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Une partie du bénéfice reste dans les caisses des entreprises. Que fait le MEDEF ?

Michel Bancal, conseiller municipal de Versailles

Une partie du bénéfice reste dans les caisses des entreprises. Que fait le MEDEF ?

Suppression du lundi de Pentecôte :

Une part du bénéfice de la mesure restera dans les caisses des entreprises

La polémique avait fleuri il y a quelques semaines : Le bénéfice de la suppression du lundi de Pentecôte ne serait pas uniquement destiné aux personnes âgées.

Le gouvernement a démenti cette rumeur. Pourtant une petite démonstration prouve qu’une part non négligeable des sommes produites par cette mesure restera tout simplement dans les caisses des entreprises.

Pour simplifier : L’ensemble des salariés d’une entreprise privée, normalement gérée, produit chaque jour de quoi payer la totalité de la masse salariale journalière et un ensemble de charges diverses. Elle produit aussi, si les choses vont bien et que les actionnaires ne sont pas d’heureux philanthropes, de quoi dégager du bénéfice.

Comme pour les autres jours, le bénéfice du lundi de Pentecôte, s’il y en a, restera dans les caisses de l’entreprises (à partager entre les actionnaires, le fisc, ...)

En ce qui concerne les charges, il n’y a aucune raison que le coût soit plus important ce jour-là que les autres jours : Les loyers, par exemple, sont identiques que l’entreprise travaille 217 ou 218 jours.

Mais, avec la suppression du lundi de Pentecôte, le temps de travail augmente de 0,45% environ. On peut penser que la part de la production, prévue pour payer la masse salariale, augmente dans la même proportion. Or, le lundi de Pentecôte les salariés travaillent gratuitement, c’est donc 0,45% de la masse salariale qui devrait être reversé à destination des personnes âgées, et non 0,3% comme prévu par le gouvernement.

En bref, même dans les entreprises qui ne dégagent aucun bénéfice, un tiers du produit de la suppression du lundi de Pentecôte n’est pas destiné aux personnes âgées…

À ceux que mon raisonnement laisserait de marbre, je conseille de chercher, dans les médias, les interventions des représentants du MEDEF pour protester contre cette nouvelle taxe. Bizarrement, ils n’en trouveront aucune !

Car, pour couronner le tout, ce nouvel impôt que même les salariés non-imposables paieront, ne figure nul part sur leurs feuilles d’impôts : par un habile tour de passe-passe cette journée de travail gratuit, qui leur est imposée figure sur leur feuille de paye dans … les charges patronales.

 

Michel BANCAL

Conseiller Municipal de Versailles