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20040414

Communiqué 14 avril 2004

La déclaration de M. Barrot : une opération de communication entre désinformation et propagande.

M. Jacques Barrot vient d’annoncer (14 avril, 10h00) l’orientation prise par l’UMP. Il explique que finalement, "on s'est aperçu qu'il était préférable de laisser un peu choisir par les français la journée de solidarité qu'ils entendaient donner aux autres". Au passage, nous ne manquons pas d’apprécier à sa juste valeur le libéralisme délicieux d’une UMP qui permet de choisir “un peu”. C’est gentil.

Mais dans les faits, que proposent M Barrot et l’UMP ?

Pour le secteur privé, rien de neuf.

La suppression du Lundi de Pentecôte est maintenue comme rêgle générale. Le projet de loi prévoit toutefois que, sous réserve d’une négociation, un autre jour puisse être choisi, éventuellement un jour de RTT. Encore est-il difficile d’imaginer que le secteur privé ne s’aligne pas sur le public, pour des raisons pratiques évidentes, et particulièrement celle des enfants en âge scolaire, dont les dates de vacances ne coincideraient pas avec les congés de leurs parents. Mais cette disposition figurait déjà dans la première édition projet de loi, de Janvier 2004. Monsieur Barrot prend sans doute les Français un peu pour des gourdes.

Pour le secteur public, M Barrot propose simplement qu’un autre jour férié puisse être pris en remplacement du lundi de Pentecôte !

A défaut de pouvoir expliquer pourquoi il est normal qu’une caisse de solidarité soit financée par le seul effort des salariés (1,7 milliard d’euros sur 1.9, soit 90% de l’effort), à défaut de pouvoir prouver qu’en période de récession économique la suppression d’un jour férié et l’accroissement des prélèvements obligatoires produira effectivement un solde net positif, l’UMP en est réduit à proposer le chambardement du calendrier !

Selon cette proposition ahurissante, n’importe lequel des 11 jours fériés définis par l’article L222-1 du code du travail (à la restriction près du 1° mai, férié et légalement chômé) pourrait être utilisé en remplacement du Lundi de Pentecôte, sur décret du Conseil d’Etat ! Ainsi, il serait possible au secteur public de travailler le 14 Juillet, à Noël, le 1er janvier ! Belle démonstration d’unité nationale que ce traitement discriminatoire public/privé (sans parler des salariés du privé non soumis à RTT), que cet éclatement calendaire, perte d’un repère commun.

Bien évidemment, cette proposition est inapplicable et n’est qu’une opération de communication, visant à faire croire que le lundi de Pentecôte ne serait plus menacé. Nous attendons autre chose de nos élus que ces discours de marchands de lessive.

Le bon sens eut privilégié la solution la plus simple : si les salariés doivent travailler un jour de plus, une vraie liberté consiste à laisser choisir LIBREMENT une journée de RTT par les salariés du privé, et une journée de repos compensateur par les salariés du public. Dans cette hypothèse, AUCUNE modification au calendrier des jours fériés n’est nécessaire.

Encore faudrait-il s’assurer que le vote de ce texte dont tous les groupes politiques et professionnels s’accordent à pointer les insuffisances, soit véritablement opportun à quelques mois de la réforme annoncée de la Sécurité Sociale.

 

Etienne NEUVILLE
Secrétaire général du CAL
14 avril 2004