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20050330

Lundi de Pâques : cacophonie et gaspillage

 Les nouvelles du front au 30 mars.
Lundi de Pâques :
cacophonie & gaspillage,

Ca chauffe pour le lundi de Pentecôte !...

Après le cafouilleux lundi de Pâques, l’actu sur le sujet est très riche. Malgré la démonstration de l’évidente absurdité de la mesure, et de son refus général, le lundi de Pentecôte reste toujours menacé par l’incroyable acharnement du Gouvernement.

Synthèse des événements...

 

Le lundi de Pâques, un fiasco grandeur nature

Le département du Gard, le territoire de Belfort, les villes de Vic Fézensac et de Moissac ainsi que six communes d’alentour, avaient obtenu une dérogation leur permettant d'échanger le lundi de Pentecôte contre le lundi de Pâques, pour préserver des manifestations culturelles très importantes : férias de Vic et de Nîmes, festival de musique de Belfort, fête de la batellerie de Moissac.

En Alsace, c’est le Vendredi Saint que certaines entreprises avaient choisi pour travailler, au mépris du droit local, s’attirant une “protestation énergique” unanime du Conseil Général du Haut Rhin.

Au lendemain de ce premier lundi de Pâques travaillé, préfigurant le déroulement du lundi de Pentcôte (16 mai), tous les observateurs s'accordent à noter le désordre de cette journée, fiasco généralisé, ainsi que le gaspillage considérable d'argent public qu'elle représente.

Absentéisme scolaire généralisé, administrations au ralenti pour un public absent.

Du côté scolaire, les élèves (qui ne sont pas concernés par la loi, n'étant pas salariés) ont logiquement été largement absent de leurs salles de cours : de 60 à 80% d'absentéisme. Au lycée agricole de Nîmes, par exemple, seuls 18 élèves étaient présents sur les 600 qu'acceille normalement ce lycée...

Les administrations, de leur côté, ont tourné au ralenti, de nombreux salariés ayant posé une journée de RTT. Elles ont ouvert de rares guichets pour un public absent. Quelle production supplémentaire de richesses peut-on attendre de cette journée ? Certaines situations demeureront dans une anthologie de l'absurdité : entre autres exemples, la préfecture du Gard est ouverte à Pâques mais les guichets de cartes grises ne peuvent pas fonctionner parce que c'est un réseau national...

Gaspillage des deniers publics

Cette journée gâchée n'est naturellement pas sans incidences financières considérables.

L'administration va devoir s'acquitter elle aussi de la nouvelle taxe de 0.3% sur la masse salariale, alors que les richesse produites seront bien en deçà, voire nulles. Les collectivités locales ont du maintenir le fonctionnement des transports scolaires pour des élèves absents, les cantines, les infrastructures collectives, etc. Le coût gaspillé des transports scolaires représente à lui seul 100.000 euros pour le département du Gard, alors que ce montant est évalué à 200.000 pour la ville de Nîmes... Les impacts financiers négatifs sur l’activité économique, les pertes en rentrées de TVA n’ont jamais été évaluées. Devinez qui paye...

Dernier élément en date, l'ACOSS vient de rendre public que la suppression du lundi de Pentecôte aura pour effet d'accentuer le déficit de la Sécurité Sociale (5.4 millard d'euros de déficit attendu), en entraînant un surplus de dépenses d'assurance-maladie.

Une mesure rejetée à l’unanimité

Le refus des citoyens, mais aussi des élus confrontés à la mesure, est unanime : le maire socialiste de Vic, M. Sanroma, comme le maire UMP de Nîmes, M. Fournier, dénoncent le fiasco de cette journée de solidarité. M Alary, Président du Conseil Général (PS), parle lui de "pétaudière". et demande le retrait de la mesure, M. Christ (député UMP du Haut-Rhin, membre du CAL) et M. Lachaud (UDF, Gard), ont interpellé le Premier Ministre au sujet des répercussions négatives qu'entrainera la suppression du lundi de Pentecôte férié, en lui faisant part du mécontentement manifeste des Français, cette mesure devant de plus s'appliquer quinze jours avant le référendum européen...

"Le gouvernement a eu ici un avant-goût de ce qui va se passer durant le lundi de Pentecôte. Les Français sont attachés à leurs traditions et n'iront pas travailler", a prédit M. Fournier.

Parents d’élèves, enseignants, syndicats, salariés, tous montent au créneau

Le lundi de Pentecôte s'annonce chaud, très chaud, si aucun changement majeur d’orientation ne survient au sujet de cette mesure.

D'ores et déjà, la CFTC et la CGT métallurgie ont déposé un préavis de grève nationale pour le 16 mai. La CFDT réfléchit à ce sujet et devrait embrayer le pas. Pour FO, le lundi de Pentecôte “ça ne passe pas”.

La FCPE (la plus importante organisation de parents d’élèves) adopte la même que le CAL : "cette journée ne concerne pas les élèves qui ne peuvent y contribuer financièrement car ils ne sont pas salariés". La FCPE demande donc aux parents de ne pas envoyer les enfants à l’école ce jour là. Ironie, M. Jacquat, le propre rapporteur du projet de loi, déplore lui-même que l’Education Nationale “n’aie pas respecté l’esprit de la loi” en prenant tous les enfants en otage. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir été prévenu...

La FSU (la plus importante organisation d’enseignants) juge la taxe Pentecôte "démagogique", "inefficace économiquement et ne pouvant servir qu'à déstabiliser l'école", et demande au Premier Ministre de revenir sur cette mesure. Elle discute aussi de la possibilité d'un mot d'ordre de grève pour le 16 mai, réponse mi-avril. Le SNES a lancé l'idée d'une "grande journée interprofessionnelle d'action" pour ce lundi de la Pentecôte 2005, à quinze jours du référendum sur la constitution européenne, tandis que l'UNSA rejette également la taxe Pentecôte.

Côté gouvernement ? “Tout va très bien, Madame la Marquise...”

Cela ne semble pas inquiéter outre mesure François Fillon, Ministre de l'Education Nationale, pour qui il suffit d'attendre "un peu de temps" pour "ancrer de nouvelles habitudes dans l'esprit des Français", selon ses déclarations tranquilles du 30 mars 2005 sur RTL...

Face à la résistance des citoyens, M Léonetti, premier vice-Président du groupe UMP, a proposé le 29 mars l'activation précipitée du comité d'évaluation du lundi de Pentecôte, comité dont la création avait été accordée de guerre lasse par M Raffarin le 3 novembre 2004, et enterré aussi rapidement que discrètement... D'après ces propos relativement évasifs, ce comité pourrait proposer la suppression d’un jour des congés de la Toussaint au lieu de la Pentecôte, logique de sapeur Camember, selon la piquante expression d’Alain Duhamel, qui ne résoud évidemment rien... Toutefois, nous notons avec satisfaction que M Léonetti, dit maintenant rejoidre la position du CAL et de la FCPE, affirmant que "la journée de solidarité dans l'Education nationale ne concerne pas les enfants", et suggèrant donc que cette journée, pour ce qui concerne les enseignants, soit effectuée sous la forme d'une "journée de formation", en l'absence des élèves.

Mais M Léonetti précise toutefois que la position gouvernementale n’a pas changé : le principe de cette journée dite "de solidarité" (dont M Douste-Blazy, ancien opposant à la mesure, avait souligné le 17 mars dernier l’inefficacité), n'est pas remis en cause, se pose seulement "la question de savoir si le lundi de Pentecôte était la bonne date".

Même son de cloche du côté de M Raffarin, qui déclarait Mercredi 30 mars au soir que son gouvernement maintiendrait «le dispositif de la journée nationale de solidarité pour le lundi de Pentecôte»... Aveugle et sourd, et jugeant définitivement la France d’en bas incapable du plus simple bon sens, Monsieur Raffarin estime encore qu’il faut “expliquer aux Français”, marteler la pédagogie, faire de la communication. Sous d’autres régimes, on appelle cela, plus simplement, de la propagande. Une telle dépense d’intelligence, d’obstination, serait sans doute mieux employée sur des problèmes autrement plus importants, tels la diminution du chômage ou la réduction d’un déficit public devenu colossal.

Pourquoi tant d'acharnement à soutenir une mesure sans portée réelle, rejetée massivement, dont l’expérience de ce lundi de Pâques démontre amplement l’absurdité ?