

Nécessaire solidarité

Les quatre fédérations "exigent notamment que s'ouvrent des négociations sur la meilleure façon d'assurer la nécessaire solidarité. Celle-ci appelle d'autres réponses basées sur une protection sociale de haut niveau, une politique ambitieuse de l'emploi et des salaires, une politique de développement des services publics, de la formation qui vise à assurer la réussite de tous, à résorber les inégalités, à consolider le lien social", estiment-elles.
En conséquence, les fédérations appellent "l'ensemble des personnels (...) à faire du 16 mai une journée de grève et d'initiatives multiples pour une véritable politique de solidarité et pour leurs revendications en matière de services publics, d'école, d'emploi, de salaires et de protection sociale". (Avec AP)
 

 

 

puce_little_metal_01Jour férié à l'école: «ce sera moins le bazar» que prévu, selon François Fillon

AP | 04.05.05 | 11:06

PARIS (AP) -- Le ministre de l'Education François Fillon a prédit mercredi que «ce sera moins le bazar qu'on ne l'imagine» le lundi de Pentecôte alors que les enseignants appellent à la grève pour protester contre la suppression du jour férié.
«Il n'y a pas, depuis plusieurs nombres d'années, de grève extrêmement suivie dans l'Education nationale. Je ne suis pas sûr que ce soit du coté des enseignant que viennent les plus grandes difficultés», a-t-il avancé sur RTL.
Le ministre de l'Education a assuré que «beaucoup d'enseignants seront à leur poste». «Ce qui est plus préoccupant ce sont les décisions de certaines municipalités, en général de gauche, qui ne veulent pas mettre en oeuvre l'infrastructure nécessaires pour l'accueil des enfants», comme la cantine ou le transport scolaire.
Les principaux syndicats enseignants appellent à la grève en ce jour de Pentecôte alors que la journée sera travaillée dans les établissements scolaires. AP

 

puce_little_metal_01Campagne de culpabilisation des salariés

La rédaction du web de Force Ouvrière - 3/5/05

Le gouvernement lance aujourd’hui une opération de communication dans la presse pour louer les bienfaits du jour férié travaillé en jouant sur l’émotion des citoyens. Il espère ainsi déminer la mobilisation grandissante.

Le gouvernement ne recule devant rien pour faire passer dans l’opinion sa décision contestable et ô combien contestée de contraindre les salariés du public et du privé à travailler gratuitement le lundi de Pentecôte. Pour culpabiliser les opposants à sa mesure jugée à la fois injuste et inefficace, il lance aujourd’hui une campagne de communication qui comprend quatre visuels, dont l’un représente une personne âgée avec ce message: «en travaillant le 16 mai, vous permettrez à cette femme de bénéficier d'une aide à domicile». Dans le même registre, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a osé dire hier que cette «journée de solidarité» est «une étape décisive dans la lutte contre l'isolement des personnes fragiles, contre les égoïsmes particuliers et contre l'indifférence collective» en installant hier la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), chargée de collecter les fonds issus du lundi de Pentecôte travaillé. M. Raffarin espère ainsi déminer la fronde. Un espoir vain au regard des défilés du 1er mai qui ont placé le retrait de cette mesure en tête des revendications et des appels à la mobilisation lancés par les syndicats.

«Une décision inacceptable, qui ne passe ni dans le privé ni dans le public», a résumé dimanche le secrétaire général de FO Jean-claude Mailly qui a invité le gouvernement à «revoir sa copie» et à cesser de dire que «c'est de la solidarité nationale» quand «ce sont essentiellement les salariés qui paient, à plus de 90%». Il a tenu aussi à rappeler que cette mesure est la troisième «en deux ans» qui augmente la durée du travail, après la réforme des retraites «avec l'allongement de la durée des cotisations» et à «la remise en cause des 35 heures». Pour son homologue de la CGT, Bernard Thibault, cette décision «est en train d'imploser : il n'y a qu'à voir les employeurs qui ont pris les devants parce qu'ils ont bien vu l'inefficacité et l'impopularité de cette mesure. Ce sont les plus intelligents». Voilà pourquoi il a «invité tous ceux qui ne l'ont pas encore obtenu à obtenir de leur employeur la non-application de la mesure en refusant de venir au travail ce jour-là». À la CFDT, François Chérèque, lui, a insisté sur «la solidarité nécessaire vis-à-vis des personnes âgées et handicapées» qui doit «être financée par la solidarité nationale, c'est-à-dire tous les revenus et non pas uniquement par les travailleurs». Quant à la CFTC, «totalement opposée à la suppression d'un jour férié», elle a saisi le Conseil d'Etat (CE) pour obtenir un sursis à exécution, et a d'ores et déjà appelé à la grève tous les salariés obligés de travailler ce jour-là. L'appel de la confédération chrétienne couvre le lundi de Pentecôte et le jeudi de l'Ascension 2005. Les sages rendront leurs décisions aujourd’huià 14 heures. FO a déposé aussi vendredi «un recours au CE contre la légalité de la circulaire ministérielle concernant le lundi de Pentecôte».

Par ailleurs, six fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU et CFTC) ont haussé le ton en appelant à la mobilisation le lundi de Pentecôte, y compris par la grève, comme à EDF et GDF A EDF et Gaz de France après la décision unilatérale des directions de fixer la «journée de solidarité» au lundi de Pentecôte rendant caduque un accord signé avec FO, CGT et CFE-CGC. Celui-ci prévoyait, selon FO, «de substituer au 16 mai une journée de RTT ou de +fête locale+ voire un dispositif tel qu'accepté à la SNCF(jour férié maintenu et rattrapé)» .

Quoi qu’il en soit, M. Raffarin semble choisir l’épreuve de force en affirmant hier que la CNSA comme la «journée de solidarité s'enracine dans la douloureuse prise de conscience collective qui a suivi la canicule estivale de 2003 (15 000 morts, NDLR)». Ou comment convaincre les Français du bienfait du jour férié travaillé et faire oublier…l’incurie gouvernementale lors de la catastrophe sanitaire.
 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte : Raffarin à fond la caisse

Le gouvernement met en avant un budget de 2 milliards d'euros.

Libération - 03/05/2005 - Par François WENZ-DUMAS

Pressentant que les difficultés sont encore à venir, Jean-Pierre Raffarin veut reprendre l'initiative sur l'affaire du lundi de Pentecôte. Le Premier ministre a profité hier de l'installation de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), pour donner le signal de la contre-offensive. Elle prendra la forme d'une campagne publicitaire dans l'ensemble des quotidiens nationaux et régionaux, sur le mode : «en travaillant le 16 mai...», les Français permettront d'aider une personne âgée ou handicapée. Cette campagne insiste aussi sur le bon usage que le gouvernement entend faire des 2 milliards d'euros que doit rapporter chaque année la contribution de 0,3 % prélevée sur la masse salariale et sur les revenus financiers.

Réponse. Car, tout à coup, le gouvernement se rappelle que sa loi, votée l'an dernier, avait étendu aux dividendes et aux plus-values la contribution de 0,3 %. Seule l'épargne dite populaire (livrets, Codevi) en est exonérée. Ces 0,3 % sont même déjà prélevés depuis le 1er juillet, comme l'est la contribution sur les salaires. «Qu'on ne dise plus que ce ne sont que les salariés, s'est exclamé le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, présentant la campagne publicitaire du gouvernement. On a demandé aux salariés du secteur privé et aux fonctionnaires de travailler un jour de plus, mais il s'agit également du fruit des produits financiers, Bourse ou patrimoine.» Une réponse à Jacques Voisin, président de la CFTC qui reprochait (Libération du 29 avril) au gouvernement de faire porter sur les seuls salariés l'effort de solidarité.

Cinq sièges. Autre argument gouvernemental : la nouvelle caisse n'est pas un gadget. Elle «s'enracine dans la douloureuse prise de conscience collective qui a suivi la canicule estivale de 2003», a estimé Raffarin, celle du «vieillissement de notre pays». La CNSA est appelée à devenir une nouvelle branche de la Sécurité sociale. «C'est la prise en charge d'un cinquième risque, celui de la perte d'autonomie», assure Douste-Blazy. Mais, à la différence des quatre branches traditionnelles de la Sécu version 1945 (vieillesse, famille, maladie et accidents du travail), la nouvelle caisse ne sera pas confiée aux partenaires sociaux. Les confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC) y sont certes représentées, mais elles n'ont que 5 sièges sur 48. Les représentants de l'Etat, des collectivités et des associations de personnes âgées ou de handicapés y sont largement majoritaires. Le risque dépendance ne sera donc pas une branche comme les autres de la Sécu, même si son budget dépassera largement les 2 milliards d'euros apportés par la contribution de 0,3 %. Elle percevra en effet 0,1 point de CSG et se verra confier le budget de l'action médico-sociale jusqu'ici rattachée au risque maladie. Au total, elle disposera de 15 milliards d'euros, consacrés au handicap et à la dépendance des personnes âgées.

Recours. Sur un autre front, le gouvernement attend sans trop d'inquiétude la décision du Conseil d'Etat, saisi par les syndicats. Hier, le juge des référés a entendu les arguments de la CFTC, qui veut faire suspendre cette disposition, le temps de vérifier si elle est conforme au droit européen. Le juge a noté la réponse du directeur de l'emploi et rendra son arrêt cet après-midi. Mais, dans la mesure où il s'agit d'une loi votée par le Parlement et sur laquelle le Conseil d'Etat avait déjà été consulté, il est peu probable qu'il valide ce recours.

 
 

 

puce_little_metal_01Le jour de solidarité va "être une pagaille indescriptible", selon Philippe de Villiers

AP, mardi 3 mai 2005, 9h55

PARIS (AP) - Le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers a demandé mardi à Jacques Chirac de rétablir le lundi de Pentecôte, prédisant que la journée de solidarité allait "être une pagaille indescriptible".

"Je fais une suggestion au président de la République (...): vous rétablissez ce jour férié", a-t-il lancé sur France-2. "Cela va être une pagaille indescriptible et tout le monde va y perdre, y compris (Ernest-Antoine) Seillière", le patron des patrons.

Le président du MPF a rappelé que "le gouvernement prend trois millions d'euros sur l'argent récolté pour faire une campagne de pub" pour la Constitution européenne, alors que "cela pourrait aller à la climatisation des maisons de retraite".

"Si vous cherchez deux milliards d'euros, je vous donne une piste: vous allez prendre dans la tirelire de Bruxelles", a suggéré ce farouche opposant à l'Union européenne. "Il y a trois milliards de contribution nette de la France".

"On prend les 47 millions d'euros qu'on donne cette année à la Turquie (...), on fera des économies", a proposé Philippe de Villiers. "Si les technocrates de Bruxelles maigrissent un petit peu, ils continueront à être heureux". AP ljg/ir
 

 

puce_little_metal_01Une caisse anti-solidarité

L’Huma, 3 mai 2005 - Yves Housson

Installée par Raffarin, la caisse de solidarité autonomie pour les personnes âgées et handicapées consacre la rupture du pacte fondateur de la Sécu.

Le premier ministre a installé hier la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), chargée de collecter les fonds issus de la journée dite de solidarité avec les personnes âgées et handicapées. La création de cette nouvelle caisse, comme ce lundi de Pentecôte travaillé, « s’enracine dans la douloureuse prise de con- science collective qui a suivi la canicule estivale de 2003 », celle du « vieillissement de notre pays », a argumenté Jean-Pierre Raffarin, devant les membres de la CNSA. Évoquant les « critiques » et les « incompréhensions » suscitées par la journée supplémentaire de travail gratuit, il a répondu en affirmant que la France n’avait « guère le choix » : « Notre pays doit dégager des moyens supplémentaires pour faire face aux nouveaux besoins, mais nous devons également limiter au maximum les prélèvements obligatoires pour développer la compétitivité de notre pays. » Moyennant quoi, les salariés fourniront, par leur travail gratuit, la plus grosse part du financement de la caisse, les revenus du patrimoine n’étant taxés qu’à hauteur de 300 millions d’euros sur un total de deux milliards attendus. Les profits des entreprises sont, eux, une fois encore, totalement épargnés.

La CNSA recevra également les crédits de l’assurance maladie consacrés aux personnes âgées en perte d’autonomie (5,7 milliards d’euros) et aux handicapés (6,6 milliards). Ainsi, du fait de la création de cette nouvelle institution, ces deux catégories d’asssurés sociaux sont désormais traitées à part, hors du système de la Sécurité sociale. « Un précédent grave, remettant en cause le fondement solidaire de la Sécu qui veut qu’elle couvre l’individu de la naissance à la mort », souligne André Desrichard, représentant de la CGT au sein du conseil de la CNSA.

La gestion de cette caisse déroge aussi aux règles en vigueur dans la Sécu. Son conseil compte 48 membres qui totalisent 83 voix. Signe d’un « verrouillage », selon André Desrichard, les représentants de l’État disposent, à eux seuls, de 37 voix, les syndicats de salariés ne pesant que pour 7 voix. Siègent également au conseil les patrons, des associations de retraités et de handicapés, les conseils généraux. Un inspecteur général des finances, Alain Cordier, présidera la caisse. Confronté à l’impopularité de cette mesure (critiquée par tous les syndicats de salariés, mais aussi par l’ensemble des associations de retraités et de handicapés auxquels elle est censée bénéficier), le gouvernement lance aujourd’hui une campagne de communication, d’un coût de 3 millions d’euros, dans la presse écrite pour tenter de faire passer, malgré tout, l’esbroufe de la « journée de solidarité ».

 

 

puce_little_metal_01La suppression d'un jour férié était “la bonne solution”, affirme Jacques Chirac

AP | 03.05.05 | 22:54

PARIS (AP) -- La suppression d'un jour férié en solidarité avec les personnes dépendantes «était la bonne» solution, a estimé mardi soir Jacques Chirac, qui a affirmé faire confiance «dans l'esprit de responsabilité et de solidarité des Français» pour la réussite de cette réforme.
«Pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées dépendantes et (...) des personnes handicapées», la suppression d'un jour férié à la Pentecôte «est la solution qui a été adoptée et je crois que c'était la bonne», a-t-il affirmé sur France-2.
Le président de la République a jugé «inévitables» les protestations syndicales provoquées par cette réforme. «Je ne critique personne», a-t-il dit, «je fais confiance dans l'esprit de responsabilité et de solidarité des Français».
Réagissant à l'intervention télévisée du chef de l'Etat, Annick Lepetit, porte-parole du Parti socialiste, a noté que M. Chirac «n'a pas pu s'empêcher (...) de défendre la suppression du lundi de Pentecôte. Après Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, il tente à nouveau de culpabiliser les Français en leur demandant davantage de gestes de solidarité». AP

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte: la CFTC va saisir la Cour européenne des droits de l'Homme

AP | 03.05.05 | 17:24

PARIS (AP) -- La CFTC a annoncé mardi qu'elle allait saisir la Cour européenne des droits de l'Homme et déposer une nouvelle requête auprès du Conseil d'Etat contre la loi du 30 juin 2004 sur la journée nationale de solidarité avec les personnes dépendantes.
Mardi en début d'après-midi, le juge des référés du Conseil d'Etat a rejeté la requête de la CFTC qui réclamait la suspension de l'application de cette loi. Le syndicat va désormais adresser une nouvelle requête auprès du Conseil d'Etat, mais cette fois-ci en direction du juge de fond pour qu'il statut sur la légalité de la loi.
«La CFTC avait saisi le juge des référés, juge de l'urgence et de l'évidence, espérant avoir une réponse avant le 16 mai. Pour le juge, l'atteinte grave et manifestement illégale n'est pas avérée», note le syndicat chrétien dans un communiqué diffusé mardi après-midi.
«Mais, considérant les arguments de fond présentés par la CFTC, il l'invite à saisir le juge du fond, le débat relevant de sa compétence. La CFTC saisira également la Cour européenne des droits de l'Homme», annonce l'organisation syndicale qui précise par ailleurs maintenir son mot d'ordre de grève pour le 16 mai.
«On aurait souhaité que la décision soit prise en urgence de suspendre ce texte, le temps de mettre en place une concertation», a expliqué à l'Associated Press le président de la CFTC Jacques Voisin, quelques heures après la décision du juge des référés.
«Aujourd'hui», a-t-il ajouté, «c'est un échec dans le sens où le 16 mai ça va être la pagaille la plus totale, l'application de la loi se faisant de manière différente en fonction de la situation des entreprises. La manière dont le gouvernement a conçu les choses, c'est 'débrouillez-vous entre vous dans les entreprises»'.
Mais pour M. Voisin, «sur le fond, il y a un problème de droit qui reste posé et qui est de savoir si on peut faire travailler les gens gratuitement». AP

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte : le Conseil d'Etat rejette la requête de la CFTC

LEMONDE.FR | 03.05.05 | 16h03

Le Conseil d'Etat a rejeté mardi 3 mai la requête de la CFTC qui lui demandait de suspendre la suppression du jour férié du lundi de Pentecôte décidée par le gouvernement, selon l'ordonnance du juge des référés, Christian Vigouroux.

"La requête de la Confédération française des travailleurs chrétiens est rejetée", indique l'ordonnance du juge, jugeant notamment que la mesure gouvernementale n'a "pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de religion, d'association, au droit au respect de la vie privée" et ne relève pas non plus du travail forcé, comme le soutenait la CFTC dans sa requête.
 
"Nous venons de décider de déposer une requête sur le fond", a déclaré le président de la CFTC, Jacques Voisin, dès l'annonce du jugement. Cela ouvre donc la voie à une instruction du Conseil d'Etat de plusieurs mois, débouchant au final sur un jugement - sur le fond - du dossier.

"Nous avions saisi le Conseil d'Etat en référé car nous voulions une réponse avant le 16 mai, mais nous ne sommes pas déçus car l'ordonnance ne conteste pas les arguments de fond", a affirmé M. Voisin. "Nous voulions suspendre la mesure pour que le gouvernement se donne les moyens d'organiser une véritable solidarité autour de la dépendance et du handicap, et pas par une mesure injuste qui ouvre une brèche en matière de travail non rémunéré", a-t-il conclu.

COUR EUROPÉENNE

La centrale chrétienne avait prévenu dès lundi qu'elle saisirait la Cour européenne des droits de l'homme en cas d'échec au Conseil d'Etat.

Le juge des référés a estimé que la loi n'avait pas porté d'atteinte "grave et manifestement illégale" à la "liberté du salarié de ne pas être astreint à accomplir un travail forcé". Car si celle-ci est bien une "liberté fondamentale", elle est "limitée" afin de "permettre certaines interventions jugées nécessaires de la puissance publique" en matière notamment de "durée du travail", en ce qui concerne "les jours fériés et les congés".

"Eu égard à l'objectif de solidarité poursuivi par le législateur", la mise en œuvre de cette "journée de solidarité" "a pour seul effet de modifier le droit du temps de travail", estime le juge.

Bien que"non étendue aux professions indépendantes", elle n'a donc "pas davantage porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de religion, à la liberté d'association ou au droit au respect de la vie privée", conclut M. Vigouroux.

"TRAVAIL FORCÉ"

La CFTC avait déposé mercredi dernier une requête devant le Conseil d'Etat pour obtenir le sursis à exécution de la suppression du jour férié du lundi de Pentecôte, dont elle conteste la légalité, l'assimilant à un "travail forcé" et lui reprochant notamment de ne concerner que les salariés.

Outre la suspension de la mesure, la CFTC demandait aussi au Conseil d'Etat une injonction au gouvernement d'organiser une réunion de consultation et de concertation avec les partenaires sociaux.

La loi, publiée au JO le 1er juillet 2004, prévoit que la date de cette journée de travail, obligatoirement autre que le 1er mai, doit être déterminée par "une convention, un accord de branche ou un accord d'entreprise". A défaut d'accord, c'est le lundi de Pentecôte qui est travaillé.

Outre la polémique sur la date, ce jour de travail supplémentaire non rémunéré, destiné à financer un plan gouvernemental en faveur des personnes âgées et handicapées, soulève une forte contestation en raison de la seule mise à contribution des salariés. Plusieurs syndicats ont lancé des appels à la grève pour le 16 mai, alors que nombre d'entreprises ont décidé d'"offrir" la journée à leurs salariés dans le but d'éviter une situation conflictuelle.

 

 

puce_little_metal_01La suppression du lundi de Pentecôte férié est jugée légale

Tue May 3, 2005 3:31 PM CEST par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Le Conseil d'Etat a rejeté un recours du syndicat CFTC contre la décision du gouvernement de supprimer le jour férié du lundi de Pentecôte et a estimé que cette mesure ne violait pas les libertés fondamentales des salariés.

Statuant en référé (urgence), le juge Christian Vigouroux a estimé que la mesure, destinée à financer l'aide aux personnes âgées dépendantes et aux handicapés, ne constituait pas une "atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de travail du salarié".

"Si la liberté du salarié de ne pas être astreint à accomplir un travail forcé est une liberté fondamentale (...), le degré de gravité que peut revêtir une mesure affectant la liberté du travail doit prendre en compte les limitations de portée générale apportées à cette liberté, introduites par le législateur", écrit le juge dans son ordonnance.

Le juge n'avait pas le pouvoir d'apprécier l'opportunité de la mesure mais seulement sa conformité avec les droits fondamentaux.

Il relève que, selon le code du travail, le lundi de Pentecôte est férié mais pas obligatoirement chômé, à la différence par exemple du 1er-Mai.

La Confédération française des travailleurs chrétiens estimait que les salariés étaient astreints à une journée de travail obligatoire non rémunéré, en violation de la Convention européenne des droits de l'homme.

Le syndicat réclamait la suspension des circulaires d'application de la mesure, adoptée dans une loi de juin 2004. Il demandait aussi l'organisation d'une table ronde Etat-syndicats pour que le gouvernement accepte de remplir ses objectifs d'une autre manière.

PAS D'ATTEINTE A LA LIBERTE RELIGIEUSE

Le principe de la "journée de solidarité" est de financer l'aide aux personnes âgées dépendantes et aux handicapés. Les salariés travaillent une journée de plus sans rémunération supplémentaire et les entreprises reversent ensuite 0,3% de la masse salariale.

Le juge Vigouroux rejette dans sa décision d'autres arguments du syndicat, en estimant que la suppression du lundi de Pentecôte ne porte atteinte ni à la liberté religieuse, ni à la liberté d'association, ni au respect de la vie privée.

Il souligne que la "journée de solidarité" peut être organisée un autre jour que le lundi de Pentecôte, en cas d'accord d'entreprise.

Après cette procédure judiciaire, la seule engagée à ce jour contre ce texte, la mesure pourra entrer en vigueur pour le prochain lundi de Pentecôte, le 16 mai.

La première "journée de solidarité" est mise en oeuvre en ordre dispersé.

De nombreuses entreprises ou collectivités locales ont dispensé leurs salariés de travailler. La SNCF a réparti le jour de travail supplémentaire sur l'année, à raison d'une minute et 52 secondes de travail de plus par jour.

Les compagnies de taxis et les médecins divergent sur l'éventuelle application des tarifs "jours fériés" pour le lundi de Pentecôte.

A l'audience lundi au Conseil d'Etat, les représentants du ministère ont reconnu qu'à ce jour seulement environ 500 entreprises, soit 0,01% des entreprises françaises, avaient signé un accord pour la mise en oeuvre de cette mesure.

Ils ont par ailleurs spécifié qu'à la différence des salariés payés au mois, les salariés payés à l'heure, comme les intérimaires, devraient être rémunérés pour les sept heures de travail supplémentaires de cette "journée de solidarité".

 

 

puce_little_metal_01Journée «entreprises mortes» à EDF et GDF le 16 mai

AP | 03.05.05 | 12:36

PARIS (AP) -- Quatre fédérations syndicales des électriciens et gaziers promettent de faire du 16 mai une journée «entreprises mortes» à EDF et GDF si les directions persistent à vouloir supprimer le caractère férié du lundi de Pentecôte.

Les fédérations CGT, CGC, FO et CFTC des gaziers et des électriciens appellent déjà à une journée d'action de 24 heures le 12 mai pour la défense des salaires et des pensions, «avec arrêts de travail, baisse de production significative» ou encore «occupation des terminaux méthaniers», selon un communiqué intersyndical diffusé mardi.
Dans ce communiqué, les syndicats dénoncent aussi «la décision unilatérale» des directions des deux entreprises «de supprimer le lundi de Pentecôte en tant que jour férié». Les quatre fédérations parlent de «provocation» et exigent le maintien du caractère férié du 16 mai prochain.
«Dans l'hypothèse où le 12 mai au soir, les employeurs continuent à rester sourds, les fédérations proposent de faire également du 16 mai une journée 'entreprises mortes' avec des modalités à définir dans chaque unité», précisent-elles. AP

 

 

puce_little_metal_01Une solidarité peu appréciée

Métro, avec AP/Reuters, 3/5/05

Raffarin ne recule pas sur la Pentecôte travaillée, critiquée par la grande majorité des Français.
 

légalité contestée
Le Conseil d'Etat se prononcera à 14 heures sur le référé de la CFTC demandant la suspension des circulaires d'application de la loi du 30 juin 2004. Selon la CFTC, la journée de solidarité serait contraire à la Convention européenne des droits de l'homme, qui interdit le travail forcé.

• Les entreprises et les administrations doivent acquitter depuis le 1 er juillet 2004 à la sécurité sociale une nouvelle contribution financière égale à 0,3% de la masse salariale.

• Les revenus du patrimoine sont également taxés à hauteur de 0,3%, à l'exception du Livret A. Les professions indépendantes et les allocataires de minima sociaux ne sont pas concernés.

• Les deux milliards d'euros ainsi récoltés chaque année seront intégralement reversés à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

Le gouvernement ne recule pas d'un pouce. A deux semaines du lundi de Pentecôte, le 16 mai, Jean-Pierre Raffarin a installé hier la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), nouvel organisme de protection sociale chargé de gérer les ressources dégagées par cette journée nationale de solidarité avec les personnes dépendantes.

Raffarin n'a "guère le choix"
Le Premier ministre a défendu une nouvelle fois la décision très controversée du gouvernement de supprimer un jour férié par an en affirmant qu'il n'avait "guère le choix". "Notre pays doit dégager des moyens supplémentaires pour faire face aux nouveaux besoins, mais nous devons également limiter au maximum les prélèvements obligatoires pour développer la compétitivité de notre pays", a expliqué Jean-Pierre Raffarin.

Cinquième branche de la sécurité sociale, la CNSA, devra gérer environ 15 milliards d'euros dès 2006, et notamment les quelque 2 milliards d'euros récoltés chaque année par la journée nationale de solidarité.

Le ministre des Solidarités, Philippe Douste-Blazy, a lancé une campagne de communication de trois millions d'euros pour expliquer aux Français cette réforme controversée. Limitée à la presse écrite, cette campagne passera par la publication entre le 3 et le 9 mai de quatre encarts publicitaires, un représentant une personne âgée et trois des Français au travail.

76% des Français hostiles
Le gouvernement aura du mal à convaincre les Français de l'intérêt de cette mesure. Plus des trois quarts d'entre eux (76%) considèrent que la suppression du lundi de Pentecôte chômé, "journée de solidarité" décidée par le gouvernement, va plutôt dans le mauvais sens, selon un sondage Louis-Harris pour Yahoo!, Libération et I-Télé rendu public hier.

L'opposition socialiste propose d'abroger la journée de solidarité si elle revient au pouvoir en 2007. "Depuis quand est-ce qu'un gouvernement, dans un pays démocratique, impose du travail forcé sans contrepartie salariale ? s'est exclamé Ségolène Royal sur France 2. Il faudrait rétablir ce lundi férié." ap/reuters

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte, mais route droite

L'Express du 02/05/2005 - par Christophe Barbier

Jean-Pierre Raffarin persiste et signe: pas de congé le 16 mai. Le référendum en fera-t-il les frais?

Quand il annonça, à l'automne 2003, que le lundi de Pentecôte allait être sacrifié pour financer l'assistance aux personnes âgées ou handicapées, François Fillon croyait bien faire, persuadé que l'arbitrage de Jean-Pierre Raffarin était définitif. Mais le ministre des Affaires sociales se fit tancer, la décision n'étant pas tout à fait prise. Depuis, le syndrome de la fausse note poursuit la «journée de solidarité»: entreprises et syndicats, parents et enseignants, majorité et opposition, chacun valide l'objectif, beaucoup critiquent la méthode. Jusqu'à troubler les rangs ministériels, où certains regrettent que liberté n'ait pas été laissée aux entreprises: «C'était plus simple et indolore», soupire un titulaire de maroquin. «C'est le cas, réplique le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé. Il faut des accords d'entreprise. Sinon, la Pentecôte est désignée.»


En tenant le 28 avril un séminaire sur la journée de solidarité, Jean-Pierre Raffarin souhaitait que cela fût, pour le gouvernement, une… journée de solidarité. Objectif atteint, la fermeté de ton étant partagée sur le respect de la loi. «Les entreprises veulent que l'on réhabilite le travail et que l'on n'augmente pas les impôts, explique Copé. On leur bâtit une réforme sur mesure: elles ne peuvent être schizophrènes et la déplorer.» Les protestations continuent, néanmoins. Critiques libérales, d'abord, pour ceux qui considèrent que le gouvernement, maladroit, a fait payer des entreprises obligées, par la pression sociale, de rendre ce jour de congé: c'est donc un impôt qui a été créé. «Faux! rétorque Copé, par ailleurs ministre délégué au Budget. Un impôt est obligatoire; ici, il y a le choix.»


Attaques socialistes, ensuite, quelques collectivités locales «roses» ayant rejeté la réforme. «Inefficace, inadaptée et non concertée avec les partenaires sociaux», tranche Jean-Paul Huchon, président (PS) de l'Ile-de-France, qui paiera la cotisation, mais laissera ses agents au repos. «Je m'interroge, tempère Martine Aubry, maire de Lille. La mesure coûte 220 000 euros à la ville. Donner congé en plus, c'est faire payer le tout aux Lillois.» Le ministre délégué au Budget, lui, assure que pas un euro, sur les 2 milliards des «cotisations Pentecôte», ne sera distrait de la mission de solidarité. Quant au coût politique… Le gouvernement allemand, qui avait envisagé de supprimer le jour férié du 3 octobre, date de la réunification, renonça. En vingt-quatre heures.
 

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte: 76% des Français opposés à cette «journée de solidarité», selon un sondage

AP | 02.05.05 | 19:44

PARIS (AP) -- Plus des trois quarts des Français (76%) considèrent que la suppression du lundi de Pentecôte chômé, «journée de solidarité» décidée par le gouvernement, va plutôt dans le mauvais sens, selon un sondage Louis-Harris pour «Yahoo!», «Libération» et «I-Télé» rendu public lundi.
A l'inverse, seulement 18% des personnes interrogées trouvent que cette solution destinée à venir en aide aux personnes âgées et handicapées va plutôt dans le bon sens, tandis que 6% ne se prononcent pas.
(sondage réalisé par téléphone les 29 et 30 avril auprès d'un échantillon de 1.001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus - méthode des quotas). AP

 

 

puce_little_metal_01Lundi Pentecôte: Fillon "va veiller à ce que la loi s'applique"

ROSIERES (HAUTELOIRE), 2 mai 2005 (AFP)

François Fillon a déclaré lundi qu'il allait "veiller à ce que la loi s'applique concerant le lundi de Pentecôte dont le gouvernement a fait un jour travaillé de solidarité avec les personnes âgées et les handicapés, lundi sur France 3 Auvergne. "Il y a un problème de vieillissement dans notre pays. On a besoin de mobiliser des ressources financières supplémentaires. La suppression d'un jour férié dans un pays qui en a beaucoup, plutôt plus que les autres pays européens, c'est 2 milliards d'euros qui vont être affectés aux besoins des personnes âgées", a affirmé le ministre. "Ce ne sont pas les salariés mais aussi les revenus du capital qui vont être amenés à financer cette journée de solidarité. C'est une mesure qui a été utilisée en Allemagne, dans d'autres pays européens. Aujourd'hui, c'est la loi. Le ministre de l'Education nationale naturellement va veiller à ce qu'elle s'applique", a-t-il poursuivi. Selon lui, "ça complique les choses d'avoir laissé, à la demande de beaucoup de Français, une certaine liberté aux entreprises de s'adapter (à cette loi) et aux territoires par rapport à leurs traditions, alors qu'en Allemagne, la journée de solidarité est la même pour tout le monde". Mais "il faut passer l'expérience de 2005. On verra comment fixer les choses pour la suite", a-t-il précisé. M. Fillon est venu en Haute-Loire animer une réunion publique pour défendre le oui à la Constitution européenne.

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte: le conseil d'Etat se prononcera mardi sur le référé de la CFTC

AP | 02.05.05 | 19:00

PARIS (AP) -- Le Conseil d'Etat se prononcera mardi à 14 h sur le référé de la CFTC demandant la suspension des circulaires d'application de la loi du 30 juin 2004 sur la journée nationale de solidarité, a annoncé lundi le juge des référés à l'issue de l'audience.
Lors de celle-ci, le syndicat a demandé à la haute juridiction administrative la suspension des textes d'application de la loi en expliquant notamment qu'ils étaient contraires à la convention européenne des droits de l'Homme, qui interdit le travail forcé.
Après avoir entendu les arguments du syndicat et des représentants du ministère du Travail, le juge des référés Christian Vigouraux a mis son ordonnance en délibéré jusqu'à mardi.
Quelques dizaines de militants de la CFTC ont manifesté pendant l'audience devant les grilles du Conseil d'Etat avec une banderole sur laquelle on pouvait lire «Touche pas à mon lundi de Pentecôte***». AP

*** c’était la bannière du CAL, les Amis du Lundi étant venus soutenir les militants CFTC

 

 

puce_little_metal_01Le Conseil d'Etat se prononcera mardi sur le lundi de Pentecôte

Mon May 2, 2005 7:55 PM CEST

PARIS (Reuters) - Le Conseil d'Etat, saisi par la CFTC, dira mardi s'il annule ou non les circulaires d'application de la loi de juin 2004 qui supprime le jour férié du lundi de Pentecôte pour financer la solidarité avec les personnes âgées dépendantes et les handicapés.

La plus haute juridiction administrative française, qui a examiné l'affaire lundi, a été saisie en référé par la Confédération française des travailleurs chrétiens qui estime que la décision gouvernementale constitue une mesure de travail obligatoire non rémunéré et viole les principes d'égalité et de liberté religieuse.

C'est un juge unique, Christian Vigouroux, dira mardi vers 14h00 si cette suppression d'un jour férié, qui suscite une vague de protestations jusque dans les rangs des parlementaires de la majorité, constitue une "atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale" justifiant une mesure d'urgence.

Le syndicat souhaite un retour aux négociations collectives au niveau national pour définir d'autres modalités pour financer la solidarité avec les personnes âgées.

Le principe retenu par le gouvernement est que les salariés travaillent le lundi de Pentecôte sans rémunération supplémentaire, en échange de quoi les entreprises reversent à l'Etat 0,3% de la masse salariale.

"Aujourd'hui, on impose un jour de travail obligatoire non rémunéré aux salariés. Si on accepte ce principe, demain un deuxième jour travaillé gratuitement sera créé pour une grande cause nationale, puis un troisième, et ainsi de suite", a dit à l'audience Joseph Thouvenel, dirigeant de la CFTC.

"On voit très bien la nocivité du principe. Les travailleurs sont corvéables à merci. Nous voulons éviter que les pouvoirs puissent imposer un travail sans rémunération", a-t-il ajouté.

"TRAVAIL FORCÉ"

La CFTC estime que la mesure contrevient à l'article 4-2 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui stipule que "nul ne peut être astreint au travail forcé ou obligatoire". Elle juge aussi la mesure discriminatoire puisqu'elle concerne les seuls salariés et non les professions libérales.

Par ailleurs, ont estimé les avocats de la CFTC, la mesure porterait atteinte à la liberté religieuse des catholiques qui pratiquent les pèlerinages de la Pentecôte.

Enfin, le syndicat critique l'atteinte portée "aux fondements sociaux du pays", qui organise traditionnellement durant le week-end de la Pentecôte de très nombreuses manifestations sportives et culturelles.

A l'audience, Jean-Denis Combrexelle, représentant du ministère de l'Emploi, s'est dit choqué par l'argument qui dénonce un "travail forcé". "Une opération de solidarité au profit des personnes âgées et des handicapés ne peut être assimilée de façon raisonnable au travail forcé", a-t-il dit.

Il a souligné que les entreprises étaient libres de choisir un autre jour que le lundi de Pentecôte pour la journée de solidarité, ce qui exclut, selon lui, toute atteinte à la liberté religieuse.

Le ministère reconnaît cependant dans un mémoire que les accords d'entreprise sont encore rares : il cite le chiffre de 500 accords dans 50 départements, soit 0,01% des entreprises.

Pour les salariés qui sont payés mensuellement, a souligné Jean-Denis Combrexelle, la rémunération du lundi de Pentecôte est déjà incluse dans le salaire mensuel. Mais les entreprises qui emploient des salariés payés sur une base horaire, comme les intérimaires, devraient rémunérer en plus les sept heures de travail de la journée de "solidarité", a-t-il dit.

De nombreuses entreprises et collectivités locales ont annoncé qu'elles dispenseraient leurs salariés de travailler le lundi de Pentecôte ou d'autres jours. D'autres ont décidé de répartir l'effort sur l'année, comme la SNCF qui a imposé une minute 52 secondes de travail supplémentaire par jour à ses salariés.
 
 

 

 

puce_little_metal_01Jour férié: «une mauvaise mesure» qui «crée la pagaille», selon Ségolène Royal

AP | 02.05.05 | 09:06

PARIS (AP) -- La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal a estimé lundi que la suppression du lundi de Pentecôte férié, «une mesure injuste qui crée la pagaille, est une mauvaise mesure».

«Depuis quand est-ce qu'un gouvernement, dans un pays démocratique, impose du travail forcé sans contrepartie salariale?», s'est exclamé Ségolène Royal sur France-2. «Il faudrait rétablir ce lundi férié».

«Toutes les décisions gouvernementales qui créent des inégalités, celle-ci crée une inégalité (...), se dire que ce sont les salariés qui vont être taxés, c'est finalement un impôt déguisé, sans parler de la pagaille, du désordre» qu'elle provoque, a-t-elle déploré.

Pour la députée socialiste, «les grosses entreprises vont peut-être pouvoir donner ce jour à leurs salariés, et une fois, de plus les petites entreprises, les salariés les plus fragilisés, vont devoir travailler gratuitement».

Interrogée sur l'utilité de ce jour férié supprimé, l'ancienne ministre a tranché: «les personnes dépendantes, les personnes âgées et les personnes handicapées méritent autre chose qu'une polémique sur un jour férié qui est supprimé». AP

 

 

puce_little_metal_01Un Raffarin ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on le reconnaît.

L'UNION 2-5-05 - Gérard Coulange - Editorial

Déférence gardée envers Michel Audiard, maître incontesté de la gouaille, osons cette tirade que les « Tontons » n'auraient pas reniée : « Un Raffarin ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on le reconnaît. ».

A tel point qu'il a réussi l'exploit d'offrir aux 100.000 personnes descendues hier dans la rue de se retrouver sur un leitmotiv commun, qui plus est à connotation religieuse : le lundi de Pentecôte. Fallait le faire. Il l'a fait ! Méprisant les menaces qui pèsent sur le résultat du référendum, notre ineffable Premier ministre a décidé de prendre les choses en mains et de jouer les pédagogues. Redoutable !

Comme on pouvait le craindre, il n'a rien trouvé de mieux que de culpabiliser le citoyen, en suggérant de montrer des images de personnes âgées en attente de notre petit effort pour connaître, enfin, le bonheur de leurs vieux jours. Étant entendu qu'il nous faudrait être de beaux égoïstes pour ne pas être sensibles au message. Bref, gros sabots exigent, le meilleur moyen de faire oublier l'incompétence gouvernementale de l'été 2003 était encore d'en faire supporter le poids aux salariés. Lesquels, hier, ont gentiment rappelé qu'ils ne sont pas aussi stupides que semble le croire le chef du gouvernement.

Il faut dire que ce dernier, Loriste convaincu (adepte de la pensée de la philosophe Lorie - ndlr) fonde son action sur une très cérébrale « positive attitude » que les salariés français ont quelques difficultés à intégrer dans leur quotidien.

C'est là tout le problème. Raffarin pense comme Lorie - ce qui n'est pas très étonnant - et les travailleurs essayent de s'y retrouver dans les méandres d'une politique passablement farfelue.

Ainsi, le lundi de Pentecôte s'annonce comme un joli foutoir, le référendum comme une bouteille à encre et l'avenir de l'emploi comme une angoisse permanente. Heureusement, notre Premier ministre veille et clame que nous n'avons aucune raison de nous inquiéter. Un Raffarin ça ose tout, on vous disait. C'est bien là le drame.

 

 

puce_little_metal_01Campagne d'information sur le lundi de Pentecôte dans la presse

Mon May 2, 2005 4:56 PM CEST

PARIS (Reuters) - Le gouvernement lance mardi une campagne d'information dans la presse sur la suppression du lundi de Pentecôte, appelant les Français à faire de la fraternité "plus qu'un mot".

Quatre "visuels" ont été préparés, mettant en scène "les bénéficiaires et les acteurs" de cette future journée de solidarité, afin de montrer "que la solidarité intergénérationnelle est l'affaire de tous", a expliqué le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, lundi lors d'une conférence de presse.

Quatre visages - une dame âgée, un homme travaillant dans l'industrie, une femme derrière son ordinateur et une institutrice devant sa classe - illustreront les publications dans les journaux programmées les 3, 4, 7 et 9 mai avant le lundi de Pentecôte, qui tombe cette année le 16 mai.

Le budget de cette campagne - trois millions d'euros - sera intégralement prélevé sur les crédits du service d'information du gouvernement, et non sur les fonds de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui vient d'être installée par le Premier ministre, a ajouté Philippe Douste-Blazy.

L'idée était de mettre en avant les sommes que cette journée de solidarité permettra de récolter et ce qui sera concrètement fait avec cet argent, a expliqué le ministre.

"Au total, 30.000 emplois seront créés grâce à cette journée. Elle bénéficie donc aux personnes âgées dépendantes, aux personnes handicapées mais aussi aux personnes en recherche d'emploi. Son utilité est donc double", a-t-il insisté.

A côté de la reproduction d'une page d'agenda, arrêtée sur la date du 16 mai, les "visuels" portent tous le message "La fraternité n'est pas qu'un mot" et détaille "l'achat d'un chariot élévateur" pour faciliter l'accès à un bâtiment ou "le financement des déplacements de personnes handicapées" sur un campus universitaire.
 
 

 

puce_little_metal_01Pentecôte : une campagne de communication

NOUVELOBS.COM | 02.05.05 | 15:10

Du 3 au 9 mai, une campagne de communication doit être publiée dans la presse écrite pour promouvoir l'utilité de la "journée de solidarité". Coût: trois millions d'euros.

Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a présenté, lundi 2 mai, la campagne de communication que lance le gouvernement, à partir de mardi 3 et jusqu'au 9 mai, pour rappeler les enjeux de la "journée de solidarité" du lundi de Pentecôte, une mesure qui reste contestée.
Cette campagne de communication, exclusivement publiée dans la presse écrite, a coûté 3 millions d'euros, un coût "financé sur les crédits que le gouvernement consacre aux campagnes de communication publique", a assuré Philippe Douste-Blazy lors d'une conférence de presse.
Cette campagne comprend quatre visuels, dont le premier représentera une personne âgée avec ce message: "en travaillant le 16 mai, vous permettrez à cette femme de bénéficier d'une aide à domicile". Les autres trois visuels représentent des salariés sur leur lieu de travail.

Texte explicatif

"Le choix d'une personne âgée plutôt qu'une personne handicapée s'explique par le fait que la question du vieillissement est devenue essentielle dans notre société", a expliqué Philippe Douste-Blazy.
 

Chaque visuel sera complété par un texte explicatif sur le jour férié travaillé et le fonctionnement de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a installé lundi la CNSA, qui collectera les fonds issus de la Journée de solidarité en faveur des personnes âgées et handicapées dépendantes. Cette caisse - la cinquième de la Sécurité sociale aux côtés de celles de la vieillesse, la maladie, la famille et des accidents du travail - sera présidée par Alain Cordier, inspecteur général des finances.
 

 

puce_little_metal_01Pentecôte : décision du Conseil d'Etat prévue mardi

NOUVELOBS.COM | 02.05.05 | 17:50

Le conseil d'Etat rendra mardi à 14h00 sa décision sur la demande de la CFTC de suspendre la suppression du lundi de Pentecôte.

Le conseil d'Etat rendra mardi à 14h00 sa décision sur la demande de la CFTC de suspendre la suppression d'un jour férié le lundi de Pentecôte, a indiqué lundi 2 mai le juge des référés, Christian Vigouroux, au terme d'une audience publique à Paris.

"C'est déjà un premier succès puisque le Conseil d'Etat aurait très bien pu décider de statuer directement par ordonnance sans donner aux parties la possibilité de s'exprimer lors d'une audience publique", avait estimé la semaine dernière l'avocat du syndicat Me Bruno de Premare.

"Nous demandons le différé de l'exécution et de la mise en oeuvre de la journée de solidarité au lundi de Pentecôte et l'injonction (au gouvernement) d'organiser une réunion de consultation et de concertation avec les partenaires sociaux", a expliqué Me de Premare.

"Nous espérons que le Conseil d'Etat nous donnera raison, mais le dépôt de cette requête est aussi le point de passage obligé pour aller devant la juridiction européenne", a indiqué le secrétaire général adjoint de la CFTC, Joseph Thouvenel.

Atteinte aux libertés fondamentales

Le CFTC avait saisi dans un premier temps le tribunal administratif de Paris en référé sur l'instauration d'un 'jour de solidarité', qui porte selon elle "une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales", mais le tribunal s'est déclaré incompétent vendredi.

Ce jour de travail supplémentaire non rémunéré, rendu obligatoire pour les salariés par une loi votée fin juin 2004 pour financer un plan gouvernemental en faveur des personnes âgées et handicapées, soulève une contestation grandissante.

Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, réunit jeudi un séminaire interministériel sur la mise en place de la journée de solidarité. Il a demandé à chaque ministre de faire en amont le point dans son secteur.

 

 

puce_little_metal_01Pour l'emploi, la Pentecôte et le "non"

TF1.fr Mis en ligne le 01 mai 2005

Selon la CGT, ils étaient dimanche plus de 80.000 à manifester à travers la France à l'occasion de la fête du Travail. Parmi les thèmes abordés dans la rue : l'emploi, les salaires, le lundi de Pentecôte, et le référendum à la Constitution européenne.

Le 1er mai, jour de la fête du Travail, a été "célébré" sur des questions aussi diverses que le lundi de Pentecôte, l'emploi, les salaires et le référendum sur la Constitution européenne. Quelques 130 manifestations étaient prévues en France à l'appel des syndicats. Selon les estimations de la CGT, ils étaient 100.000 dans les cortèges, dont 15 000 dans la capitale. Pour le ministère de l'Intérieur, ils les manifestants étaient 71.770.

A Paris, le défilé CGT, Unsa, FSU et solidaires a démarré peu après 14h30. Le cortège était précédé d'une grande banderole à l'effigie de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de Hussein Hanoun "Leur liberté c'est la nôtre, agissez", proclamait la banderole, tandis que nombreux manifestants portaient des pancartes ornées des portraits des deux otages. Le leader de la CGT, Bernard Thibault, dont la confédération a appelé à s'opposer au traité, cotoyait Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa et partisan du "oui", qui a toutefois estimé que le référendum ne "cannibalisait" pas les manifestations du 1er mai. A leurs côtés, Annick Coupé (Solidaires) exprimait son hostilité à une "Constitution qui sera au service du patronat et des multinationales", et Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, "émettait un avis très défavorable" au texte. D'autres ténors du "non", les socialistes Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélanchon, et Marie-George Buffet, s'étaient fondus dans le cortège parisien.

Auparavant, la CFTC avait défilé sur le thème "Touche pas à mon jour férié". Selon les organisateurs, 2500 personnes ont manifesté. Autour d'un gros ballon blanc proclamant "la vie à défendre", des délégations venues de toute la France représentent aussi bien le public que le privé: banques, "éducation, recherche, culture", Peugeot, hôtellerie, restauration, secteur de la sécurité... "65% des Français ne souhaitent pas travailler le jour de Pentecôte. Le jour férié est un moment de convivialité et de fête. A un moment où dans l'entreprise on demande toujours plus de travail, nous souhaitons un meilleur lien entre le travail et l'harmonisation du temps de vie", a déclaré à Jacques Voisin, président de la CFTC. Il a également rappelé que son syndicat était favorable à "l'équité et l'égalité de la participation et de la solidarité entre les Français". "42% des Français prendront en charge 90% de la solidarité. Ce n'est pas juste, pas équitable", a-t-il dit.

"Bonne mobilisation"

A Marseille, "quelques milliers" selon les organisateurs, ont manifesté pour la défense de l'emploi et des salaires, à l'appel de l'ensemble des syndicats, à l'exception de FO et de la CFTC. "Salaires, emplois, Code du travail, Tous ensemble Public-Privé", affirmait la banderole de tête derrière laquelle ont défilé des représentants de la CGT, de la CFDT, de l'UNSA, de la FSU et de Sud-Solidaires. Le gros des manifestants était constitué par la CGT, postiers en tête, puis chercheurs, douaniers, travailleurs du bâtiments, cheminots, artistes, comité de chômeurs et sans-papiers.

A Bordeaux, environ 3.500 personnes selon les organisateurs, 2.500 selon la police, ont défilé sous le signe du "non" à la Constitution européenne. Les manifestants ont défilé dans le calme à l'appel de CGT, CFTC, CFDT, UNSA et Solidaires. En ce 1er mai, de nombreuses banderoles rappelaient également l'opposition des syndicats à la suppression du lundi de Pentecôte férié. "Nous avons connu une très bonne mobilisation malgré le fait que cette manifestation se déroule un dimanche, en plein milieu des vacances," s'est félicité Luc Paboeuf, secrétaire de l'Union Départementale CGT Gironde.

Environ 800 personnes selon la police, 2.000 selon la CGT, ont manifesté dans les rues de Rouen, dans le cadre d'un appel unitaire lancé par la CGT, la CFDT, l'UNSA, la FSU, FO et Sud. La banderole de tête réclamait "plus d'emplois, plus de salaires, plus de services publics, pour une Europe plus sociale". Au Havre, les manifestants étaient environ 600 selon la police et 1.000 selon la CGT.
 
 

 

puce_little_metal_01Le PS supprimera la journée de solidarité s'il revient au pouvoir, promet François Hollande

AP | 01.05.05 | 20:56

PARIS (AP) -- François Hollande s'est engagé dimanche à revenir sur la journée de solidarité si le PS revient au pouvoir en 2007, invitant de nouveau le gouvernement à supprimer une mesure «injuste et imbécile» qui va provoquer une «immense pagaille».
C'est une mesure «injuste parce qu'il est demandé aux seuls salariés de faire un effort pour les personnes âgées et les personnes handicapées, mais pas aux entreprises, pas aux revenus des capitaux, pas aux professions libérales», a-t-il dénoncé lors du «Grand Jury-RTL-Le Monde-LCI». «Il va y avoir une immense pagaille le lundi de Pentecôte» le 16 mai prochain, a-t-il craint.
«Il faut que Jean-Pierre Raffarin prenne enfin une décision, peut-être la dernière de son gouvernement, qui est d'abandonner cette suppression du jour férié», a donc plaidé le patron du PS. S'il n'était pas entendu, il a promis que «si en 2007 nous devions revenir aux responsabilités, nous déciderions le rétablissement du jour férié de la Pentecôte». La dépendance serait alors financée «par la cotisation ou par l'impôt», a-t-il précisé.
«Je ne connais aucune mesure de solidarité qui soit financée par le travail contraint», s'est-il indigné. «Est-ce qu'il est normal de baisser l'impôt sur le revenu pour les plus favorisés et dans le même temps de demander aux seuls salariés de financer (la dépendance)?»
Interrogé par ailleurs sur le choix laissé à neuf de ses salariés par une entreprise alsacienne entre le chômage et un poste en Roumanie à 110 euros par mois, M. Hollande a estimé que «le gouvernement aurait dû agir, faire intervenir l'inspection du travail». «Ne laissons pas l'Europe chaque fois accusée comme un bouc émissaire commode», a-t-il mis en garde à l'attention de ceux qui y voient un argument pour dire «non» au référendum. AP

 

 

puce_little_metal_01Le 1er-Mai placé sous le signe des salaires et de la Pentecôte

Sun May 1, 2005 3:02 PM CEST PARIS/TOULOUSE (Reuters)

Les revendications sur les salaires, le pouvoir d'achat et le maintien du lundi de Pentecôte férié ont dominé dimanche les rassemblements du 1er-Mai en France, marqués au sceau de la division syndicale.

"Les salaires restent notre première revendication", a dit le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, à Toulouse, où il a déposé une gerbe au pied de la stèle célébrant Jean Jaurès avant de participer à un meeting de FO.

"Il y a eu quelques avancées du côté du gouvernement, mais pour le moment, en termes concrets, nous sommes toujours dans l'attente", a-t-il souligné.

"Le meilleur moyen pour soutenir la consommation, c'est de donner du pouvoir d'achat aux salariés, qu'ils soient du public ou du privé", a réaffirmé Jean-Claude Mailly.

"Cela va de pair avec notre refus d'accepter le travail obligatoire du lundi de Pentecôte. Ça ne passe pas. Il faut que le gouvernement comprenne une chose: cette décision ne passe pas."

FO et la CFTC ont déposé des recours devant le Conseil d'Etat contre la légalité de la circulaire ministérielle faisant désormais du lundi de Pentecôte une journée travaillée pour financer la "solidarité" avec les personnes âgées et les personnes handicapées.

La plus haute juridiction administrative tiendra lundi son audience sur le recours de la CFTC.

La CFTC, confédération chrétienne, a fait de ce dossier le mot d'ordre de sa traditionnelle manifestation du 1er-Mai à Paris.

Quelque 700 personnes, selon la préfecture de police, ont défilé de la gare Montparnasse au Champ-de-Mars en brandissant des pancartes en forme de main proclamant "Touche pas à ma Pentecôte".

Les manifestants arboraient aussi un tee-shirt bleu sur lequel était écrit "Touche pas à mon jour férié".

Le Comité des amis du lundi (CAL), qui regroupe notamment des élus locaux de droite comme de gauche, a participé au défilé.

Le président de la CFTC Jacques Voisin a dénoncé "l'instauration d'une journée de travail gratuit", en réclamant une "solidarité juste".

Quelque 250 rassemblements et défilés étaient prévus dimanche en France pour la fête du Travail. Seules la CGT, la FSU, l'Unsa et l'union syndicale Solidaires ont décidé de manifester ensemble dans tout le pays.

A Paris, dans la matinée, 320 personnes, selon la police, ont défilé comme à l'habitude de la Bastille au mur des Fédérés à l'appel de l'union régionale Force ouvrière, alternant les slogans "augmentez les salaires, pas les horaires" aux cris de "non, non, non au travail obligatoire".

 

 

puce_little_metal_01La CFTC défile contre la suppression d'un jour férié

AP | 01.05.05 | 13:39

PARIS (AP) -- Quelques milliers de personnes répondant à l'appel de la CFTC défilaient dimanche à la mi-journée à Paris contre la suppression d'un jour férié pour financer la solidarité avec les personnes âgées et les handicapées.

Les manifestants, tous revêtus d'un tee-shirt bleu sur lequel on pouvait lire «Touche pas à mon jour férié!», ont quitté le parvis de la gare Montparnasse peu après 11h30 et doivent se rendre jusqu'au Champ-de-Mars. Les protestataires brandissent des mains en carton frappées d'un «Touche pas à ma Pentecôte!».

Le Comité des amis du lundi (CAL), créé fin 2003 et qui regroupe des syndicalistes, des élus locaux de droite comme de gauche ou encore de simples citoyens, tous opposés à cette mesure décidée par le gouvernement, participait au défilé.

«Non! Touche pas à mon lundi de Pentecôte», pouvait-on lire sur la banderole du CAL. «Le gouvernement est dans l'impasse, mais s'entête à vouloir maintenir une mesure mal conçue dans la précipitation et sans aucune concertation et qui ne répond pas aux problèmes soulevés», a déclaré à l'Associated Press Thibault Ivaldi, porte-parole du CAL.

Le président de la CFTC, Jacques Voisin, a de son côté fustigé «l'instauration d'une journée de travail gratuit». Cette manifestation a lieu dans le cadre des traditionnelles mobilisations syndicales du 1er mai.

Toujours à Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes doivent manifester ce dimanche en milieu d'après-midi entre la place de la République et celle de la Nation à l'appel de la CGT, de la FSU, de l'UNSA et du collectif «Solidaires» (syndicats Sud) pour la défense des salaires, de l'emploi, et du temps de travail. AP