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20060609

La France coupée en deux

Lundi de Pentecôte :
La France coupée en deux.
C’est ça, la “solidarité” ??

L’ensemble des observateurs, citoyens, syndicats, patronat, et même certains membres du gouvernement s’accordent à dire que ce lundi de Pentecôte 2006 s’inscrit dans la droite ligne de 2005 : une cacophonie illisible, et une source de scandaleuses disparités.

La pagaille dans les transports, des parents au travail contraints de faire garder leurs enfants en vacances, la double peine appliquée aux entreprises, taxées et obligées de travailler sans camions ni courrier, une fonction publique majoritairement au soleil pendant que beaucoup d’entreprises du privé étaient au travail, spécialement les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas les moyens d’offrir la taxe de 0.3% à leurs salariés...

Si les professions libérales avaient quasi unanimement fermé leurs bureaux, pour ce qui est des salariés, 60 % d’entre eux environ étaient en congé et ont regardé travailler - avec quel rendement ? - 40% de malchanceux retenus par leurs entreprises, bien obligées de payer la taxe de M. Raffarin. Reste que les salariés ne constituent que 42% de la population active, et que 40% de 42% de personnes actives ne font que 16% de présence dans les bureaux et sur les chantiers....

 

Acharné autant que les ânes de son Poitou natal, M Raffarin, seul, avait décidé de travailler ostensiblement lundi. Sur le dossier de la CNSA ? Sans doute va-t-il y passer aussi son 14 juillet, son 15 août, et son 25 décembre, tellement son dossier est mauvais...

Logiquement, les protestations ont plu de toutes parts. Côté des premiers concernés, à savoir les anciens, les handicapés, les médecins et les professionnels de la santé, c’est la révolte. Côté syndicats patronaux, le MEDEF dénonce une “incohérence économique”, tandis que la CGPME relève les “inégalités” causées par la loi. Tous les syndicats de salariés, emmenés par la CFTC, s’élèvent contre cette “remise en question de la notion de solidarité”, et cette “atteinte au droit du travail”. Et du côté des citoyens, l’incompréhension est totale devant l’absurdité du dispositif.

Qui peut encore défendre une conception de la “solidarité” nationale qui coupe la France en deux ?

Même au sein du Gouvernement, les principaux concernés ont perçu qu’il y avait là un problème. M Larcher (Travail) pense que l’an prochain, il y aura “encore des ajustements”, M Bertrand (Santé) s’interroge sur les “modalités” de la journée dite “de solidarité”, M Perben (Transports) préconise “une meilleure organisation pour l’an prochain”.

Dominique de Villepin, depuis la Finlande, tout en évoquant curieusement des “bénéfices incalculables” (une erreur, probablement ?) a reconnu que le système n’était pas parfait. Loin s’en faut. Une semaine avant, à Chartres, déjà, il avait évoqué les “difficultés” et les “incohérences” de la taxe Pentecôte, incohérences qui avaient d’ailleurs été largement relevées par la Cour des Comptes dans son dossier de septembre 2005 concernant la CNSA.

Nous demandons à M. de Villepin de tirer le conclusions du rejet massif de cette mesure calamiteuse et inefficace : si un dispositif est incohérent à ce point, c’est l’abrogation qui s’impose. Doit-on, dans ce pays, brûler des voitures pour se faire entendre ?

Jusqu’à quand M. Raffarin sera-t-il assez puissant pour faire maintenir par ses successeurs les plus mauvaises de ses tocades ? Jusqu’à quand les citoyens devront-ils subir les errements des Gouvernants précédents ? Jusqu’à quand ce régime de petites “réformettes”, de petits “ajustements” hypocrites, qui ne contentent personne pour ne résoudre aucun problème ?

Le financement de la dépendance ne peut se traiter par dessus la jambe, à coup de suppression de jours fériés des salariés. Et supprimer une disposition rejetée par 80% des électeurs ne peut être que bénéfique à un inversement de la pente de cote de popularité, avis aux candidats pour 2007.

Etienne NEUVILLE
Secrétaire Général
COLLECTIF DES AMIS DU LUNDI - 9 JUIN 2006