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20040210

Courrier aux députés du 10 février 2004 / conséquences économiques

COURRIER ADRESSE AUX DEPUTES,
RELATIF AUX CONSEQUENCES ECONOMIQUES
DE LA SUPPRESSION D’UN JOUR FERIE

 

Monsieur le Député,

Vous aurez prochainement à débattre du projet de loi sur l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Si l’amélioration de cette prise en compte semble un objectif louable, le mode de financement retenu, à savoir la suppression du lundi de Pentecôte, nous semble inappropriée. Voici, en dehors des motifs sociaux et culturels (Demander le Dossier des Amis du Lundi) quelques raisons économiques

En contrepartie de ce jour de travail supplémentaire non rémunéré, le gouvernement crée un nouveau prélèvement social de 0,3% sur la masse salariale. Sous son aspect simple et séduisant, cette mesure est économiquement perverse, pour un gain qui n’est qu’hypothétique et de moyen terme.

En effet, son coût est immédiat et certain :

- hausse du coût du travail, de l’aveu même du Ministère des Finances. Cette nouvelle taxe sera payée dès le 2ème semestre 2004 et ne sera pas neutre pour les entreprises. Le montant collecté dépassera le surcroît de richesse créée lors de la journée supplémentaire de travail qui n’interviendra, en tout état de cause, qu’en 2005. Pour être totalement neutre, cela suppose une forte croissance économique, hypothèse peu probable à un horizon prévisible, selon les économistes.

- hausse du chômage : une étude de l’OFCE chiffre le nombre d’emplois détruits entre 20 et 30 000.

- destruction certaine d’une part importante de l’activité existante liée à ce lundi férié : dépenses d’hôtellerie, de restauration, de transport… Ce week-end est, en effet, l’un des deux seuls week-ends longs figurant toujours au calendrier ; il est donc très souvent retenu pour organiser des rassemblements culturels, sportifs, religieux… Ce sera parfois une catastrophe économique, comme à Nîmes, Moissac ou Vic-Fezensac, où les ferias et autres fêtes traditionnelles de Pentecôte ont un poids important dans l’économie locale.

Paradoxalement, le mode de financement prévu risque de compromettre le pari gouvernemental. A pouvoir d’achat inchangé, il ne faudra pas s’attendre à une hausse de la consommation, donc à un effet d’entraînement sur la croissance.

A l’inverse, cette mesure aura un impact négatif sur les finances publiques. Les salariés qui travaillent déjà le lundi de Pentecôte perdront leurs primes, d’où une baisse des cotisations sociales payées sur celles-ci. Par ailleurs, les salariés de la fonction publique étant concernés, l’Etat devra aussi cotiser à hauteur de 0,3 % de la masse salariale. Les dépenses de l’Etat augmenteront donc, avec à la clé un nouveau financement à inventer ?

C’est non seulement sur ces arguments, mais aussi pour des motifs culturels et sociaux, que nous avons crée le Collectif des Amis du Lundi, demandant que le financement du projet de loi soit trouvé par un autre moyen que la suppression d’un jour férié traditionnel.

A ce jour, nous avons recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures à la pétition que nous proposons, enregistré le soutien de nombreux élus locaux, dont certains de vos confères.

Quelle est votre position personnelle dans ce débat, et la position que vous défendrez lorsque le projet sera présenté à l’Assemblée ?

Dans l’attente de vous lire et peut-être de vous rencontrer, je reste à votre disposition et vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Jean Dionnot
Président du Collectif des amis du lundi
06-07-15-79-57
communication@lesamisdulundi.com