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20050521

Editorial du 21 mai 2005

L’APRES 16 MAI : LE COMBAT CONTINUE !

 

Le fonctionnement presque normal de la RATP (dont les salariés avaient reçu une prime exceptionnelle de près de 100 euros...) et de la SNCF (qui avait transformé la journée dite “de solidarité” en 1 mn 52 de travail par jour...) a permis au Gouvernement d’ignorer les villes de province paralysées, les écoles et lycées déserts, les grévistes dans les hôpitaux, les conseils généraux et les mairies fermées, le parvis de la Défense vide, la désertion des centres touristiques et des hôtels...

Le 16 mai, ce sont plus d’un salarié sur deux qui avaient décidé de ne pas se rendre à leur travail, et que ce sont près de 8 français sur 10 qui lui demandent de maintenir le caractère férié du lundi de Pentecôte. On peut difficilement trouver signal plus clair.

Les questions de fond toujours sans réponses.

Aujourd’hui, le Gouvernement est toujours muet face à l’objection soulignant la ré-introduction du travail forcé par cette mesure d’esprit dirigiste. Il n’a pas davantage répondu sur le caractère profondément injuste d’une taxe “de solidarité” qui ne toucherait que les salariés.

Il semble totalement ignorer l’aspect social de cette mesure, les milliers de manifestations cuturelles, sociales, familiales, qu’elle supprime. Il demeure tétanisé par une équation absurde : solidarité = travail gratuit des salariés = suppression d’un jour férié traditionnel.

Il évite soigneusement le débat économique et reste sans réponse devant l’INSEE, chiffrant le rendement de la mesure à 0% de PIB, de l’OFCE, qui l’estime dangereuse pour l’emploi, de l’AMF, qui estime son coût à 0.3 point d’impôts locaux, devant l’ACOSS qui estime qu’elle est de nature à dégrader ses comptes.

Muré dans sa certitude, il refuse d’établir un dialogue avec qui que ce soit, partenaires sociaux, professionnels de la santé, représentants des personnes âgées, représentants associatifs, etc.

De l’aveu même de M Douste-Blazy, le Gouvernement est aujourd’hui incapable de chiffrer précisément les besoins financiers liés à la prise en charge de la dépendance. Deux millards, quatre, six, dix ?

Au-delà du Lundi de pentecôte, où est la réflexion du Gouvernement sur le problème de la dépendance ? Où sont ses projets pour la France de demain ? Pourquoi refuser d’ouvrir une consultation sur le sujet ? Quel est le niveau de protection sociale vers lequel il souhaite nous mener ? Faut il baser la prise en charge de la dépendance sur un système “tout-Etat” ou sur un système faisant davantage appel à la responsabilité individuelle ?

Autant de questions sans autres réponses que des slogans péremptoires et dogmatiques.

Une seule obsession gouvernementale : imposer la mesure à long terme.

L’objectif du Gouvernement reste très clair : il s’agit bien d’imposer le principe de la journée dite “de solidarité”, coûte que coûte, en jouant maintenant sur la durée. C’est le sens des déclarations constantes de M Raffarin ou de Mme Vautrin. M Balladur, quant à lui, en réclame une seconde...

Inquiet de l’impact certain de la question du lundi de Pentecôte sur le résultat du référendum du 29 mai, le Gouvernement est tout de même contraint de lâcher un peu de lest.

D’ou l’adoption de certaines mesures dérogatoires ou de primes accordées à telle ou telle catégories de salariés, mesures dont la reconduction pour 2006 est très loin d’être acquise. Exemple emblématique, la “minute SNCF”, adoptée avant le 16 mai, vient d’être déjà transformée en 3H30 trimestielles (après le 16 mai), en attendant sans doute que cette décision soit reconnue illégale et donc un retour à la norme pour les années suivantes.

Il faudrait donc faire preuve d’une certaine naïveté pour penser que l’optique fondamentale du Gouvernement va changer pour 2006. Même s’il déclare que des adaptations sont possibles dans les modalités (une journée de Toussaint, le 8 mai ?), il demeure compulsivement accroché au principe.

Une “commission d’évaluation” chargée d’avaliser la taxe Pentecôte.

Il en est de même avec la “commission d’évaluation” du Lundi de Pentecôte.

Cette commission, obtenue à l’arrachée par M Christ en Novembre 2004, avait été prestement enterrée, pour ressusciter opportunément début Mai 2005.

Sa composition en dit long sur les intentions du Gouvernement : elle se compose de treize membres, dont sept parlementaires (6 UMP, 1 UDF), et six hauts fonctionnaires et personnalités proches du pouvoir.

N’en font partie aucun membre de l’opposition parlementaire, aucun représentant professionnel, aucun représentant syndical, aucun représentant associatif, aucun représentant de la CNAV ou de l’ADEPAH, aucun représentant du CAL, aucun représentant de la France qui produit. M Fournier, Maire de Nîme, a vu sa candidature également rejetée.

Non, la commission ne regroupe que de fervents partisans de la journée dite “de solidarité”, ce qui lui rend difficile de prétendre à une représentativité du corps social. Mais l’objectif que lui fixe M raffarin est clair : envoyer un signal rassurant, au moins jusqu’au 29 mai au soir.

Des solutions alternatives à la suppression d’un jour férié.

Il est pourtant nécessaire de sortir de cette ornière. La suppression d’un jour férié ne pouvant résoudre la question de la dépendance, il est mécaniquement obligatoire de trouver des solutions alternatives.

Ces solutions ne sont pas excessivement difficiles à trouver, mais elles passent d’abord par l’ouverture d’une réflexion beaucoup plus large, qui pourrait être confiée au Conseil Economique et Social, qui est le reflet du corps social dans son ensemble et qui a les compétences pour mener ces travaux : puisque le Gouvernement affirme que le problème de la dépendance est le défi majeur des années qui viennent, on comprend mal que sa seule réponse soit d’imposer au forceps un pareil bricolage, et qu’il puisse se passer d’une réflexion d’ensemble sur le sujet.

S’il est établi que davantage de travail salarié soit nécessaire (mais il est très probable que le débat sur le temps de travail ne soit pas à mélanger avec le débat sur la dépendance), ces solutions passent toujours par la rétribution normale de ce travail salarié, car tout travail mérite salaire. Il faudra bien un jour que la France qui gouverne cesse de penser que la France qui bosse est incapable d’entendre un discours responsable, s’il est marqué au coin de la vérité, ou de penser qu’elle n’est constituée que d’un conglomérat de paresseux et d’égoïstes.

Enfin, s’il est établi que des prélèvements sociaux supplémentaires sont nécessaires, ces solutions passent par une assiette de cotisants répartie le plus équitablement possible : les salariés ne sont pas les seuls à avoir des grands parents, et l’on comrendrait mal le refus de s’appuyer sur le dispositif qui a été crée pour cela, à savoir la CSG.

C’est ce que le Collectif des Amis du Lundi demande aujourd’hui au Gouvernement.

Le CAL, fidèle à sa mission de départ, suivra attentivement les travaux de la commission d’évaluation, et ne manquera pas de prendre toute sa part dans ce débat, et d’informer les citoyens sur le déroulement des travaux.

 

Etienne Neuville
Secrétaire Général du CAL