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La presse du 1er au 18 avril 2005

puce_little_metal_01A un mois d'une Pentecôte agitée

Radio France, 18 Avril 2005

A un mois du lundi de Pentecôte, le gouvernement se préoccupe à nouveau de sa journée nationale de solidarité. Il faut dire qu’à l’heure du campagne pour la constitution européenne déjà bien difficile, les initiatives de communes, conseils généraux, d'entreprises ou syndicats se multiplient pour maintenir ce jour férié.

« Une journée de solidarité, c'est l'équivalent de douze Téléthon pour les personnes âgées et huit pour les handicapés », plaidait samedi dernier dans une interview publiée par Libération Catherine Vautrin, secrétaire d'Etat aux Personnes âgées. Et celle que l’on surnomme "la Sarko social" d’annoncer que le gouvernement va lancer, début mai, une campagne d'information pour expliquer l’utilité de sa mesure. « Plutôt que de toucher au pouvoir d'achat en augmentant l'impôt, Jean-Pierre Raffarin a choisi de dire : on fait un effort national, on se mobilise » explique déjà Catherine Vautrin. A propos de ce qui est une des résultantes de la réflexion post canicule, la secrétaire d'Etat affirme que « Les personnes âgées concernent un Français sur trois (...) Travailler un jour par an pour eux (les aînés), ce n'est quand même pas dramatique ».

Mais le défi semble plus que conséquent car six des sept fédérations de fonctionnaires ont annoncé vendredi leur intention de faire de ce lundi « une journée d'action, n'excluant pas la grève ». La CGT, première confédération du pays, la FSU, première fédération de l'Education nationale, et l'union syndicale Solidaires, qui regroupe les syndicats Sud, ont d'ores et déjà appelé à faire du 16 mai une journée interprofessionnelle de grève pour défendre les salaires, l'emploi, la réduction du temps de travail, la protection sociale et les retraites. FO doit se décider jeudi et la confédération des cadres CFE-CGC prévoit de boycotter cette journée de solidarité via la prise d’un jour de RTT. Seule la CFDT, également opposée à la suppression d'un jour férié, se montre réservée sur la proposition de faire grève à moins de deux semaines du référendum du 29 mai.

Des préavis de grève ont déjà été déposés à la SNCF et à La Poste et, dans le privé, des appels ont été lancés dans la métallurgie, le transport ou les sociétés d'études. Les salariés du groupe pétrolier Total ont déjà cessé le travail sur ce motif vendredi dernier, à l'appel de la CGT et la CFDT. Enfin, un "Collectif des amis du Lundi", né en novembre 2003 et qui rassemble « plus de 110 députés de tous bords politiques », a lancé une pétition qui aurait recueilli quelque 150.000 signatures sur son site internet. Elle rejette « le principe du travail forcé », et dénonce une journée de solidarité « financée par 40% des Français seulement », aux conséquences économiques néfastes, pour les finances locales notamment.

Par le biais des cotisations sociales supplémentaires générées, le gouvernement attend deux milliards d'euros de recettes de ce jour de solidarité, qu'il a fixé par défaut au lundi de Pentecôte. Les entreprises et les autorités locales étant, elles, libres de l'organiser un autre jour férié.
 
 

 

puce_little_metal_01Pentecôte travaillée: la CFTC attaque en justice

France 3 18/4/05

La CFTC attaque le gouvernement en justice pour "travail forcé" au sujet du jour de Pentecôte travaillé

Le syndicat chrétien, monté très tôt au créneau contre cette loi, dénonce une "solidarité" imposée aux salariés mais pas aux professsions libérales, aux artisans, ni...aux parlementaires.

Si le tribunal administratif de Paris saisi en référé d'ici à mercredi ne lui donne pas raison, la CFTC fera appel devant le Conseil d'Etat.

Pour le syndicat chrétien, supprimer le jour férié du lundi de Pentecôte en instaurant une journée de travail supplémentaire non payée de "solidarité" pour financer un plan gouvernemental en faveur des personnes âgées et handicapées est "assimilable à du travail forcé", a expliqué Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC.

D'une part le "recours au travail forcé obligatoire, sans rémunération ni contrepartie, est prohibé", fait valoir le syndicat. D'autre part la loi "se réfère à la solidarité nationale", or "seuls les salariés" sont mis à contribution, alors que "les agriculteurs, les artisans, les professions libérales, les retraités et les parlementaires ne sont pas concernés", fait-il remarquer.

La CFTC plaidera qu'une telle disposition est "contraire aux principes de non-discrimination et d'égalité devant la loi et devant les charges publiques inscrits dans la déclaration européenne des droits de l'homme", a indiqué l'avocat de la CFTC Bruno de Premare, selon lequel cette démarche "est une première".

Cette mesure "correspond au travail forcé tel qu'il est défini par l'Organisation internationale du Travail (OIT)", a indiqué M.de Premare. "Nous espérons faire jurisprudence", a-t-il affirmé, dans un domaine juridique quasi vierge au plan européen.

Le syndicat souhaite que l'administration soit contrainte par la justice à suspendre l'exécution de cette mesure et que le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo organise une réunion de concertation avec les partenaires sociaux.

 

 

puce_little_metal_01De nombreuses sociétés décident que leurs salariés ne travailleront pas le lundi de Pentecôte

LE MONDE | 18.04.05 | Jean-Baptiste Duval

L'affaire est entendue : pour Christian Stoll, directeur des ressources humaines (DRH) de Mondial Assistance France, le lundi de Pentecôte restera un jour férié. Le 29 mars, il a réglé la question avec les syndicats de l'entreprise. "La journée de solidarité ne sera pas travaillée. Il s'agit d'une disposition à durée indéterminée", assure-t-il.

En clair, pas question de remettre le sujet sur le tapis en 2006. En renonçant à cette journée d'activité, Mondial Assistance accepte de verser 0,3 % de sa masse salariale brute annuelle (126 000 euros), sans contrepartie, à l'Urssaf. C'est le prix à payer pour apaiser les salariés. "Nous n'avons pas envie de déclencher un mouvement social pour si peu", conclut le DRH.

Shell, BASF, Neuf Telecom... comme Mondial Assistance, à moins d'un mois du lundi 16 mai, de plus en plus d'entreprises sont prêtes à épargner cette journée de travail supplémentaire à leurs salariés, qui ne financeront donc pas directement le plan de solidarité aux personnes dépendantes, décidé après la canicule de l'été 2003 et voté en mai 2004 par le Parlement.

Autre exemple, celui de TF1 où Patrick Le Lay, le PDG, avait décidé, dès le 27 janvier, de verser 600 000 euros afin que les 3 500 employés de la Une et de ses filiales restent chez eux le 16 mai.

Les entrepreneurs sont nombreux aujourd'hui à constater que cette mesure est très impopulaire auprès de leurs salariés. "Elle rentre en résonance avec les revendications sur le temps de travail et l'augmentation des salaires", estime Jean Dionnot, le président du Collectif des amis du lundi (CAL), qui réunit 110 députés et 40 sénateurs, de droite comme de gauche. Selon lui, "beaucoup de chefs d'entreprise" sont sensibles à ses arguments. "Cette affaire leur pose un double problème : ils ne veulent pas se froisser avec leurs employés et les syndicats", résume M. Dionnot.

La situation chez Total est révélatrice du malaise actuel. Une première tentative de négociation, vendredi 8 avril, s'est soldée par une journée de grève, à l'initiative de la CGT et de la CFDT. Et les syndicats du groupe appellent à une nouvelle "grande journée d'action" le 16 mai. "La direction nous a servi le couplet sur la solidarité, raconte Michel Gogail, coordinateur CGT dans le groupe Total. Nous sommes évidemment favorables à une journée de solidarité mais nous trouvons inadmissible qu'un groupe comme Total, qui réalise 9 milliards d'euros de profit, demande une journée de travail gratuite à ses employés."

Reste que la plupart des entreprises n'ont pas signé d'accord avec leurs syndicats. Ici, c'est la loi qui fixera la règle. Le 16 mai ne sera pas chômé chez Essilor, ainsi que par les salariés de France Télécom ou de L'Oréal. Les guichets de BNP Paribas seront ouverts au public. Même chose à La Poste, où le lundi de Pentecôte devrait être "un jour comme les autres".

CALMER LES ESPRITS

Appliquer la loi n'empêche pas pour autant de prendre des mesures particulières afin de calmer les esprits. Ainsi à la Société générale, en pratique, le 16 mai restera férié. La direction a décidé de poser ce jour-là une RTT "employeur", qui rentre dans le quota de celles qui peuvent être imposées par l'entreprise. In fine, chacun des salariés effectuera bien ses 1 607 heures de travail annuel. Une solution qui a également séduit Renault. Pour sa part, Latécoère tente une approche tout en douceur. La durée de travail des salariés passera à 1 607 heures, là aussi, mais le nombre de jours fériés ne diminuera pas. La surcharge de travail sera répartie sur toute l'année, en fonction de l'activité.

Dans les entreprises de plus petite taille, des exemples montrent que le coût du maintien de ce jour férié n'est pas rédhibitoire. Membre du CAL et PDG de BigMat, une entreprise de négoce en matériel de construction, Arthur Collet, n'a ainsi pas hésité à préserver cet "acquis". En Seine-Saint-Denis, le machiniste Brochot a pris la même décision afin que ses 300 employés profitent de ce week-end de trois jours.

A l'échelle nationale, les pronostics restent hasardeux. Pour la CGT, le rapport de force, dans les PME, joue en défaveur des employés, alors que l'Union professionnelle artisanale (UPA) donne une lecture inversée de la situation. "Les petits entrepreneurs se demandent s'ils vont oser demander à leurs salariés de venir sur les chantiers ce jour-là", confiait, le 11 avril, son président au Figaro.

Le gouvernement Raffarin semble juger la situation suffisamment préoccupante pour devoir intervenir. Début mai, il lancera une campagne d'explication sur la suppression de ce jour férié.

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte travaillé: la contestation prend de l'ampleur

RTL Info /AFP - 15/4/2005

PARIS (AFP) - La suppression d'un jour férié suscite une contestation grandissante, à un mois du lundi de Pentecôte, avec une multiplication des appels syndicaux à la grève pour protester contre une "solidarité" avec les personnes âgées imposée aux seuls salariés.

Vendredi, six fédérations syndicales de fonctionnaires -- CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU et CFTC -- ont exprimé l'intention de faire du 16 mai "une journée d'action, n'excluant pas la grève". Elles ont écrit au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, pour lui demander de "renoncer" à faire du lundi de Pentecôte "une journée de travail gratuit au nom de la solidarité".

Pour ces syndicats, allonger la durée du travail ou remettre en cause la réduction du temps de travail "relèvent d'une conception inacceptable de la solidarité qui fait supporter l'effort aux seuls salariés".
 
Il eût mieux valu, estiment-ils, faire "contribuer de façon équitable l'ensemble des revenus dans le cadre d'une protection sociale solidaire améliorée".
 
Des préavis de grève ont également déjà été déposés à la SNCF et à La Poste.
 
La suppression d'un jour férié qui, selon le Premier ministre, devrait rapporter quelque 2 milliards d'euros par an sous forme de cotisations sociales supplémentaires, est la mesure-phare prévue par le gouvernement pour financer son plan Vieillissement et Solidarité.
 
Celui-ci avait été lancé après la canicule de l'été 2003, qui avait fait près de 15.000 morts en France.
 
La suppression d'un jour férié, jugée non seulement inéquitable, mais aussi insuffisante au regard des enjeux financiers liés à l'allongement de l'espérance de vie -- comme l'a lui-même reconnu le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy --, a également suscité une levée de boucliers dans le privé.
 
La CGT fera du 16 mai une "journée de revendication sur les salaires et le temps de travail, avec des arrêts de travail", a prévenu Bernard Thibault, alors que FO et la CFE-CGC ont des démarches similaires.
 
Le syndicat des cadres estime qu'opter pour une "journée d?action en faveur des rémunérations", est le "seul moyen, dans le contexte actuel, d?améliorer les recettes de la protection sociale".
 
A FO, Jean-Claude Mailly envisage d'appeler à la grève le 16 mai sur ses demandes d'augmentations salariales pour "l'ensemble des salariés", du public comme du privé, si celles-ci n'aboutissent pas.
 
De leur côté, la CFTC et la FSU ont opté pour un appel à la grève en bonne et due forme: celui du syndicat chrétien a englobé le vendredi saint, le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte et le jeudi de l'Ascension.
 
Seule la CFDT ne s'est pas associée à une démarche dont la légalité n'est selon elle pas assurée selon la jurisprudence en vigueur, car "on ne peut pas s'octroyer par la grève ce qu'on réclame par la grève".
 
Dans les entreprises, des appels à la grève ont déjà été lancés dans les transports, la métallurgie ou les sociétés d'études. Les salariés du groupe pétrolier Total ont déjà cessé le travail sur ce motif vendredi dernier, à l'appel de la CGT et la CFDT.
 
Enfin, un "Collectif des amis du Lundi", né en novembre 2003, qui rassemble "plus de 110 députés de tous bords politiques", a lancé une pétition qui a recueilli quelque 150.000 signatures sur son site internet (www.lesamisdulundi.com).
 
Celle-ci rejette "le principe du travail forcé", et dénonce une journée de solidarité "financée par 40% des Français seulement", aux conséquences économiques néfastes, pour les finances locales notamment.

 

 

puce_little_metal_01Sept jours en politique

AP | 15.04.05 | 16:04

PARIS (AP) -- Retour sur la semaine écoulée: le service politique de l'Associated Press présente son carnet hebdomadaire.
[...]
LES MOINS SOLIDAIRES DE LA SEMAINE:
Vraiment, les Français pourraient faire un effort. Travailler le lundi de Pentecôte «est un effort que chacun peut faire», a estimé mardi la secrétaire d'Etat aux Personnes âgées Catherine Vautrin, alors que la contestation monte contre cette journée de «solidarité» nationale. Les parlementaires, eux, ne sont pas concernés par cet appel: ils ne siégeront pas le jour de la Pentecôte. La faute à la campagne référendaire.

 

 

puce_little_metal_01Les syndicats de la Fonction publique prêts à la grève le lundi de Pentecôte

AP | 15.04.05 | 13:28

PARIS (AP) -- Les fédérations syndicales de la Fonction publique demandent au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de renoncer à faire du lundi de Pentecôte un jour travaillé et menacent d'appeler ensemble à la grève ce jour-là dans le cas contraire.
«Vous avez pris la décision d'imposer aux salariés une journée de travail gratuit au nom de la solidarité avec les personnes âgées et dépendantes. L'allongement de la durée du travail ou la remise en cause de la réduction du temps de travail relève d'une conception inacceptable de la solidarité qui fait supporter l'effort aux seuls salariés», écrivent les syndicats de fonctionnaires CGT, FO, CFDT, CFTC, FSU et UNSA dans une lettre ouverte adressée vendredi matin à M. Raffarin.
«La solution devrait consister à faire contribuer de façon équitable l'ensemble des revenus dans le cadre d'une protection sociale solidaire améliorée», estiment-t-il.
«Le déroulement du lundi de Pâques a montré les problèmes que pose cette décision unilatérale. Il a permis également de confirmer l'opposition qu'elle rencontre au sein de la population, des élus, des salariés, des personnels des services publics. Le résultat en a été le gâchis, le gaspillage, les dépenses et l'obligation de présences inutiles dans un certain nombre de services publics», ajoutent les fédérations.
Le lundi de Pâques a en effet été travaillé dans certains départements pour conserver le caractère férié du lundi de Pentecôte, avec à la clé une belle pagaille: certains services publics ouverts, d'autres pas ou encore des établissements scolaires ouverts, mais sans élèves ou presque.
En conséquence, les syndicats demandent à M. Raffarin de «renoncer à cette mesure et d'ouvrir des négociations sur la meilleure façon d'assurer la nécessaire solidarité», et se disent «résolus à faire du 16 mai une journée d'action n'excluant pas la grève».
Tous les syndicats de l'Education nationale ont déjà fait passer un message similaire au gouvernement, tandis que les grandes confédérations syndicales menacent également d'appeler à des actions le 16 mai. AP

 

 

puce_little_metal_01La CFDT Haute-Normandie appelle au boycott du lundi de Pentecôte travaillé

Infocéane - 14 avril 05

Le Plan Dépendance présenté par le gouvernement et prévoyant un jour férié travaillé dès 2004 n'a jamais séduit la CFDT qui appelle aujourd’hui à « boycotter » le lundi de Pentecôte du 16 mai, première journée de ce type entrant dans le champ d’application du Plan Dépendance.

Pour le syndicat, la prise en charge des frais liés au vieillissement à la dépendance et au handicap sont de réels problèmes pour lequel il est « effectivement urgent » de trouver de vrais solutions sociales et financières, « il n’y a aucune raison pour que le financement des mesures à prendre soit à la charge des salariés ». Contre cette mesure qui est une « remise en cause de la RTT et qui va se traduire par un accroissement du chômage » la CFDT appelle à boycotter les commerces, les administrations et les écoles ouverts ce lundi de Pentecôte y compris en déposant des mots d’ordre de grève « partout où le lundi de Pentecôte sera travaillé ».

 

 

puce_little_metal_01Les opposants à la suppression du lundi de Pentecôte restent décidés à faire reculer le gouvernement

LE MONDE Gaëlle Dupont - 14.04.05

Un article du Monde relatant la conférence-débat organisée par le CAL, le 12/4/05

Il faut "faire du lundi de Pentecôte travaillé une pétaudière". L'appel a été lancé, mardi 12 avril, par le Collectif des amis du lundi (CAL), décidé à faire échouer la mesure gouvernementale, votée dans le cadre de la loi du 30 juin 2004 sur l'autonomie des personnes âgées et handicapées, qui doit rapporter deux milliards d'euros sous forme de cotisations sociales supplémentaires. Le lundi de Pentecôte tombe cette année le 16 mai.

Le collectif dénonce à la fois le principe du "travail forcé", "l'injustice d'une journée financée par 40 % seulement des Français", ses conséquences "néfastes" sur le plan économique et "désastreuses" pour le tissu social et associatif. Il appelle chacun à maintenir ses habitudes et à ne pas envoyer ses enfants à l'école.

Plusieurs syndicats de salariés, d'enseignants, ainsi que les représentants des parents d'élèves appellent à la mobilisation contre ce jour travaillé. A son tour, le syndicat SUD-Rail a appelé, mardi 12 avril, à une journée interprofessionnelle de grève le 16 mai.

Mardi soir, dans les salons du Press Club à Paris, les troupes disparates réunies par les amis du lundi ont poursuivi l'offensive, aux côtés de deux députés de la majorité, Jean-Louis Christ (UMP, Haut-Rhin) et Yvan Lachaud (UDF, Gard). Tour à tour, chacun a défendu sa fête traditionnelle, son pèlerinage ancestral, son tournoi sportif local, sa manifestation associative, prévus le lundi de Pentecôte.

Le secrétaire général de la CFTC, Joseph Thouvenel, a renouvelé l'appel à la grève lancé par la centrale syndicale chrétienne, au nom du "principe essentiel que tout travail mérite salaire".


UNE DEMI-HEURE

Cette coalition de circonstance a reçu le renfort de Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs d'établissements d'hébergement pour personnes âgées (ADEHPA). "L'été 2003 a été un cataclysme pour la société française, a rappelé M. Champvert. Les crédits débloqués pour faire face au vieillissement de la population sont très insuffisants. De plus, sur la journée supplémentaire travaillée, seule une demi-heure sera consacrée aux personnes âgées."

Dans ce concert de critiques, les deux députés présents ont émis quelques bémols. "J'ai voté la loi, je l'assume", a déclaré M. Christ. Les deux élus, favorables au principe des sept heures travaillées supplémentaires, militent pour le choix d'une autre journée travaillée dans l'éducation nationale, ce qui permettrait aux entreprises d'exercer le libre choix des heures supplémentaires travaillées.

MM. Christ et Lachaud envisagent de déposer une proposition de loi pour rétablir le caractère férié du lundi de Pentecôte.

Une centaine de députés de la majorité ont fait part de leur opposition à la mesure gouvernementale. "Avec ces députés de l'UMP, ceux de l'UDF, et ceux de l'opposition, nous avons la majorité à l'Assemblée", lance Jean Dionnot, président du CAL.

 

 

puce_little_metal_01Mobilisations les 16 mai et 9 juin

L’huma, 13 avril 05 - Paule Masson

Hier, onze fédérations et la confédération CGT ont confirmé la grogne salariale contre la suppression du jour férié et annoncé une journée d’action contre la désindustrialisation.

« Ça monte très fort contre la suppression du jour férié. » Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, a expliqué hier que « des contacts sont en train de se nouer avec les autres syndicats pour faire du lundi de Pentecôte une grande journée de mobilisation interprofessionnelle ». La perspective d’un nouveau coup de semonce social, à moins de quinze jours du référendum, se confirme.

Hier, lors d’une conférence de presse, les premiers secrétaires de onze fédérations de la CGT ont même commencé à en dessiner les suites. La manifestation nationale des salariés de la métallurgie, prévue le 9 juin prochain, pour exiger que la France se dote d’un avenir industriel a fait des émules. Le hasard du calendrier a placé cette journée la veille du deuxième rendez-vous entre les syndicats et le ministère du Travail sur le pouvoir d’achat dans le secteur privé. Alors que 30 000 métallos devraient défiler à Paris, les travailleurs de l’État, les salariés de la chimie, du textile, de l’agroalimentaire, de la construction, du verre, mais aussi les gaziers et électriciens ou encore les cheminots vont aussi manifester, soit dans la capitale pour converger au ministère de l’Industrie, soit en direction des chambres patronales. Des arrêts de travail sont aussi décidés. L’initiative, pour le moment du ressort de la CGT, ne demande qu’à s’élargir. « Tout est ouvert », a affirmé Jean-Christophe Le Duigou.

Les employeurs sont montrés du doigt, parce que, comme l’explique Jean-Michel Petit (chimie), au nom de la concurrence internationale ils « abandonnent des pans entiers d’activités industrielles ». Mais le gouvernement n’est pas en reste car il lui revient d’impulser une politique industrielle qui investisse dans des programmes de recherche, dans la formation, les coopérations et le bien-être social. « L’industrie souffre de métiers sous-payés, sous-qualifiés », argumente Daniel Sanchez (métallurgie). Dans cet ensemble, les entreprises publiques ont leur rôle à tenir. Quand EDF décide de ne pas renouveler son parc nucléaire, Alstom manque de contrats. « Une économie de services ne peut pas se passer d’industries », expliquent les fédérations qui veulent aussi valoriser une approche syndicale « qui se met en situation de porter des exigences et ne se contente plus seulement d’être les pompiers du social », - détaille Frédéric Imbrecht (mines et énergie).

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte : Sud-Rail appelle à la grève

NOUVELOBS.COM | 13.04.05 | 11:16

Le deuxième syndicat de la SNCF appelle à la grève pour le lundi de Pentecôte, le 16 mai, afin de "refuser le travail gratuit obligatoire".

La fédération Sud-Rail a lancé mardi 12 avril "un appel à la grève" à la SNCF pour le lundi de Pentecôte, le 16 mai, pour "refuser le travail gratuit obligatoire" résultant de la décision gouvernementale de réserver une journée de travail pour financer le plan d'aide aux personnes âgées.

"Nous appelons à la grève le 16 mai car nous refusons le travail gratuit obligatoire : quand la loi est injuste, il ne faut pas l'appliquer !", affirme Sud-Rail dans un communiqué.

Selon le 2e syndicat de la SNCF, "des milliers de salariés (de la SNCF) travaillent déjà normalement le lundi de Pentecôte pour assurer la continuité du service public", or avec cette mesure gouvernementale "ils devront le faire sans aucune compensation".

Mesure "unilatérale" et "inefficace"

Après la CFTC-cheminots, Sud-Rail est le deuxième syndicat de la SNCF à appeler à la grève le lundi de Pentecôte.

La fédération CFTC-cheminots, sixième syndicat de la SNCF, avait déclaré lundi 11 avril dans un communiqué avoir "déposé un préavis de grève" pour le lundi de Pentecôte, le 16 mai, "pour protester contre la décision unilatérale du gouvernement de supprimer ce jour férié".

La CFTC dénonce une mesure "inefficace pour les personnes âgées et dépendantes, coûteuse pour les salariés, préjudiciable pour l'économie et dangereuse pour l'emploi". Le préavis de grève a été déposé pour la période du dimanche 15 mai à 20h00 au mardi 17 mai à 8h00.

 

 

puce_little_metal_01Sud veut une grève générale le 16 mai pour le lundi de Pencôte

Reuters - 12/04/2005 - 17h17

PARIS (Reuters) - Le syndicat Sud appelle à une journée interprofessionnelle de grève le 16 mai contre la suppression du jour férié du lundi de Pentecôte.

Dans un communiqué, Sud dénonce "un allongement du temps de travail (...) sans aucune compensation" pour les salariés.

"On lance un appel confédéral pour que l'ensemble des syndicats, CGT, FO, etc., appellent tous les salariés à une journée de grève en France", a précisé à Reuters un responsable de Sud.

De son côté, la Fédération Sud Rail a redit "son total désaccord" avec cette journée de "travail gratuit" et souligné que "des milliers de salariés à statut et hors-statut travaillaient déjà normalement le lundi de Pentecôte pour assurer la continuité du service public".

Dénonçant une décision "totalement scandaleuse et hypocrite", le syndicat craint que "les sommes extorquées aux salariés" ne soient finalement pas affectées à la solidarité avec les personnes âgées.

Ce jour de travail supplémentaire non payé a été décidé par le gouvernement pour financer la dépendance des personnes âgées et handicapées. L'Etat espère engranger deux milliards d'euros sous forme de cotisations sociales supplémentaires.

 

 

puce_little_metal_01Les comptes du lundi de Pentecôte

La Croix - Anne-Bénédicte HOFFNER 11-04-2005

A l’approche du lundi de Pentecôte travaillé, qui doit servir à financer la dépendance, "La Croix" fait le point sur les finances de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie
 
Depuis juillet 2004 – et en vertu de la loi du 30 juin 2004 – entreprises et employeurs publics paient une contribution de 0,3 % assise sur leur masse salariale. Les revenus du capital, à l’exception de ceux de l’épargne populaire (type livret A), y sont eux aussi assujettis. En 2004, la contribution n’a été versée que sur six mois : par conséquent, seuls 965 millions d’euros ont été récoltés. En 2005, le secrétariat d’État aux personnes âgées évalue à «2 milliards d’euros environ» les recettes qui en seront tirées. Mais le ministre du budget, Jean-François Copé, table sur 2,1 milliards d’euros. «L’incertitude porte sur la partie assise sur les revenus du patrimoine», explique-t-on dans l’entourage de Catherine Vautrin.
 
Qui est mis à contribution ? Qui ne l’est pas ?
Les employeurs du privé et du public (État, collectivités locales et hôpitaux) sont les premiers mis à contribution, via cette nouvelle cotisation patronale de 0,3 %. Mais en réalité, ce sont leurs salariés qui portent le financement en travaillant un jour supplémentaire «gratuitement». Comme le rappelle le secrétariat aux personnes âgées, le chiffre de 0,3 % a été retenu parce qu’il «correspond au surcroît de valeur ajoutée d’un jour de travail». En principe donc, pour l’employeur, la mesure est neutre.

Mais en principe seulement puisque tous n’enregistreront pas un accroissement de leur chiffre d’affaires. Quant à certains services publics, comme les cantines scolaires, «non seulement ils ne facturent rien, mais encore subissent les coûts d’ouverture d’une journée supplémentaire sans aucune contrepartie de recette», rappelle Philippe Laurent, maire de Sceaux, président de la commission des finances de l’Association des maires de France, déplorant un «transfert de charges» vers les collectivités locales. Sont dispensés de cet effort de solidarité les salariés indépendants (artisans et professions libérales) et les retraités.
 
Quand les sommes sont-elles prélevées ?
Comme les autres cotisations patronales, la contribution de 0,3 % sur les salaires est payée chaque mois par les employeurs et ce, depuis juillet 2004. Par conséquent, que les salariés viennent ou non travailler lundi de Pentecôte – qu’ils prennent une journée de réduction de temps de travail ou qu’ils fassent grève – le financement de la dépendance est assuré.
 
Comment les sommes sont-elles affectées et par qui ?
La loi du 30 juin 2004, qui crée la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, a prévu la répartition des sommes : 40 % en faveur des personnes âgées, 40 % en faveur des personnes handicapées, 20 % pour l’allocation personnalisée d’autonomie. Par conséquent, en 2005, 1,2 milliard d’euros au total iront aux personnes âgées : 400 millions d’euros au titre de l’APA, 800 millions d’euros pour des «actions en faveur des personnes âgées» : médicalisation des établissements et les services à domicile (365 millions d’euros) ou rénovation des établissements (50 millions d’euros).

De leur côté, les personnes handicapées bénéficieront cette année de 800 millions d’euros : 290 pour le droit à compensation du handicap, 218 pour créer des places nouvelles en établissement et encore 60 pour ouvrir dans chaque département des «maisons» d’accès aux droits. Une polémique a surgi récemment sur l’utilisation du reliquat (385 millions d’euros pour les personnes âgées et 182 pour les handicapés). Le gouvernement a promis que ces sommes, qui ne pouvaient techniquement être dépensées en 2005, le seraient les années suivantes et restaient, en attendant, dans les caisses de la CNSA. ***
 
La suppression d’un jour de RTT aurait-elle rapporté autant ?
La loi précise qu’un accord de branche ou d’entreprise détermine la date du jour de solidarité : ce peut être «un jour férié précédemment chômé autre que le 1er mai», un jour de RTT (dans les entreprises qui en ont !) ou «tout autre jour précédemment non travaillé». Ce n’est qu’à défaut qu’est choisi le lundi de Pentecôte. L’employeur peut aussi faire «cadeau» de la journée supplémentaire à ses salariés…

***NDLR : l’auteur de l’article n’a pas pris en compte le désengagement de la Sécu que permet l’apport de la CNSA. Pour ce qui concerne les personnes âgées, les dépenses, autour de 4 millilards par an selon l’ONDAM, sont accrues de 320 milliards par an en moyenne. Pour 2005, cette augmentation est de 420 milliards, dont effectivement 365 apportées par la CNSA. L’effort réel est donc de 100 milliards : tandis que la CNSA apporte 365 milliars, la Sécu se désengage d’autant.

 

 

puce_little_metal_01Création de l'Association vivre et vieillir ensemble en citoyens (AVVEC)

L'ADEHPA et la FNAPAEF pour un Grenelle de l'action en faveur des aînés

Seniorscopie - 11/04/2005 - Benoît Méli

Directeurs d'établissements‚ de maisons de retraite‚ résidents et familles se sont rassemblés‚ lundi 11 avril pour créer l'Association vivre et vieillir ensemble en citoyens (Avvec). Cette association a pour but de faire évoluer la prise en charge des personnes âgées dépendantes en institution comme à domicile. A l'occasion de sa création‚ l'Avvec formule 13 propositions pour le moins ambitieuses à destination des pouvoirs publics : remise à plat du plan vieillissement et solidarités‚ faire de la réflexion sur la place des aînés dans la société une "grande cause nationale" pour 2006‚ attribuer intégralement l'ensemble des crédits issus du lundi de Pentecôte à l'aide aux personnes âgées…

C'est l'histoire de "l'union sacrée" des directeurs d'établissements pour personnes âgées‚ de leurs résidents et leurs familles. La FNAPAEF [1] et l'ADEHPA [2] se sont associés‚ lundi 11 avril pour créer l'Association vivre et vieillir ensemble en citoyens (Avvec) pour mieux faire entendre leurs voix. "Nous faisons tous le même constat"‚ explique Pascal Champvert‚ président de l'ADEHPA. "On manque de personnel‚ à domicile comme en établissement et cela coûte trop cher aux personnes âgées et à leurs familles."

En 2003‚ les mêmes protestaient contre le manque de moyens destinés aux personnes âgées. Deux ans et une canicule plus tard‚ professionnels et usagers décident de passer à l'action. Dans un communiqué‚ les représentants de l'association estiment que "le plan vieillissement et solidarités et le lundi de Pentecôte n'apportent pas la réponse attendue" par les familles et les professionnels.

Ces derniers estiment le nombre de postes supplémentaires nécessaires auprès des résidents à 250 000. Le plan présenté par le gouvernement au lendemain de l'été 2003 n'en créera que 15 000. De la même manière‚ il devrait contribuer à la création de 10 000 places supplémentaires en établissements d'ici 2007‚ alors que les besoins sont estimés à 40 000.

"Ce plan vieillissement et solidarités n'est qu'un petit plan"‚ regrette le président de l'ADEHPA. "L'essentiel de la journée de solidarité n'ira pas aux personnes âgées. Elles ne bénéficieront que de moins d'une heure travaillée par les Français ce jour–là." Un savant calcul qui pourrait faire l'objet d'un fructueux débat avec Catherine Vautrin‚ secrétaire d'Etat aux personnes âgées. En effet‚ il ne tient pas compte du fait que les fonds déjà mobilisés au titre de la CNSA‚ et remboursés en 2005‚ sur "l'argent du lundi de Pentecôte" auront aussi bénéficié aux personnes âgées.

13 propositions pour améliorer la prise en charge du vieillissement

L'Avvec formule donc 13 propositions pour permettre une évolution de la prise en charge :

Organiser une campagne de communication gouvernementale sur la place des personnes âgées dans la société et faire de la réflexion sur ce sujet une "grande cause nationale" de l'année 2006 ;

  • Développer les campagnes de lutte contre la maltraitance et instaurer la réflexion sur une véritable "bientraitantce" des aînés ;
  • Engager une large réflexion par les pouvoirs publics sur le regard que porte la société sur le vieillissement et les personnes âgées ;
  • Promouvoir en établissement comme à domicile un changement de regard sur les personnes âgées favorisant le respect de leur autonomie et de leur intégrité avant la prise en charge sanitaire de leurs pathologies ;
  • Réunir une conférence nationale sur l'aide aux personnes âgées fragilisées réunissant pouvoirs publics‚ financeurs‚ organisations de consommateurs‚ de personnes âgées‚ de familles et de professionnels. Cette conférence aura pour but d'évaluer les besoins auxquels il faut répondre et les financements nécessaires ;
  • Dans l'immédiat‚ attribuer intégralement l'ensemble des crédits issus de la suppression du jour férié 2005 à l'aide aux personnes âgées vivant en établissement et à domicile ;
  • Dans un second temps‚ revoir entièrement le plan vieillissement et solidarités afin de doubler à terme le nombre des professionnels en établissement pour rattraper le retard accumulé par rapport aux autres pays européens ;
  • Instaurer des ratios minima de personnels en établissement et à domicile ;
  • Pérenniser les 5 500 postes créés dans les établissements dans le cadre de la mise en œuvre des emplois jeunes. "Cette mesure permettra en outre à ces professionnels de continuer à exercer dans ce secteur" ;
  • Créer un "risque" financé par la solidarité nationale permettant aux personnes âgées de plus de 60 ans de bénéficier d'un véritable droit à compensation de leur handicap. Cette compensation permettra de prendre en charge une partie importante du coût de l'accompagnement et des soins en établissement‚ et ainsi de baisser le coût supporté par les personnes âgées et les familles ;
  • Débloquer des crédits nécessaires à la réhabilitation des établissements le nécessitant dans le cadre d'un plan pluriannuel de restructuration. AVVEC demande sur ce point la fermeture des établissements inadaptés dont la réhabilitation s'avèrerait "trop coûteuse" ;
  • Financer les mesures exigées par les commissions de sécurité (formations‚ exercices‚ équipement… ) ;
  • Créer 40 000 places en établissement d'ici 2007 et 15 000‚ tel que le plan vieillissement et solidarités le prévoit. Avvec demande également le doublement de places bénéficiant de services à domicile.

Imiter la qualité de la prise en charge allemande de la personne âgée
Bref‚ les deux associations ne proposent rien de moins qu'un véritable Grenelle de l'action en faveur des aînés. "Nous savons que ce que nous demandons est ambitieux et que nous ne pouvons pas régler cette question en deux ans. Tout ce que nous souhaitons‚ c'est que la France puisse ressembler à l'Allemagne en termes de prise en charge des personnes âgées". Outre–Rhin‚ le ratio de personnel atteint entre 8 et 10 salariés pour 10 résidents. L'Hexagone en compte à peine 4 pour 10.

Pascal Champvert affirme que la proposition de conférence nationale sur l'aide aux personnes âgées est jugée "intéressante en haut–lieu". Reste encore à savoir si les propositions de l'Avvec recevront un écho favorable. "Nous voulons simplement que nos vieux puissent vieillir dignement. N'oublions pas les 15 000 morts de la canicule. A elle seule elle représente plus de deux fois le World Trade Center."‚ souligne Pascal Champvert qui ne redoute pas les comparaisons. Au fait‚ c'était combien de centaines de milliers de morts le tsunami de Noël ?

[1] : Fédération nationale des Personnes âgées en établissements et de leurs familles (FNAPAEF)
[2] : Association de directeurs d'établissements d'hébergement pour Personnes âgées (ADEHPA)

Contact : FNAPAEF Espace Associatif – 53‚ impasse de l'Odet – 29000 Quimper
ADEHPA 3‚ impasse de l'Abbaye – 94100 Saint–Maur

 

 

puce_little_metal_01Une Pentecôte de discorde

Le Figaro entreprise - 10/4/05

Férié ? Travaillé ? Offert par l'entreprise ? Le 27 janvier 2005, au cours du comité d'entreprise de TF1 SA, les syndicats interrogent leur PDG, Patrick Le Lay, sur le lundi de Pentecôte. Après quelques échanges, il tranche. «Le lundi de Pentecôte sera chez nous un jour non travaillé et nous ne demanderons aucune contrepartie aux salariés.» Pentecôte ne sera donc pas un... calvaire. Dans les couloirs de la Une comme les autres chaînes et filiales du groupe (LCI, Eurosports, Odyssée, Alma, TF1 Films ou Yagan), les 3 500 salariés sont étonnés par la décision du patron.

Il détourne la loi en douceur tout en évitant la confrontation avec les organisations syndicales. Les salariés pourront rester chez eux le 16 mai et la société s'acquittera de sa contribution en faveur des personnes âgées. C'est-à-dire qu'il versera à l'Urssaf, comme toutes les entreprises du pays, 0,3% de la masse salariale annuelle brute de son groupe (voir encadré). Pour éviter aux entreprises de verser leur écot en une seule fois, la loi dispose que ce prélèvement est étalé sur douze mois. Pour TF1, le montant du chèque de Patrick Le Lay sera in fine de 600 000 euros. Une chose est sûre : en jouant les grands seigneurs, Patrick Le Lay est parvenu à s'élever au-dessus de la polémique.

Dans le Gard, le préfet avait autorisé les administrations à travailler le lundi de Pâques. Il s'agissait de sauver le business de la feria de Pentecôte à Nîmes. Mais il a fait un flop. Les enseignants ont fait grève et les enfants ne sont pas venus à l'école. Les syndicats d'enseignants ont été les premiers à vouloir boycotter la décision de Jean-Pierre Raffarin. La Fédération des syndicats unitaires (FSU) a appelé le premier ministre à revenir sur sa décision. «La meilleure façon d'être solidaire serait de prélever de l'argent sur les profits des entreprises», a prévenu Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. De son côté, la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a appelé les parents à ne pas envoyer les enfants à l'école le 16 mai.

Arthur Collet, lui, n'est pas enseignant. Il dirige BigMat, petite entreprise de négoce en matériel de construction dans l'Aube. La sauvegarde du lundi de Pentecôte est aussi son cheval de bataille. Depuis plusieurs mois, les factures de BigMat informent ses clients que la maison sera fermée le lundi de Pentecôte. «Mes motivations sont avant tout religieuses, explique Arthur Collet. Une autre raison simple renforce ma position : je pense que ce week-end de trois jours permet aux familles de se retrouver. D'autres jours mobiles comme le 8, qui perturbent le déroulement du mois de mai, auraient dû être choisis.»

Très engagé, Arthur Collet est également membre du Comité des amis du lundi (CAL) qui réunit 110 députés et 40 sénateurs, de droite comme de gauche. Le comité a rédigé une pétition signée par 150 000 personnes hostiles au jour férié travaillé. «Pour moi, explique Etienne Neuville, chef d'entreprise et cofondateur du CAL, cette histoire de lundi de Pentecôte travaillé est une très profonde injustice vis-à-vis du personnel. Le patron récupère ce que l'Urssaf lui prélève grâce à du travail gratuit de salariés. C'est inadmissible. Le travail de mes employés a une valeur.»

En tout cas, à l'heure où le «non» au référendum progresse dans les sondages, le gouvernement n'avait pas besoin de ce nouveau mécontentement. Thierry Breton, le ministre de l'Économie et des Finances, est monté au créneau et il a placé le débat sur le terrain de la morale. «Souvenons-nous de 2003, de la canicule, a clamé le ministre. Dans un formidable geste de solidarité, on décide de faire le sacrifice d'un jour férié pour nos aînés, pour les handicapés, tout le monde est d'accord. Quand on arrive au pied du mur, qu'est-ce que j'entends ? – Touche pas à mon tour férié. Est-ce que c'est vraiment digne ?» Réponse immédiate du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly : «Les propos du ministre Thierry Breton sont indécents. Ce qui n'est pas acceptable, c'est que le jour férié travaillé est une façon pour le gouvernement d'augmenter la durée du travail de 7 heures. Cela ne passe pas car ce n'est pas un système efficace pour régler les problèmes de dépendance.»

Le mécontentement est bien réel et la Pentecôte 2005 fait causer dans les entreprises. Les syndicats de Sanofi-Aventis ont lancé une pétition pour que le 16 mai ne soit pas un jour travaillé. Chez Areva, où le lundi de Pentecôte sera un lundi comme les autres, les commentaires vont bon train. «Au moment où les augmentations de salaire sont minimes malgré des profits importants, les cadres s'étonnent qu'on vienne en plus leur demander de travailler un jour gratuitement», résume Guy Bruno, coordonnateur CFE-CGC au sein du groupe. En fonction des évolutions sur ce thème dans les prochaines semaines, le syndicat n'exclut pas de demander aux cols blancs de rester chez eux en prenant un jour de RTT.

Chez Sanofi-Aventis, où le DRH doit évoquer la question le 22 avril avec les partenaires sociaux, la grogne est perceptible aussi. «Un jour travaillé supplémentaire sans rémunération permet à l'employeur de faire une économie de 0,45% sur sa masse salariale, argumente Rémi Barthés, délégué syndical CFE-CGC au sein du groupe pharmaceutique. Les entreprises payent en contrepartie une taxe représentant 0,3% de la masse salariale. L'État leur fait donc un cadeau sur le dos des salariés.» Robert Buguet, président de l'Union professionnelle artisanale (UPA), a plutôt le sentiment que c'est l'inverse. Du moins en ce qui concerne ses troupes. «Les petits entrepreneurs se demandent s'ils vont oser demander à leurs salariés de venir sur les chantiers ce jour-là, dit-il. J'ai le sentiment que nos artisans vont s'acquitter du prélèvement mais que leurs salariés resteront chez eux.»

Autre signe du malaise : les entreprises ont beau proposer aux représentants du personnel de signer un accord sur le sujet, la plupart refusent. Comme s'ils ne voulaient pas s'associer à la décision qui fait du lundi de Pentecôte un jour normal. Ainsi, ni Michelin ni Axa n'ont pu s'entendre avec les syndicats sur ce thème brûlant.

Pourtant, les employeurs, eux, n'ont pas le sentiment de faire une bonne affaire avec ce jour travaillé supplémentaire. Ils ont déjà commencé à payer cette fameuse taxe destinée à financer la construction de maisons de retraite. CCMY, une mutuelle de santé qui emploie 130 personnes, a fait ses comptes. En tout, cette histoire lui coûtera 10 000 euros. Fort logiquement, la note est plus salée dans les grands groupes : 2,5 millions d'euros par exemple chez Michelin. La moitié a été payée au second semestre 2004. L'autre moitié sera versée d'ici à juillet.

La Société générale a trouvé un compromis pour ne fâcher personne. Comme les années précédentes, les agences et le siège seront fermés et les salariés bénéficieront de ce week-end prolongé. Simplement, cette journée de repos sera décomptée pour tous comme un jour de RTT. «Elle entre dans le quota des jours de RTT que la direction peut imposer aux collaborateurs», explique-t-on dans cet établissement bancaire. La majorité des entreprises ne semble pas chercher si loin : le gouvernement exige de travailler une journée supplémentaire pour financer des maisons de retraite et recommande de ne plus chômer le lundi de Pentecôte ? Elles se conforment à la lettre à cette prescription.

«Cette année, le lundi de Pentecôte sera travaillé chez nous, le siège et le site administratif seront ouverts, explique Alain Roubin, directeur du développement social chez Axa France. Ceux qui voudraient ne pas travailler ont toujours la ressource de déposer un jour de RTT.» Même attitude ou presque à la CCMY : ses 14 agences seront ouvertes le 16 mai. Ce qui n'empêche pas Eric Gex-Collet, son directeur général, d'être un peu inquiet. «Si la polémique continue à monter, j'ai bien peur que nous soyons les seuls à accueillir du public dans notre environnement, souligne-t-il. Ce serait la meilleure façon de ne voir aucun client ce jour-là.»

Prudentes, beaucoup d'entreprises n'ont pas encore fixé les modalités d'application de cette réforme fortement contestée. Ainsi, chez Nexans, la réunion du comité central d'entreprise où sera fixée la position du groupe n'aura pas lieu avant le 22 avril. Au siège de Lafarge, à Paris, ainsi que dans les services administratifs, ailleurs en France, le 16 mai restera chômé. Dans les usines, c'est en cours de négociation au cas par cas.

À La Poste et chez France Télécom, tout le monde devrait être sur le pont le 16 mai, sauf les salariés qui auront déposé une journée de RTT. «Le courrier sera distribué comme un jour normal et nous travaillons au siège», rappelle-t-on à La Poste. Les guichets de BNP Paribas seront ouverts. Dans les agences habituellement fermées le lundi, les salariés se verront retirer une journée de RTT. La RATP, Air France ou la SNCF sont spontanément très légitimistes. «Sur le calendrier, précise-t-on à la SNCF, Pentecôte n'est plus un jour férié. Nous serons donc organisés comme n'importe quel jour de semaine. Les salariés pourront se rendre en train sur leur lieu de travail. C'est en tout cas la réponse que nous pouvons vous faire aujourd'hui.» Sous-entendu si, entre-temps, les organisations syndicales déposaient un préavis de grève, les choses pourraient changer.

Chez Total, la discussion entre syndicats et direction est mal partie. Une réunion était prévue vendredi dernier pour en fixer les modalités. Mais la CGT et la CFDT ont appelé à la grève ce jour-là pour protester contre la volonté de la direction de limiter la discussion à la division pétrole. «Nous sommes tout à fait d'accord pour que l'on consacre une journée à la solidarité avec les personnes âgées, précise Michel Gogail, coordinateur CGT dans le groupe Total. Mais nous estimons que c'est à Total de la supporter pour l'ensemble du groupe. D'autres grands groupes le font. La journée de solidarité a bon dos. En fait, on tente de revenir sur la réduction du temps de travail.» Au moment où la grogne sur les salaires monte, la journée de solidarité est davantage perçue comme un nouvel impôt que comme un geste civique.

Shell France va plus loin. La négociation entre les organisations syndicales et la direction a abouti à un compromis : la journée du 16 mai restera fériée. En revanche, le premier jour travaillé de l'année sera consacré à la solidarité avec les personnes âgées. «En dehors de cette journée de travail, ajoute un porte-parole de Shell, des initiatives individuelles seront prises par les salariés à l'égard des personnes âgées.» Axa, qui a décidé d'ouvrir ses agences le 16 mai, n'exclut pas de modifier sa position si le gouvernement change son fusil d'épaule. «Nous sommes légitimistes, résume Alain Roubin. Si les pouvoirs publics renonçaient à faire du lundi de Pentecôte un jour travaillé, nous nous conformerions à sa décision.»

Une telle décision ferait les affaires des agents de voyages. Nouvelles Frontières avait fait le pari que les Français ne sacrifieraient pas leur sacro-saint week-end de Pentecôte. Perdu ! Le voyagiste n'a pas vendu autant de forfaits de trois jours qu'il le prévoyait. «Nous avons même dû annuler certains de nos forfaits de trois jours, notamment sur la Slovénie, les pays Baltes et Prague», déplore-t-on chez Nouvelles Frontières. Cette Pentecôte 2005 a du mal à passer.

 

 

puce_little_metal_01Jean-Pierre Raffarin en "appelle à l'engagement personnel de chaque Français" pour travailler le lundi de Pentecôte !

France 2 / 10-4-05

Cette "journée de fraternité" apportera "l'équivalent de 20 téléthons annuels", affirme le premier ministre dans un entretien paru lundi dans "Nice-Matin".

Dans cet entretien, il confirme le maintien de cette "journée nationale de solidarité".

A ses yeux, cette journée constitue "un appel à la fraternité et à la générosité face à des problèmes majeurs qui se poseront de plus en plus à nos sociétés, tels que le vieillissement de la population (...) mais aussi la légitime compensation pour les personnes handicapées".

"Ce lundi 16 mai créera une richesse annuelle supplémentaire de deux milliards d'euros, intégralement destinée aux personnes âgées et aux personnes handicapées pour développer leur autonomie et améliorer les dispositifs d'accueil et de soins", affirme-t-il.

Afin de statuer sur les années à venir, Jean-Pierre Raffarin confirme la mise en place d'un "comité d'évaluation", présidé par le député-maire UMP d'Antibes (Alpes-Maritimes), Jean Leonetti. Les syndicats ainsi que de nombreux élus, de droite et de gauche, contestent la fin du caractère férié du lundi de Pentecôte. Des appels à la grève ce jour-là ont été lancés par certains syndicats.

NDLR : il oublie juste de dire que seuls 40% des français, les salariés, sont appelés à cette “solidarité” !

 

 

puce_little_metal_01Le plan dépendance, loin des besoins pour l’aide aux personnes âgées

L’huma, 6/4/05

En novembre 2003, après la catastrophe de la canicule, Jean-Pierre Raffarin annonce un plan vieillissement et solidarité pour combler (un peu) le retard accumulé en matière de prise en charge sanitaire et sociale des personnes âgées. Pour le financer, il décrète la suppression d’un jour férié : le produit de cette journée de travail supplémentaire sera versé à une caisse nationale de solidarité autonomie (CNSA). En 2005, 2,1 milliards d’euros doivent être affectés à la CNSA, ainsi répartis : 800 millions pour les personnes handicapées, 400 millions pour le financement de l’allocation personnalisée d’autonomie, et 800 millions pour l’aide aux personnes âgées dépendantes. En réalité, sur cette somme, seulement 365 millions d’euros vont être dépensés cette année pour le plan dépendance, le reste étant, scandaleusement, « mis de côté », hormis 50 millions d’euros lâchés au dernier moment pour la rénovation des maisons de retraite. Loin, très loin des besoins du secteur, dont près de la moitié des établissements devraient être rénovés et où la création de 250 000 emplois serait nécessaire. En outre, comme l’ont dénoncé l’ensemble des syndicats opposés à sa création, la CNSA, avec les fruits de ce jour de travail gratuit, se substitue à l’assurance maladie pour le financement des soins aux personnes âgées, qui deviennent des assurés sociaux à part, en violation du principe de solidarité inter (et intra) générationnelle de la Sécu. Y. H.

 

 

puce_little_metal_01La journée de solidarité du 16 mai : Un mauvais chantage

Crackers - 6 avril 2005 - Florence Guernalec www.crackersandco.com

Les syndicats protestent et la plupart d’entre eux appellent à la grève ou à débrayer. Et pour une fois, on ne saurait leur donner tort. L’idée de faire du lundi de Pentecôte, un jour travaillé par solidarité avec nos aînés, est tellement démagogique. De plus, laisser entendre comme le fait le gouvernement que ceux qui s’opposent à cette journée travaillée, ne veulent pas se montrer solidaires des personnes âgées, relève d’un chantage aux « petits vieux » totalement odieux.

Cette décision votée en juin 2004 suite à la canicule de l’été précédent, est paticulièrement malhonnête : en effet, vouloir faire croire que travailler un jour de plus par an, permettra de financer l’aide aux personnes dépendantes, c’est vraiment prendre les Français pour des imbéciles. Les seniors ne verront pas la couleur de l’argent, les 2 milliards d’euros de cotisations sociales supplémentaires que pourrait rapporter cette mesure, iront juste combler le trou de la Sécurité sociale.

En outre, s’il suffisait de supprimer un jour férié pour résoudre tous les problèmes alors, pourquoi ne pas prendre un autre jour férié pour les handicapés afin de financer leur accès dans les lieux publics, pourquoi ne pas réserver un jour pour l’environnement et la dépollution de nos rivières ? Pourquoi pas un jour férié en moins pour financer les universités, parents pauvres du système éducatif ? Et un autre pour la recherche ? Et un pour financer la construction de crèches ? Et encore un pour financer l’Unedic ? Parions que si tous les jours fériés étaient travaillés, les déficits publics seraient exactement au même niveau qu’aujourd’hui.

Enfin, cette décision est totalement contraire au credo de la droite pour qui, les prélèvements sociaux et fiscaux sont confiscatoires. Pour les « libéraux », les recettes permettent largement de financer les dépenses nécessaires mais il faut mieux gérer les deniers publics. La droite ne cesse de nous répéter qu’il ne faut pas dépenser plus mais dépenser mieux. En l’abence de toute réforme des aides sociales, une rentrée de cotisations sociales supplémentaires ne conduirait donc qu’à un peu plus de gabegie.

De toutes les façons, actions syndicales ou pas, il y a de fortes chances pour que cette journée de solidarité crée une pagaille et n’ait pas les effets annoncés : l’expérience du département du Gard et du territoire de Belfort qui avaient choisi de troquer le lundi de Pentecôte par le lundi de Pâques, a vu des instituteurs et des cars scolaires sans élèves, des administrations ouvertes sans public… alors que beaucoup de salariés et de commerçants avaient choisi de rester chez eux. Si le gouvernement tient tant à faire travailler davantage les Français et aussi davantage de Français, il n’a qu’à relancer l’activité économique. Mais à l’évidence, il est plus facile de supprimer un jour férié que de faire repartir la croissance et nos exportations.

 

 

puce_little_metal_01Chez Myriad, les salariés préservent leur jour férié

L’humanité - 6/4/05

Les syndicats de cette usine du Nord, près de Maubeuge, ont obtenu que leur employeur verse la contribution solidarité autonomie sans demander en contrepartie une journée de travail gratuit.

À Louvroil, près de Maubeuge, les salariés de Myriad S.A. ont préservé leur lundi de Pentecôte. En octobre dernier, à l’issue des négociations salariales annuelles, les syndicats de cette entreprise sidérurgique posée sur les bords de la Sambre ont signé un accord qui fait des envieux dans la métallurgie. Ce texte, signé par la CGT et la CGC, les deux syndicats du site, convient « qu’il ne sera pas fait application au sein de l’entreprise des dispositions légales instituant une journée de solidarité à la charge des salariés ». En revanche, « la société Myriad SA assumera en ce qui la concerne le paiement de la contribution patronale, solidarité autonomie, mise en oeuvre par la loi ». « De toute façon, si on n’avait pas eu cet accord, on aurait appelé à la grève ce jour-là », indique Patrick Buisset, délégué syndical de la CGT.

L’idée est venue de la CGT, syndicat majoritaire : dans cette entreprise spécialisée dans la tôle revêtue pour le bâtiment, elle syndique chez les ouvriers qui travaillent pour la plupart en continu et représentent les trois quarts des 600 salariés. Travailler gratuitement le jour de la Pentecôte aurait fait perdre beaucoup d’argent aux opérateurs en cinq postes. « Une nuit de dimanche ou de jour férié travaillée, c’est payé 300 % », explique Patrick Buisset. Non que les salariés aient vraiment été conscients de devoir travailler pour du beurre. « Ici comme à l’extérieur de la boîte, les gens ne s’inquiétaient pas trop, ils n’étaient pas vraiment au courant », indique Jean-Paul Paraye, élu CGT. Chez les cadres, soumis à des conventions de forfait en jours, même ignorance : « La majorité pensait que puisque leur contrat mentionnait 217 jours sur l’année, on ne pourrait pas les faire travailler 218 », se souvient Hubert Bouuaert, délégué syndical CGC. La CGT avait informé sur le « jour gratuit » par un tract titré « Venez travailler, c’est pour rien », destiné à piquer la curiosité des salariés.

À l’ouverture des négociations salariales annuelles en octobre 2004 - les salaires sont négociés tôt parce que les salariés ont besoin de leurs sous pour les fêtes - la CGT, qui a un délégué dans chaque atelier, prend la température. Traditionnellement, « on part sur un minimum pour les augmentations générales et on négocie un plus à côté », explique Patrick Buisset. Dans une vallée de la Sambre en piètre santé économique, l’usine est prospère, le climat social, bon, affirment de concert CGT et CGC : résultat d’un équilibre entre la « priorité à l’outil de travail », un usage habile de la menace de grève. « Et nous sommes de bons négociateurs », sourit Patrick Buisset, qui rappelle que Myriad est une des toutes dernières entreprises du bassin de la Sambre où le jour férié local de la Saint-Éloi, le 1er décembre, a été maintenu. Lors des précédentes négociations salariales, les syndicats avaient obtenu des accords favorables sur l’ancienneté ou la mutuelle. « Cette fois-ci, les salariés voulaient que quelque chose soit fait pour la Pentecôte. Dès qu’on touche au contrat de travail, les gens sont vigilants », rappelle le délégué CGT.

Au bout de quelques réunions de négociations, syndicats et direction se sont entendus pour « ajouter un jour de congé payé », explique Patrick Buisset. Traduction dans l’accord : « Ainsi, les anciennes durées conventionnelles sont maintenues à l’identique. Pour le personnel travaillant en discontinu, notamment celui relevant d’un accord d’annualisation du temps de travail, cette disposition ne fait pas obstacle au travail du lundi de Pentecôte, moyennant comme auparavant, compensation salariale et majoration de salaire. ». Pas folle, la direction a également inscrit une clause de résiliation au cas où la réglementation sur la journée de solidarité viendrait « à être modifiée ».

L’accord, d’abord diffusé à l’union locale CGT de Maubeuge, a fait le tour des organisations de la métallurgie CGT, qui le cite en exemple. Il n’a pas fait beaucoup de petits dans le bassin d’emploi, plombé par un chômage de plus de 20 % de la population active, et où « beaucoup ont laissé tomber la Pentecôte », explique Edmond Wanic, secrétaire général de l’UL. Mais Patrick Buisset reçoit depuis des coups de fil de toute la France, et faxe volontiers son accord aux syndicats qui le lui réclament.

Lucy Bateman

 

 

puce_little_metal_01Le jeu de loi du lundi de Pentecôte

20 minutes - Mercredi 06 avril 2005

Est-il légal de faire grève le lundi de Pentecôte ? En pleine polémique sur la suppression du jour férié par le gouvernement, les partisans et opposants à la Journée de solidarité avec les personnes dépendantes ont chacun leur réponse.

- Grève impossible Pour le ministère délégué aux Relations du travail, un arrêt de la Cour de cassation de 1978 empêche un salarié de faire grève selon « le principe d’autosatisfaction » : en clair, le droit de grève n’autorise pas les salariés à stopper le travail simplement pour exécuter leur travail dans les conditions qu’ils revendiquent.

Thierry Breton, le ministre de l’Economie, a ironisé hier sur l’opposition au jour férié travaillé : « “Touche pas à mon jour férié”, est-ce que c’est digne ? » Jean-François Copé, ministre du Budget, souligne pour sa part que travailler ce jour-là rapporterait « 2,1 milliards d’euros » destinés aux personnes dépendantes.

- Grève possible Les Amis du lundi, association de défense du lundi de Pentecôte, estiment, eux, qu’« on a toujours le droit de faire grève pour contester une loi ». L’argumentation juridique du gouvernement, déjà soulevée par François Chérèque de la CFDT, est contournée par la CFTC, dont un juriste estime qu’« il faut juste un peu modifier l’intitulé des revendications en ajoutant par exemple le respect du temps de travail ». La CGT avait proposé de faire du 16 mai une « journée de revendication » sur les salaires et le temps de travail. Hier, la CFE-CGC lui a emboîté le pas en proposant de faire de ce lundi « une journée d’action en faveur des rémunérations ». Arnaud Sagnard

 

 

puce_little_metal_01Lundi de Pentecôte travaillé : mobilisation et appels à la grève pour le 16 mai

LE MONDE | 06.04.05 | 14h02 . Mis à jour le 06.04.05 | 14h44

Encore un départ d'incendie à éteindre pour le gouvernement avant le référendum du 29 mai. Plus la date du lundi de Pentecôte ­ le 16 mai, cette année ­ approche, plus la pression monte contre la suppression de ce jour férié. Certains syndicats appellent à la grève ou à des débrayages ce jour-là.

Cette journée travaillée supplémentaire, non payée, baptisée "journée de solidarité", doit rapporter 2 milliards d'euros, sous forme de cotisations sociales supplémentaires, et servir à financer les mesures en faveur des personnes dépendantes, du fait de leur âge ou de leur handicap. Mardi 5 avril, le ministre de l'économie, Thierry Breton, a appelé les syndicats à "penser à leurs aînés" plutôt que de dire "Touche pas à mon jour férié".

Pour Jacky Dintinger, dirigeant de la CFTC, "le gouvernement ne fait pas le bon choix en agressant les organisations syndicales". La centrale syndicale chrétienne appelle à la grève. "Organisez vos fêtes de famille, n'annulez pas vos voyages, réservez vos places dans les hôtels, organisez vos déplacements chez vos parents et grands-parents", lance la CFTC.

Si les raisons confessionnelles motivent en partie l'engagement de la CFTC, les autres syndicats, sans appeler nationalement à la grève, entendent faire de ce lundi "une journée pas comme les autres", selon l'expression de Rémi Jouan (CFDT). Pour le secrétaire général de la centrale cédétiste, François Chérèque, une grève serait "un cadeau aux patrons" puisque les salariés seraient doublement punis par une journée de salaire retenue et par un jour travaillé gratuitement.

"FAUSSE SOLIDARITÉ"

"Il faut utiliser les jours qui viennent pour obtenir de ne pas travailler dans les entreprises", affirme Maryse Dumas (CGT), qui, elle, n'exclut pas la possibilité de débrayages et de manifestations à la Pentecôte. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, appelle également à débrayer, le 16 mai, "contre le travail obligatoire et les corvées". La centrale de cadres CFE-CGC souhaite, de son côté, faire du lundi de Pentecôte "une journée d'action en faveur des rémunérations". L'UNSA "en appelle au président de la République pour que soit suspendue" la journée de solidarité.

L'hostilité monte également dans l'éducation nationale. "Certains collègues vont vouloir faire grève", affirme Gérard Aschieri, à la FSU, principale fédération enseignante. Selon M. Aschieri, le refus de la "fausse solidarité" est "massif" parmi les enseignants et "le discours culpabilisateur du gouvernement est contre-productif".

Les opposants au lundi de Pentecôte travaillé prennent appui sur l'échec de la journée du lundi de Pâques, qui aurait dû être travaillée dans le Gard et le territoire de Belfort. Les écoles étaient restées ouvertes. Mais les élèves, eux, sont très souvent restés à la maison. Et certaines administrations ont gardé portes closes, ce qui a renforcé le sentiment "d'absurdité et de gaspillage", selon M. Aschieri. La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a appelé les parents à ne pas envoyer les enfants à l'école lundi 16 mai.

Enfin, certains élus de la majorité profitent de l'occasion pour relancer leur fronde. Plus d'une centaine de députés avaient déjà manifesté leur opposition en décembre. C'est le choix du jour férié supprimé qui les mécontente : le lundi de Pentecôte travaillé "aura des répercussions négatives sur le plan économique, touristique, social, familial, culturel, festif et sportif", affirment ces députés. Ils espèrent le choix d'un autre jour travaillé, pris par exemple sur les vacances de la Toussaint. L'éducation nationale ne donnerait alors plus le tempo, et les entreprises pourraient choisir, comme la loi le leur permet, à quel moment elles travailleront sept heures supplémentaires pour financer la création d'une quatrième branche de la Sécurité sociale.

Pour l'heure, le gouvernement garde le cap, même s'il a annoncé qu'il évaluerait l'impact de la journée. "Nous restons sur ce qui a été prévu, et nous expliquerons pourquoi", dit-on à Matignon. Malgré des interrogations sur un éventuel effet contre-productif, une campagne est prévue pour réexpliquer la finalité de la suppression d'un jour férié.
Rémi Barroux et Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 07.04.05
 

 

 

puce_little_metal_01Grève licite le lundi de Pentecôte.

Communiqués de presse CFTC, 5/4/05

Suite au courrier adressé le 23 mars 2005 par la CFTC au 1er Ministre, les salariés qui seront en grève le lundi 16 mai 2005 le seront en toute légalité (sous réserve du respect du préavis pour les services publics).

Est admise comme licite, une grève de protestation contre les décisions de la puissance publique si les revendications formulées sur le plan national ont un caractère professionnel.

Tout salarié peut s’associer à un mouvement de grève, même si aucune revendication particulière à l’entreprise n’a été formulée et même si le salarié est seul à suivre ce mot d’ordre dans l’entreprise. (Cass. Soc. 29 mai 1979 – N° 7840-553).

La CFTC revendique :

  • L’abrogation de la loi dite de « solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées ».
  • Le paiement de tous les jours effectivement travaillés

La CFTC appelle tous les salariés à manifester avec elle le dimanche 1er mai 2005 à Paris.

Pour la CFTC, c’est faire acte de civisme que de défendre la vie de famille, le lien social et le tissu associatif en un mot notre civilisation.

Contact : Joseph THOUVENEL
06.80.06.55.54

 

 

 

puce_little_metal_01Les ministres avocats du 16 mai travaillé

NOUVELOBS.COM | 05.04.05 | 18:33

Les ministres montent au créneau pour défendre le lundi de Pentecôte, 16 mai, travaillé. "Touche pas à mon jour férié, est-ce que c'est vraiment digne?", s'est interrogé mardi 5 avril le ministre de l'Economie Thierry Breton après la fronde des syndicats contre le jour de solidarité.
"Souvenons nous de 2003, de la canicule (dont) un certain nombre de nos aînés ont souffert. A ce moment-là, formidable geste de solidarité de l'ensemble des Françaises et des Français, on décide de faire le sacrifice, le mot est un peu fort, d'un jour férié", a-t-il rappelé sur Europe-1.
Le ministre de l'Economie a souligné qu'à ce moment-là, "tout le monde est d'accord et puis après, quand on arrive au pied du mur, qu'est ce que nous attendons: 'touche pas à mon jour férié. Est-ce que c'est vraiment digne?".

Espérance de vie

A l'adresse des syndicats, Thierry Breton a lancé "pensez aussi à vos aînés!". "Cela rapportera deux milliards pour nos aînés et les handicapés".
"Il faut être conscient que nous sommes aujourd'hui dans une société, et c'est formidable, où la durée de vie est beaucoup plus longue qu'auparavant", a-t-il noté.
"Quand j'ai démarré ma vie active, on rentrait dans la vie active à 18 ans, on en sortait à 65 ans".
"Aujourd'hui on rentre dans la vie active hélas à 24 ans et on en sort à 57 ans, alors que dans le même temps l'espérance de vie est passée de 74 à 84 ans, cherchez l'erreur!", a conclu Thierry Breton.

Budget

Le ministre du Budget Jean-François Copé a décé pour sa part dans une interview à Paris Match que "le lundi de Pentecôte travaillé rapportera 2,1 milliards d'euros" en 2005. 850 millions d'euros seront destinés aux personnes âgées, 400 à la prestation autonomie et 850 aux handicapés, détaille-t-il.
"Pour ceux qui s'inquièteraient, poursuit-il, la garantie figure noir sur blanc dans la loi que la totalité du produit sera affectée à une caisse de solidarité indépendante du budget de l'Etat."
"Le lundi de Pentecôte a été choisi après consultation des recteurs", conclut-il, en réponse aux nombreuses oppositions à la suppression de ce jour férié.

Journée de revendication

L'Unsa a renouvelé lundi son opposition à la suppression du jour férié du lundi de Pentecôte et en a appelé au président Jacques Chirac pour que soit suspendue cette disposition.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, avait proposé dimanche que l'on négocie dans les entreprises le lundi de Pentecôte férié ou que l'on en fasse "une journée de revendication" sur les salaires et le temps de travail.
La FCPE a appelé la semaine dernière à ne pas envoyer les enfants à l'école ce jour là et la FSU a demandé au Premier ministre qu'il revienne sur cette mesure.

 

 

puce_little_metal_01"Est-ce bien digne ?"

TF1.fr - Mis en ligne le 05 avril 2005

Le ministre de l'Economie et des Finances a regretté mardi matin la volonté des syndicats de revenir sur l'abandon d'un jour férié en solidarité avec les "aînés". Plusieurs syndicats ont en effet décidé d'appeler à la grève ce jour-là.
 
"Souvenons-nous de 2003, de la canicule, dans un formidable geste de solidarité on décide de faire le sacrifice d'un jour férié pour nos aînés, pour les handicapés, tout le monde est d'accord". "Et puis après, quand on arrive au pied du mur, qu'est-ce que j'entends ? 'Touche pas à mon jour férié'. Est-ce que c'est vraiment digne ? ", a questionné Thierry Breton mardi sur Europe 1. Un ton moralisateur qui ne devrait pas être du goût des syndicats dont certains ont d'ores et déjà appelé à une journée de grève.

Force Ouvrière, qui a réaffirmé son opposition à la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié, "discute avec les autres organisations syndicales des modalités d'une journée d'action, qui pourrait être le 16 mai ou un autre jour", a déclaré lundi à la presse son secrétaire général, Jean-Claude Mailly. FO rejoint ainsi la CFTC, la première à appeler à la grève le lundi de Pentecôte, et la CGT, où Bernard Thibault veut en faire "une journée de revendication" sur les salaires et le temps de travail dans les entreprises.

2,1 milliards d'euros

Dans un communiqué, l'Union nationale des syndicats autonomes juge que "le financement de la dépendance et la prise en charge de l'autonomie méritent autre chose que cette mesure dogmatique qui pénalise les salariés".

Le ministre du Budget Jean-François Copé a déclaré dans une interview à Paris Match que "le lundi de Pentecôte travaillé rapportera 2,1 milliards d'euros" en 2005. 850 millions d'euros seront destinés aux personnes âgées, 400 à la prestation autonomie et 850 aux handicapés, détaille-t-il. "Pour ceux qui s'inquièteraient, poursuit-il, la garantie figure noir sur blanc dans la loi que la totalité du produit sera affectée à une caisse de solidarité indépendante du budget de l'Etat."

 

 

puce_little_metal_01Le Snes-FSU appelle à soutenir et participer à la journée "lycée mort"

LE MANS, 5 avr 2005 (AFP)

Le Snes-FSU, principal syndicat des collèges-lycées, a appelé mardi lors de son congrès au Mans, "tous les personnels à rejoindre l'action" des lycéens jeudi "partout où les conditions le permettent, y compris en décidant la grève". "Il y a encore un mouvement lycéen significatif, donc nous avons pris la décision d'inciter les enseignants à discuter, à participer à la journée lycée mort", a déclaré à l'AFP en marge du congrès Bernard Boisseau, secrétaire général du Snes. Les "nouveaux modes d'action des lycéens depuis la mi-mars font débat dans les établissements", a-t-il rappelé, en déplorant que "certains chefs d'établissement prennent la décision de fermer les lycées plutôt que de discuter avec les élèves". "Nous ne sommes pas d'accord quand ils nous accusent de propager des contre-vérités mais il y a aussi plein d'exemples où les chefs d'établissement se comportent bien", a-t-il assuré. "Ce qui remonte du terrain, dans la très grande majorité, c'est le constat que ces jeunes font preuve d'une très grande maturité, d'un sens aigu des responsabilités et d'un très grand esprit de dialogue, souvent, il est vrai, accompagné d'une certaine fraîcheur d'esprit en ce qui concerne l'organisation de l'action collective", a estimé le secrétaire général. Après la mobilisation en demi-teinte de samedi - entre 30 et 60.000 manifestants en France -, le Snes-FSU a par ailleurs soutenu qu'un "plan d'action" contre la loi Fillon sur l'Ecole serait mis au point d'ici la fin du congrès vendredi. "La fenêtre de tir est étroite", a reconnu M. Boisseau, entre le retour des vacances scolaires le 9 mai et le mois de juin, où la "mobilisation est impossible à cause des examens". Il a renouvelé l'idée d'une grande mobilisation interprofessionnelle le 16 mai, c'est-à-dire le lundi de Pentecôte, jour férié pour la première fois travaillé cette année

 

 

puce_little_metal_01l’UNSA renouvelle son opposition et en appelle au Président de la République

Communiqué de presse UNSA - 5/4/2005

L’UNSA renouvelle son opposition à la suppression du lundi de Pentecôte. Elle estime que le financement de la dépendance et la prise en charge de l’autonomie méritent autre chose que cette mesure dogmatique qui pénalise les salariés.

A cet égard, l’UNSA continue à considérer que la création de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) ne répond pas à l’exigence de solidarité de ce risque qui devrait être géré comme un 5ème risque de la sécurité sociale, et, à ce titre, être financé par l’ensemble des revenus.

Ce n’est pas en augmentant le temps de travail, surtout en période de faible croissance, que l’on prendra en compte l’exigence de solidarité.
L’UNSA demande donc que le gouvernement revoie sa copie en écoutant les critiques nombreuses sur cette mesure.

L’UNSA en appelle au Président de la République pour que soit suspendue la disposition contenue dans la loi du 30 juin 2004 qui instaure cette journée de solidarité. Elle lui demande d’engager enfin une vraie concertation, pour que soit vraiment mise en place l’indispensable solidarité envers les personnes dépendantes.

 

 

puce_little_metal_01Pentecôte : Chérèque contre la grève

NOUVELOBS.COM | 05.04.05 | 09:08

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a expliqué lundi au cours d'une conférence de presse qu'"on ne pouvait pas faire grève" le lundi de Pentecôte pour protester contre cette journée travaillée, en raison de la jurisprudence de la cour de cassation.
"On a deux ou trois difficultés autour du lundi de Pentecôte", a reconnu François Chérèque, citant en premier lieu le fait qu'"on ne peut pas s'octroyer par la grève ce qu'on réclame par la grève", selon la jurisprudence de la cour de cassation.

"Un cadeau au patronat"

Il a également souligné que "beaucoup de patrons aimeraient bien qu'on fasse grève ce jour-là, parce qu'ils n'ont rien à faire faire à leurs salariés ce jour-là, en particulier dans le secteur non marchand" et que "faire grève une journée pour se faire retirer une journée de salaire, c'est un cadeau au patronat".
"Enfin, quand on a vu comment cela s'est passé dans le Gard (où le lundi de Pâques avait été choisi), la nullité de la journée s'est imposée d'elle-même", a fait remarquer M. Chérèque.
"Donc on a des consignes claires: ne pas négocier la suppression de la journée fériée, bien évidemment, et après on verra au fur et à mesure qu'on s'approchera du 16 mai ce qu'on peut faire en fonction de l'évolution du dossier", a-t-il dit.

Baisse des adhésions

Par ailleurs, François Chérèque, a indiqué lundi que son organisation avait enregistré en 2004 une baisse de cotisants de l'ordre de 5 à 6%, au cours d'une conférence de presse.
Indiquant que les chiffres définitifs seront disponibles à la fin de cette semaine, François Chérèque a cependant annoncé que la CFDT enregistrait, pour 2004, "une baisse de cotisants pour la deuxième année consécutive, autour de 5 à 6%".
"On en est maintenant à 30.000 départs sur le sujet des retraites: aux 22.000 (déjà partis en 2003, ndlr), on ajoute entre 8.000 et 10.000 nouveaux pour une raison simple, c'est que des personnes avaient cotisé jusqu'à la fin de l'année et n'ont pas continué. Il y a un effet report", a expliqué François Chérèque.
A ceux-là s'ajoutent "des effets papy-boom qui commencent à se faire sentir.
Pour l'année 2004, on compte 10.000 départs en retraite qui n'ont pas été remplacés par des adhésions à notre union confédérale des retraités", a-t-il expliqué, reconnaissant par ailleurs "un taux d'adhésion moins élevé que d'habitude".
Mais, a souligné François Chérèque, "on a au moins un quart de nos syndicats qui sont à la hausse sur l'année 2004", citant "les services, la métallurgie, l'agriculture, la construction-bois" ainsi que "la fédération des transports et de l'équipement et la fédération santé-sociaux".

 

 

puce_little_metal_01Suppression d’un jour férié : Les syndicats n’excluent pas la grève

Rédaction Web Force Ouvrière - lundi 4 avril 2005 00:05

Le premier lundi de Pentecôte travaillé risque de rester chômé le 16 mai prochain. La prétendue journée de «solidarité» décidée en 2003 suscite l’opposition des salariés.
 Menace de grève sur le premier lundi de Pentecôte travaillé. Les syndicats n’excluent pas d’appeler les salariés à chômer cette journée de «solidarité» censée financer le plan gouvernemental en faveur des personnes âgées et dépendantes. La suppression d'un jour férié qui, selon le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, devrait rapporter quelque 2 milliards d'euros par an sous forme de cotisations sociales supplémentaires, est la mesure-phare du plan «Vieillissement et solidarité» lancé après la canicule de l'été 2003 et ses 15 000 morts.

À six semaines de l'échéance, les syndicats constatent que les salariés ne se résignent pas à offrir une journée de travail gratuit sous couvert de solidarité alors que l'efficacité de la mesure n’est pas démontrée. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a déclaré ainsi que le lundi de Pentecôte travaillé «ne passait pas» auprès de la base. «On nous parle de solidarité nationale, (mais) ce sont les salariés qui paient, qui vont travailler un jour de plus. C'est une corvée, un côté travail obligatoire», a-t-il expliqué. Sans nier la réalité du «problème de la dépendance», il considère «qu'il fallait le régler différemment». Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a jugé pour sa part vendredi ce dispositif «inaudible» dès lors que M. Raffarin «explique qu'il faut travailler plus pour gagner plus et dans le même temps impose un jour de travail gratuit!». Du côté de la CFDT aussi, on souligne que supprimer un jour férié «ne répond pas au problème posé de solidarité avec les personnes âgées» et l’on réclame la remise à plat d'un dossier «très lié» à la question du temps de travail. La présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), Danièle Karniewicz, (CFE-CGC,) a dénoncé également ce dispositif «mal piloté» et «lancé n'importe comment».

L’expérience du lundi de Pâques travaillé la semaine dernière dans certains départements a ravivé la mobilisation des syndicats qui s’étaient opposés au moment de la prise de décision gouvernementale. La loi de 2004 instituant cette journée «solidarité» qui privilégie le lundi de Pentecôte autorise en effet de choisir un autre jour férié. Dans plusieurs départements comme le Gard, la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, des entreprises et des administrations ont préféré ainsi renoncer au lundi de Pâques. Une mesure isolée qui s'est appliquée la semaine dernière dans la confusion la plus totale. Certaines administrations ont fermé, d'autres ont ouvert tandis que les établissements scolaires ont été désertés par plus des trois quarts des élèves. Il n’en fallait pas plus pour certains syndicats d'enseignants et de parents d’élèves (FCPE) pour inviter le gouvernement à «tirer les leçons de cette pagaille» et appeler au boycott. Selon le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, «le lundi de Pentecôte est venu s'ajouter aux autres sujets de mécontentement et, sur le terrain, on a des remontées nous demandant d'organiser quelque chose ce jour-là».

Les centrales syndicales s’interrogent sur la possibilité d’organiser l'action. FO et la CGT n'excluent pas d'appeler à des arrêts de travail ce jour-là alors que la CFDT affirme y réfléchir. Pour des raisons évidentes, la CFTC l'a déjà fait en lançant l'appel à la grève nationale qui englobe le vendredi Saint, le lundi de Pentecôte et le jeudi de l'Ascension. Cependant, tout semble démontrer que les motifs moraux de l'action seront largement complétés par des raisons parfaitement pragmatiques. La défense des intérêts matériels immédiats exprime en effet l'aspiration à une véritable solidarité.

 

 

puce_little_metal_01Le lundi de Pentecôte coûte 0.3 point d’impôt aux communes de France

Maire-Info - 4/4/05

«L'ouverture des services municipaux le lundi de Pentecôte coûte près de 0,3 point d'impôt aux communes de France », estime Philippe Laurent, président de la commission des Finances de l'AMF

Pour Philippe Laurent, la « journée de solidarité » instituée par le gouvernement va coûter environ 90 millions d'euros aux communes, soit près de 0,3 point d'impôt direct local. Selon lui, « en effet, si une cotisation supplémentaire de 0,3 % sur les salaires peut se justifier pour une entreprise qui produit un bien ou un service et augmente son chiffre d'affaire et ses marges pour une journée de production de plus sans charges salariales supplémentaires, il n'en va évidemment pas de même pour les services publics. »

Il estime que non seulement le service public ne facture rien, mais encore subit les coûts d'ouverture d'une journée supplémentaire sans aucune contrepartie de recette. Il donne un exemple : ouvrir les restaurants scolaires une journée de plus représente un coût réel pour les communes, car les participations familiales ne couvrent pas le prix du repas et de l'encadrement. Et, pour les communes comme pour les entreprises, la cotisation supplémentaire est appliquée. « C'est donc à la fois le renchérissement des charges de personnel et des coûts généraux de fonctionnement qu'entraîne cette mesure. »

« Une fois encore, cette affaire bien compliquée se résume à un transfert de charge de la solidarité nationale de l'Etat et des organismes sociaux vers les communes », résume Philippe Laurent, qui rappelle que, lors de sa présentation devant le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, le texte avait reçu un avis négatif à l'unanimité des élus et des organisations syndicales.

 

 

puce_little_metal_01Rebiffe

Libé - 1/4/05 - Jean-Michel THENARD

L'autorité du raffarinisme n'en finit pas de prendre l'eau. De se déliter sous l'accumulation des mécontentements caractéristiques des fins de règne. Après les lycéens, les fonctionnaires, les urgentistes, c'est la France des jours fériés qui se rebiffe contre le pouvoir central. Qui se rebelle contre la suppression du lundi de Pentecôte. Associations de parents d'élèves, enseignants, syndicats, opposition mais aussi élus de la majorité menacent de passer outre. Des députés UMP, inquiets de la proximité avec le référendum européen du jour de la fête des Mères, usent d'épistoles pour mettre en garde le Premier ministre contre le «mécontentement manifeste des Français». La mobilisation est en pleine ascension pour que rien ne bouge à la Pentecôte. Imagine-t-on à Matignon ce lundi noir où la France resterait à la maison et où seul le gouvernement serait au turbin ? Quel désaveu cauchemardesque ! La droite verra dans la fronde le résumé de ce qu'elle dénonce : des Français qui auraient perdu le goût de l'effort avec les 35 heures, un peuple plus attaché aux avantages acquis qu'aux réformes. Elle n'oubliera pas de citer la montée de l'individualisme qui rendrait les générations de moins en moins solidaires, de plus en plus indifférentes à leurs vieux. L'argument a déjà servi après l'hécatombe de la canicule pour culpabiliser les familles et excuser les ministres restés en vacances sans réagir...

Si elle en restait là, la droite passerait à côté du message essentiel : la mise à l'index par l'opinion d'un exécutif désavoué pour n'avoir pas su mener une réforme à la hauteur de l'enjeu. De l'aveu même du ministre de la Santé, cette journée de solidarité «ne suffira pas» à payer la dépendance. Pourquoi l'imposer si elle ne règle rien ? Les Français n'ont pas envie de casquer pour un placebo. Le problème crucial du financement pérenne de l'allongement de la durée de la vie reste à résoudre. Mais le gouvernement Raffarin, lui, risque de ne pas vivre assez vieux pour le régler.

 

 

puce_little_metal_01L'effort des salariés bénéficiera aux personnes âgées, aux handicapés... et soulagera le déficit public !

Libé - 1/4/05 - Matthieu ECOIFFIER

Le lundi de Pentecôte, on ne travaillera, au mieux, que l'après-midi pour les personnes âgées. Et, de toute façon, cela ne suffira pas à répondre aux besoins d'une population en plein boom dans les cinq ans à venir. Tel est le constat, unanime, des professionnels de la prise en charge des personnes âgées, qui dénoncent les «artifices comptables» de l'Etat. Leur déception est à la hauteur des effets d'annonce du gouvernement et des «9 milliards d'euros sur cinq ans» attendus de cette journée de solidarité pour financer le «plan vieillissement et solidarité». Ce qui n'était qu'un minimum face aux 15 000 personnes âgées mortes durant l'été 2003 faute d'encadrement.

Passe-passe. Le bénéfice réel tiré de l'ex-jour férié fait polémique. «Aucun gouvernement n'a jamais fait autant pour les personnes âgées», rappelle le secrétariat aux Personnes âgées. Il y aurait 420 millions d'euros de plus. Pascal Champvert, président de l'Adhepa, association regroupant 1 700 directeurs de maisons de retraite publiques et privées, compte différemment : «Comme l'effort des années précédentes était de 320 millions d'euros supplémentaires par an, il n'y aura en fait que 100 millions d'euros de plus en 2005 pour les établissements et les services à domicile. Cela veut dire qu'on ne travaillera qu'une demi-heure pour les personnes âgées.»

Par un habile tour de passe-passe, le revenu tiré du lundi de Pentecôte se substitue en partie à l'effort que faisaient les pouvoirs publics auparavant. Par ailleurs, «Chirac a profité de l'effet d'aubaine et financé son plan handicap sur le dos de la canicule», analyse Luc Broussy, délégué général du Synerpa, qui regroupe 1 500 maisons de retraite privées. «On travaillera donc le matin pour les jeunes handicapés. Pourquoi pas ? Mais quand on va devoir revenir vers les Français en leur disant : un jour ne suffit pas pour les personnes âgées, ça va être difficile de leur demander un nouveau sacrifice.»

Cagnotte. Sur les 2 milliards d'euros prélevés grâce au lundi de Pentecôte, 800 millions iront aux personnes handicapées et 1,2 milliard aux personnes âgées, répartis ainsi : 400 millions pour financer l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa), 365 millions pour médicaliser les lits et50 millions pour rénover les établissements. Restent donc 385 millions à dépenser : «Ce reliquat ira dans la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et servira à la dépendance, pas à autre chose», assure-t-on au ministère, sans préciser que cet argent tombe à pic pour alléger le déficit public en 2005. «Catherine Vautrin (secrétaire d'Etat aux personnes âgées) a voulu garder cet argent pour financer en 2006 et en 2007 une montée en charge des embauches d'infirmières et d'aides soignantes. Car on entre de plus en plus âgé ­ 85 ans ­ et dépendant en maison de retraite.» «C'est vrai qu'il n'y a pas assez de personnels de soins prêts à être embauchés cette année», concède Luc Broussy. Tandis que Pascal Champvert dénonce : «On pourrait utiliser cet argent pour recruter tout de suite des psychologues et des animateurs. Dans un secteur en manque de personnel, garder cette cagnotte est scandaleux.»

De toute façon, comme l'a reconnu Philippe Douste-Blazy, un seul jour de solidarité «ne suffira pas» à payer la dépendance, en raison de l'augmentation de l'espérance de vie. Le plan Raffarin prévoit 10 000 nouvelles places en maison de retraite en quatre ans. Catherine Vautrin a certes obtenu d'accélérer le mouvement, avec la création de 5 000 places cette année, et a demandé au Commissariat général au plan une évaluation des besoins. Un prérapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de septembre 2004, que Libération s'est procuré, conclut déjà que «le nombre de places à créer en établissement devrait être compris à l'horizon 2010 entre 75 000 et 130 000 lits». Soit dix fois plus que l'effort consenti et financé par Raffarin.

 

 

puce_little_metal_01“Financer un établissement de plus par département et par an avec la journée de solidarité”

Senior Actu - 1/5/05

Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé vient d’indiquer que la journée de solidarité, fixée au lundi de Pentecôte, permettra de financer « l'équivalent d'une maison de plus par département et par an » pour les personnes âgées dépendantes ou les personnes handicapées indique une dépêche de l'AFP.
 
Alors que cette journée de solidarité est contestée même dans la majorité, que le lundi de Pâques non travaillé n’a pas été un franc succès dans le Gard, le porte-parole de l’Elysée a rappelé cette semaine sur Canal+/i-télé « l'émotion nationale à la suite du drame de la canicule de l'été 2003 ». Et d’ajouter que cet évènement avait permis de s’apercevoir que le pays était l’un des moins bien équipé d’Europe en maisons de retraite médicalisées.

M. Copé a donc appelé « chacun à agir en responsabilité » en indiquant que les sommes récoltées par cette journée de travail iront « exclusivement au financement des personnes âgées dépendantes et aux personnes handicapées ». « Avec cela, on peut financer l’équivalent d’une maison de retraite de plus par département et par an » a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a par ailleurs indiqué cette semaine à Lyon que le gouvernement maintiendrait « le dispositif de la journée nationale de solidarité pour le lundi de Pentecôte », précisant qu' « un certain nombre d'entreprises et d'administrations (avaient) payé leur cotisation ».

Rappelons que cette journée devrait rapporter en 2005, deux milliards d’euros dont 1.2 milliard en faveur des personnes âgées (800 millions en faveur des personnes handicapées). Ces recettes seront intégralement gérées par la Caisse Nationale de Solidarité Autonomie (CNSA), caisse spécifiquement créée à cet effet. « La CNSA est l’assurance que toutes les recettes iront bien en faveur des personnes âgées et handicapées et en aucun cas pour financer d’autres mesures » rappelait un communiqué du secrétariat d’Etat de début février.

Sur les 1.2 milliard d’euros de recettes en faveur des personnes âgées, 815 millions d’euros sont déjà préaffectés comme suit : 400 millions pour le financement de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie ; 365 millions pour la médicalisation des établissements accueillant des personnes âgées et les soins à domicile et 50 millions pour la rénovation et la mise au norme d’établissements.

D’autre part, le Premier ministre a expliqué avoir « mis en place un comité d'évaluation pour qu'après cette année, à la fin du printemps, on puisse évaluer la situation ». Début février, Jean-Pierre Raffarin avait déjà déclaré que « pas un euro » de cette journée ne serait utilisé pour une autre action. Et d’insister à l’époque : « la cour des comptes, et je demanderai à Philippe Séguin d'être particulièrement vigilant sur ce sujet, pourra certifier qu'il n'y a pas un euro qui n'ira pas pour les personnes âgées et handicapées ».

 

 

puce_little_metal_01FSU et FCPE Contre le lundi de Pentecôte travaillé

L’Huma - 1 Avril 05

Voilà enfin un sujet sur lequel le gouvernement fait l’unanimité... mais contre lui. Après le test raté du lundi de Pâques travaillé dans le Gard et à Belfort, les oppositions à la « journée nationale de solidarité pour le lundi de Pentecôte » s’amoncellent. Ainsi mercredi, la FSU, principale fédération de l’enseignement, a appelé le premier ministre à tirer « les leçons de la pagaille du lundi de Pâques » en revenant sur sa décision. Pour son secrétaire général, Gérard Aschieri, « il y a d’autres moyens d’être solidaires que de supprimer un jour férié, d’augmenter autoritairement et unilatéralement notre temps de travail. La meilleure façon d’être solidaires serait de prélever sur les profits, de jouer sur la fiscalité », a-t-il suggéré. Sur la même ligne, la Fédération des parents d’élèves des écoles publiques (FCPE) a appelé de son côté à ne pas envoyer les enfants à l’école le lundi de la Pentecôte. « Cette journée ne concerne pas les élèves qui ne peuvent y contribuer financièrement, car ils ne sont pas salariés », estime la FCPE. (A. F.)

 

puce_little_metal_01Pentecôte : Raffarin veut expliquer, pas reculer

(NDLR CAL : bien que ce soit le 1er Avril, le CAL garantit l’authenticité de ce titre ! Vous avez bien lu, M le Premier Ministre, de la France d’en Haut, veut expliquer “aux Français” que le lundi de Pentecôte travaillé, c’est une idée de génie !...)

Le Figaro, 1er Avril 2005 - Sophie Huet et Guillaume Tabard

SOLIDARITÉ Alors que la contestation monte à l'approche du lundi 16 mai, les entreprises tentent de s'organiser et les familles hésitent à envoyer leurs enfants à l'école
Les ministres sont prévenus : pas question pour eux de se mettre en congé le prochain lundi de Pentecôte. A la date du lundi 16 mai, Jean-Pierre Raffarin a inscrit en gros sur son agenda la réunion hebdomadaire des quinze principaux membres du gouvernement. «Les ministres doivent donner l'exemple», a-t-il confié à l'un d'entre eux.
Le premier ministre savait d'avance que l'entrée en vigueur de la journée de solidarité pour les personnes âgées allait relancer la polémique. Et avait donc plaidé pour que le référendum ait lieu le moins près possible du lundi de Pentecôte, désormais travaillé. En dépit d'un risque de nouveau «mécontentement manifeste des Français», comme l'ont prétendu mercredi deux députés de la majorité, Jean-Pierre Raffarin, qui a accepté en février le principe d'une commission d'évaluation, n'entend pas revenir en arrière. «De toute façon, la loi a été votée ; il s'agit maintenant de l'appliquer», tranche son entourage.
Comme pour le référendum, le premier ministre est persuadé qu'il faut marteler la «pédagogie» sur cette journée. Organe chargé de relayer la communication gouvernementale, le SIG met la dernière main à un argumentaire qui sera diffusé la semaine prochaine. Le gouvernement veut ainsi souligner l'origine de cette idée – le choc émotionnel de la canicule de 2003 – et son principe : financer l'accompagnement des personnes âgées ou handicapées «par le travail plutôt que par l'impôt» (la mesure doit rapporter 2 milliards d'euros). Le tout accompagné d'images simples et fortes comme «la journée de solidarité, c'est l'équivalent de vingt Téléthon», ou encore «C'est une maison de retraite supplémentaire par an et par département».
Jean-Pierre Raffarin espère pouvoir compter sur le relais des députés UMP qui, après débat, ont voté la loi***. Même si, à l'approche du référendum, la suppression du lundi de Pentecôte a recréé du «remue-ménage» dans la majorité, comme le déplore Christian Decoq (Nord). Du nord au sud de la France, bien que «très favorables», disent-ils, à l'instauration de cette journée de solidarité, beaucoup de députés UMP regrettent encore le choix du lundi de Pentecôte. Rapporteur du texte, le député de la Moselle, Denis Jacquat, regrette que l'Education nationale n'ait pas respecté «l'esprit de la loi» en imposant à la quasi-totalité des académies d'ouvrir les classes le lundi de Pentecôte. «Il faut plus de souplesse dans le dispositif mais sans que ce soit l'anarchie», résume Patrick Delnatte (Nord). Son collègue Jacques Houssin, maire de Verlinghem (Nord), juge «dommage» le choix du lundi de Pentecôte par l'Education nationale. Car c'est le jour de la course à pied organisée dans sa commune, joliment appelée «le jogging des fraises», ou encore du tournoi international de football des jeunes, organisé à Saint-André-lès-Lille. Proche du premier ministre, Axel Poniatowski (Val-d'Oise) estime que l'instauration d'une journée de solidarité doit «relever de la négociation» pour le secteur privé, mais qu'il faut une date unique, donc le lundi de Pentecôte, pour les fonctionnaires.
De son côté, Lionnel Luca (Alpes-Maritimes) «ne comprend pas que l'on ergote» sur la date, et se dit «très heureux de travailler» le lundi de Pentecôte «pour l'intérêt général». «Je suis étonné que dans un pays qui se dit laïc, on défende à ce point les fêtes religieuses», ajoute le député des Alpes-Maritimes. Toujours dans les Alpes-Maritimes, Jérôme Rivière suggère, lui, que le gouvernement «donne un sens à cette journée de solidarité, en prévoyant des cours d'éveil aux problèmes du handicap».

*** NDLR : Les députés UMP n’ont voté cette loi que sur l’injonction impérative de JP Raffarin (consigne de groupe). Les opposants à la taxe Raffarin étaient en réalité majoritaires à l’Assemblée