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Une mesure injuste pour un rendement nul.

 

Etienne WEIRICH, Comité Départemental UMP Gironde, Comité de Circonscription UMP Médoc

Une mesure injuste pour un rendement nul

Une mesure injuste pour un rendement nul

Chers amis,

Fin août 2003, après des épisodes caniculaires dont on connaît aujourd'hui les conséquences, les services du premier ministre lui ont soufflé une solution : faire travailler les Français un jour de plus en supprimant un jour férié. Le lundi de Pentecôte était alors envisagé. Dès lors, je n'ai eu de cesse d'informer le premier ministre des conséquences néfastes d'une telle décision. Au fur et à mesure de ma réflexion, les arguments en la défaveur de la suppression du caractère férié du lundi de Pentecôte augmentaient. Parallèlement, il n'y avait aucun argument en sa faveur.

Bien entendu, il ne s'agit pas de s'opposer à quelque solidarité envers les personnes dépendantes, même si je pense que le rôle de la famille est dans ce cas primordial. Mais inventer une usine à gaz et créer un nouvel impôt pour ce seul objectif ne me semble pas la meilleure des idées. On a vu ce que cela pouvait donner avec la vignette automobile. Ce n'est pas parce que Mme Martine Aubry a commis une erreur économique fondamentale en tentant de nous faire croire que nous pourrions travailler moins et gagner autant que nous devons à notre tour accepter une autre erreur au moins équivalente en terme d'absurdité.

Malgré cela, début novembre, le premier ministre annonçait sa décision : le lundi de Pentecôte ne serait plus férié à partir de 2005. Les salariés français devront travailler un jour de plus, permettant ainsi d'engranger une augmentation du PIB. En contrepartie, les entreprises seraient taxées d'un nouvel impôt. C'est la théorie du quantième : un jour travaillé de plus sur 200 actuellement, cela représente 0, 50 % de PIB. Travaillons 7 jours sur 7, ce sont alors 114 % de PIB que l'on dégagera !

Mon opposition à cette décision, basée uniquement sur une réflexion d'intérêt général, se radicalise. Le mardi 14 janvier 2004, malgré les nombreuses oppositions qui se font entendre un peu partout en France, le premier ministre a fait adopter par le conseil des ministres l'ensemble de son plan concernant la solidarité aux personnes âgées.

Vous trouverez ci-dessous la liste non exhaustive de mes arguments en défaveur de la suppression de ce jour férié. Beaucoup d'autres arguments sont présentés par les uns et les autres ; vous pouvez notamment les retrouver sur le site Internet : www.lesamisdulundi.com.

Ces arguments, je les ai soumis au service du premier ministre, mais également à d'autres ministres : François Fillon, ministre des affaires sociales ; Jean-François Lamour, ministre des sports ; Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur. Bien entendu, j'ai également écrit à des députés : Jean-François Régère, député du Médoc ; Alain Juppé, député de Bordeaux et président de l'UMP ; Marie-Hélène des Esgaulx, députée et présidente de l'UMP Gironde ; Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale. Ces derniers courriers étant trop récents, j'attends encore les réponses. Un court débat avec Alain Juppé a confirmé ma position : il n'y a aucun argument en faveur de la suppression du lundi de Pentecôte.

Ce n'est pas la consommation qui fait la croissance, mais l'investissement. Parce qu'il fournit de l'emploi, qui donne le pouvoir d'achat, qui génère la consommation. Si travailler un jour de plus crée des richesses supplémentaires, tant mieux. Hélas ! Si le fruit de ce travail est confisqué par l'Etat pour être dépensé dans une "Sécu Vieux", nouvelles pompes à finances qui en demandera rapidement toujours plus, cela ne servira à rien. C'est la réinvention de la Corvée du moyen âge. (L'Express du 15 janvier 2004).

Cependant, seule une mobilisation forte permettra, sinon d'obtenir le recul du premier ministre, ce à quoi je ne crois guère, tout au moins qu'une majorité de députés annulent par un amendement cette mesure.

Si vous êtes convaincus par mes arguments, si vous avez vous-même d'autres arguments à la défaveur de cette mesure, en un mot, si vous aussi vous pensez que supprimer le caractère férié du lundi de Pentecôte est une erreur monumentale, il est indispensable que vous écriviez au premier ministre Jean-Pierre Raffarin, à votre député, à votre sénateur, que vous signiez l'une ou l'autre des pétitions présentes sur le site Internet cité plus haut.

  • · Une mesure injuste, car tous les salariés ne travaillent pas le lundi, certains à temps partiel ne travaillent que les lundis. D'autres, nombreux, travaillent en roulement 7 jours sur 7 et ne sont donc pas concernés par les jours fériés. Seule une infime proportion des salariés sera donc amenée à participer à la solidarité. Les salariés représentants 43 % des Français, on peut imaginer que seuls 25 % des Français participeront à cette solidarité nationale.
  • · Une mesure injuste, car toutes les entreprises seront soumises à l'impôt nouveau, sans distinction de la réalité du bénéfice réalisé.
  • · Une atteinte à certaines réunions, le week-end de Pentecôte étant l'un des deux seuls week-ends prolongés de l'année. D'un coup de crayon, le Premier Ministre a détruit les nombreux tournois sportifs qui se déroulaient ce week-end et qui sont le fruit d'un travail de bénévoles depuis de nombreuses années. Rien que dans le bordelais, il y a une dizaine de tournois de football réunissant des enfants de 8 à 18 ans de toutes régions, voire de l'étranger. Ajoutons le basket, le rugby, le hand, le tennis, etc., etc., et multiplions par le nombre de villes. Ce sont des millions d'enfants qui pâtiront de ce coup de crayon.
  • · Un rendement aléatoire, car tous ces jeunes qui voyageaient, tous ces bénévoles qui les accueillaient, toutes ces familles qui partaient en week-end dépensaient une masse d'argent qu'ils ne dépenseront plus, et l'Etat n'encaissera plus la TVA correspondante.
  • · Un rendement économique nul, car :
    • · Les administratifs, fonctionnaires et salariés du secteurprivé, feront simplement le même travail sur 5 jours, au lieu de 4 (pour ceux qui travaillent habituellement le lundi).
    • · Les productifs, fonctionnaires et employés des services publics travaillant déjà 365 jours par an (EDF-GDF, SNCF, Hôpitaux, Télécoms, transports publics divers, sécurité, etc.) ne feront rien de plus.
    • · Les commerçants ne vendront pas plus, car les consommateurs ne consommeront pas plus.
    • · Les industriels produiront peut-être plus, à condition qu'ils puissent vendre plus. Sinon, ils useront en fin d'année de mesures de chômage technique.
    • · Les hôteliers et restaurateurs perdront du chiffre d'affaire.
    • · Les commerçants en zones touristiques perdront du chiffre d'affaire.
    • · Les transports publics (SNCF, autoroutes, Autocars, Avions) perdront du chiffre d'affaire.

Des solutions alternatives et au rendement largement supérieur existent. Parmi celles-ci, l'augmentation de temps de travail sans suppression de jour férié. En effet, la mesure actuellement prévue consiste à augmenter sans le dire le temps de travail de quelques salariés. L'objectif initial est de compenser auprès des entreprises l'impôt nouveau en leur permettant de faire travailler 7 heures de plus leurs salariés. Comme précisé ci-dessus, cet
objectif ne sera pas atteint et de nombreuses entreprises seront perdantes. En augmentant le temps de travail de tous, TOUTES les entreprises s'y retrouveront. (Par réalisme, ne pouvant m'opposer à tout, j'ai décidé d'accepter le principe de l'usine à gaz pour ne m'attaquer qu'à la mesure la plus absurde de ce projet : la suppression du lundi de Pentecôte.)

Cela, pour le point économique et celui de l'égalité des entreprises et des français devant l'effort demandé. Reste le point primordial à mon sens, celui des enfants.

Comment peut-on accepter la destruction du travail de centaines de bénévoles qui, depuis de nombreuses années, consacrent une grande partie de leur temps à l'encadrement de jeunes et d'enfants ? Aucun tournoi sportif ne survivra à une telle mesure. Les organisateurs sont aujourd'hui complètement désabusés devant un tel désintérêt des politiques. Nous nous plaignons suffisamment du manque de bénévoles compétents dans l'encadrement des jeunes pour ne pas en rajouter sur ce sujet. Préférez-vous des jeunes sur les stades à apprendre et respecter des règles communes ou dans les cités à brûler des voitures ? Les enfants d'aujourd'hui sont les citoyens de demain. Les tournois de fin d'année font aussi partie de leur vie et de leur éducation. Ils leur permettent de rencontrer des jeunes d'autres régions, voire d'autres pays. Et seul un week-end de 3 jours permet ces réunions avec un minimum d'absence scolaire.

Mon opposition d'aujourd'hui n'est pas une opposition stérile consistant à défendre des soi-disant avantages acquis. Non. Il s'agit de défendre la justice, l'équité et le respect.

Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ce message.

Etienne WEIRICH
Comité Départemental UMP Gironde
Comité de Circonscription UMP Médoc

21/1/2004